Public ou pas, ce sera <em>Nadia, Butterfly</em> de Pascal Plante qui sera présenté en ouverture du FCVQ 2020.
Public ou pas, ce sera <em>Nadia, Butterfly</em> de Pascal Plante qui sera présenté en ouverture du FCVQ 2020.

FCVQ 2020: une formule inédite pour s’immerger dans le festival

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) avait déjà annoncé que son édition 2020 se déroulerait en ligne. On sait maintenant qu’il misera sur une formule inédite : du 16 au 20 septembre, les festivaliers auront accès à une plateforme de quatre «salles» virtuelles, trois payantes et une gratuite, où chaque film et activité seront diffusés à heure fixe et en continu. Outre les dix longs métrages de la compétition, les participants auront droit à trois classes de maître, une nouveauté, et plusieurs contenus exclusifs.

On garde toujours espoir, du côté du FCVQ, de pouvoir offrir certaines œuvres en salle. Public ou pas, ce sera Nadia, Butterfly de Pascal Plante qui sera présenté en ouverture le 16 septembre à 19h. Il s’agit d’une première mondiale pour le film du réalisateur originaire de Québec, retenu pour la sélection officielle de Cannes 2020.

Les trois autres longs métrages québécois en compétition seront diffusés en première mondiale : Je m’appelle humain de Kim O’Bomsawin; Tant que j’ai du respir dans le corps de Steve Patry ainsi qu’Errance sans retour des documentalistes de la Capitale-Nationale Mélanie Carrier et Olivier Higgins.

<em>Errance sans retour </em>des documentalistes de la Capitale-Nationale Mélanie Carrier et Olivier Higgins sera de la compétition.

Laura Rohard poursuit ainsi une volonté affichée du FCVQ de donner à notre cinéma la place qui lui revient. Ce sont autant «de coups de cœur qui méritent d’être là», soutient la nouvelle directrice de la programmation.

Son baptême du feu en fut tout un, car la pandémie «a vraiment compliqué les choses». Notamment parce qu’il a fallu «expliquer et convaincre» que la formule inédite du FCVQ représentait une belle occasion, surtout que certains ont eu les honneurs d’une projection à la Berlinale ou dans d’autres festivals. «Il y avait des distributeurs plus frileux et d’autres plus ouverts. […] Ça n’a pas été très simple, mais on est fiers de ce qu’on a.»

La petite équipe travaillait encore mardi à attacher les dernières ficelles. Juste avant de s’entretenir avec Le Soleil, Laura Rohard venait d’obtenir la confirmation que Police d’Anne Fontaine (Marvin, Gemma Bovery) serait de la programmation — une offre cohérente avec une sélection «plus politique» cette année. Le dixième long métrage de la compétition sera annoncé la semaine prochaine.

En tout, c’est plus d’une centaine de films qui seront offerts dans les salles virtuelles qui ont chacune «leur ADN cinéphilique» avec «quatre représentations par jour à heure fixe». «On va se souhaiter de la pluie», rigole Laura Rohard.

Outre des longs métrages comme Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret, Énorme de Sophie Letourneur ou The Song of Names de François Girard, on note la présence de Found Me, le nouveau court métrage du réalisateur de Québec David Findlay, qui sera aussi présenté à Toronto (TIFF).

De grandes entrevues

Le FCVQ a fourni beaucoup d’efforts pour «accompagner» les représentations «comme dans un festival traditionnel» avec du contenu exclusif et de grandes entrevues — notamment celle, préenregistrée, avec le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho, un coup de circuit qui réjouit au plus haut point la directrice de la programmation. Bacurau, prix du jury ex aequo à Cannes 2019, sera présenté juste avant.

Autres invités de marque : Howard Shore et Jean-Marc Vallée. Le premier, collaborateur régulier de David Cronenberg, Martin Scorsese, Peter Jackson et compagnie, se verra remettre un prix honorifique pour sa prestigieuse carrière après sa classe de maître.

Quant au célèbre cinéaste de C.R.A.Z.Y. et de Dallas Buyers Club, l’entretien s’avérera un prétexte pour un retour sur son parcours qui l’a conduit des plateaux québécois aux productions hollywoodiennes.

La programmation, très solide, regorge d’initiatives inventives, comme des incursions ludiques dans le salon de Rémi-Pierre Paquin, Pierre Lebeau et Marie-Thérèse Fortin, spectateurs du FCVQ 2020, ou alors un «pianorama» d’Alexandre Racine qui accompagnera des films du cinéma muet.

Une tarification unique de 19,95 $ donnera accès à l’ensemble de la programmation en ligne du FCVQ 2020. Les séances ne seront pas offertes à l’unité. Les laissez-passer sont disponibles à compter du 26 août, à 10h.

<em>Tant que j’ai du respir</em> dans le corps de Steve Patry.