Le premier ministre britannique Boris Johnson

Boris Johnson, un fan du «Parrain» qui embarrasse Coppola

LONDRES — Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi ou... Boris Johnson. Le légendaire réalisateur Francis Ford Coppola a confié son embarras à l’idée que certains fans de son film «Le Parrain» puissent y trouver source d’inspiration, étrillant au passage un Brexit qui va selon lui mener le Royaume-Uni «à sa ruine».

Dans un courriel au site Financial News basé à Londres, le cinéaste américain se dit embarrassé que «+Le Parrain+ semble être le film préféré des personnages les plus brutaux de l’histoire récente, dont Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et d’autres».

«Je me sens mal que des scènes d’un film de gangsters puissent servir d’inspiration dans le monde réel ou encouragent quelqu’un qui est sur le point de mener le Royaume-Uni bien-aimé à sa ruine», confie Coppola, même s’il s’avoue «incompétent à donner (son) avis sur des questions politiques».

Interrogé par le tabloïd Daily Mail début juillet, avant qu’il n’accède au poste de premier ministre, sur sa scène préférée au cinéma, Boris Johnson avait cité la scène des représailles sanglantes à la fin du premier épisode du «Parrain» (1972), dans laquelle Al Pacino massacre les chefs des clans rivaux de New York.

Cet aveu est devenu un mème sur les réseaux sociaux lorsque «BoJo», qui tient à ce que le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 octobre coûte que coûte, n’a pas hésité à faire expulser 21 députés conservateurs rebelles qui s’opposaient à sa stratégie.

«J’aime le Royaume-Uni et ses nombreuses contributions aux avancées de l’humanité, de notre magnifique langue à la physique newtonienne ou la pénicilline, et je suis horrifié qu’il puisse ne serait-ce qu’envisager une chose aussi insensée que de quitter l’Union européenne», ajoute M. Coppola, 80 ans, cité par le site d’information financière.

À ses yeux, les conséquences du Brexit pourraient plutôt s’apparenter à Apocalypse Now (1979), son film culte sur la guerre du Vietnam.