<em>La famille Willoughby</em> met en scène quatre enfants, qui veulent se débarrasser de leurs parents, et un chat bleu qui assure la narration.
<em>La famille Willoughby</em> met en scène quatre enfants, qui veulent se débarrasser de leurs parents, et un chat bleu qui assure la narration.

La famille Willoughby: drôlement irrévérencieux *** 1/2

CRITIQUE / Avouez : on a tous fantasmé, à un moment de notre jeunesse, sur l’idée de se débarrasser de ses parents. Les quatre Willoughby ont toutefois une bonne raison. Père et mère, trop occupés à leurs propres besoins, les délaissent complètement… Le plan ne se déroulera évidemment pas comme prévu ! Avec La famille Willoughby, Kris Pearn propose un long métrage d'animation drôlement irrévérencieux.

«Si vous aimez les histoires de familles soudées qui s’aiment quoiqu’il arrive, celles où tout est bien qui finit bien, ce n’est pas un film pour vous, ok?»

Le ton est donné par le narrateur, un chat voyeur (le corrosif Ricky Gervais dans la version originale, un choix logique). Le félidé s’intéresse à ce qui se déroule dans la vieille demeure des Willoughby, coincée entre les gratte-ciels d’une métropole.

Tim, l’aîné naïf de 14 ans, sa créative sœur de 12 ans Jane et les ingénieux jumeaux Barnaby (oui, ils portent le même prénom) vivent sous le joug de père et mère, des anomalies dans la lignée de cette prestigieuse famille de scientifiques, d’artistes et d’explorateurs.

Les enfants demeurent en confinement, ne connaissent rien du monde moderne (ils n’ont jamais vu un écran de leur vie), mais peuvent entrapercevoir à l’extérieur un arc-en-ciel perpétuel qui inspire Jane (une référence à Somewhere Over the Rainbow chantée par Judy Garland dans Le magicien d’Oz).

D’où l’idée d’offrir aux parents indignes un périlleux voyage autour du monde. Mais une fois ceux-ci partis, la progéniture doit composer avec des visites non prévues : une nounou colorée (bonjour les clins d’œil à Mary Poppins), puis l’équivalent de notre DPJ (la féroce caricature fait rire jaune).

La colorée nounou va changer les plans des jeunes Willoughby.

Le long métrage évoque La famille Addams par son aspect excentrique et l’idée que les Willoughby vivent en autarcie, coupés du reste du monde. Différence majeure : le manque d’amour des parents narcissiques pour leur progéniture — on pense à Hansel et Gretel.

La famille Willoughby est d’ailleurs une adaptation du cout roman éponyme de Lois Lowry, qui se voulait une parodie bienveillante des classiques de la littérature pour enfants.

Le scénario de Kris Pearn (Il pleut des hamburgers 2) et de son acolyte met bien en lumière le désir (légitime) des quatre enfants, imparfaits eux aussi, d’avoir une famille «normale». L’action passe progressivement du huis clos à l’extérieur, puis se transforme en road-movie au volant d’un dirigeable bonbon — le film ne manque pas de fantaisie.

Politiquement incorrect (mais pas trop), le long métrage du studio canadien Bron animation refuse de proposer une vision enjolivée de la réalité. Même avec de la détermination et de l’imagination, le monde peut-être terriblement dur. Ces enfants indépendants et courageux vont l’apprendre à leurs dépends...

Avec toutes les références, La famille Willoughby a parfois des airs de déjà vu et la fin s’avère prévisible.

Le long métrage n’en procure pas moins beaucoup de plaisir. Netflix peut s’en réjouir (le film est disponible à partir du 22 avril).

Au générique
Cote : *** 1/2
Titre : La famille Willoughby
Genre : Animation
Réalisateur : Kris Pearn
Durée : 1h32