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Cinéma

Accusé de viol, Roman Polanski visé par de premières sanctions de ses pairs

PARIS — Ses pairs ont franchi le pas en France : confrontée à la polémique autour de Roman Polanski, qui embarrasse le cinéma hexagonal, une importante organisation de cinéastes a proposé de nouvelles règles pour ses membres condamnés ou poursuivis pour des violences sexuelles, qui conduiront à suspendre le réalisateur.

«Quarante ans se sont passés entre la première affaire qui concerne Roman Polanski et aujourd'hui. Je pense que le monde a beaucoup changé en quarante ans. Les crimes sont les mêmes, mais la façon dont ils sont perçus a énormément changé», a déclaré lundi soir le président de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP), Pierre Jolivet, à l'issue d'une réunion du conseil d'administration de cette association, qui regroupe près de 200 cinéastes.

Cinéma

«Ford contre Ferrari» vrombit en tête du box-office

LOS ANGELES — «Ford contre Ferrari», film américain sur la mythique course d'endurance automobile française des 24 Heures du Mans, a pris la tête du box-office nord-américain ce week-end, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le blockbuster de James Mangold (Logan, 3h10 pour Yuma), avec à l'affiche les deux superstars américaines Matt Damon et Christian Bale, raconte comment le constructeur automobile Ford a tenté de redorer son blason en s'attaquant au mythe Ferrari lors de l'édition 1966 de la célèbre course d'endurance.

Cinéma

Isabelle Huppert estime qu'il faut mieux «protéger économiquement» les actrices

RANGOUN — L'actrice française Isabelle Huppert a estimé samedi, dans un entretien à l'AFP à un festival en Birmanie que l'industrie française du cinéma, une nouvelle fois secouée par des affaires d'abus sexuels, devrait mieux «protéger économiquement» les femmes.

Ces affaires ont poussé le gouvernement français à annoncer plusieurs mesures cette semaine pour lutter contre les violences sexuelles dans le cinéma.

Dans un témoignage bouleversant, l'actrice française Adèle Haenel avait récemment accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'«attouchements» et de «harcèlement» quand elle était adolescente, tandis que Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol de la part de la photographe française Valentine Monnier, qui dit avoir été battue et violée par le cinéaste en 1975 à l'âge de 18 ans. Ce dernier a nié, menaçant de l'attaquer en justice.

Interrogée sur la façon dont l'industrie française du cinéma pourrait mieux protéger les femmes, Mme Huppert a répondu: «Elle peut commencer par les protéger économiquement, déjà. Ça, c'est un bon début, une bonne approche. Mais ce n'est pas que dans le cinéma, c'est dans tous les domaines. Les femmes ont toujours été discriminées».

Quant à boycotter le dernier film de Roman Polanski, J'accuse, elle s'est prononcée par la négative. «Boycotter? Non, je ne pense pas. C'est un problème qui est très très compliqué», a-t-elle dit, ne souhaitant pas s'exprimer plus sur ce sujet.

Isabelle Huppert a ouvert vendredi le festival du film MEMORY! dans le plus vieux cinéma de Rangoun, récemment restauré. L'événement a débuté par la projection de La cérémonie (1995), de Claude Chabrol, dans lequel joue Mme Huppert.

Récompensée en 2017 d'un Golden Globe pour son rôle d'une femme violée dans Elle, de Paul Verhoeven, pour lequel elle a raté de peu l'Oscar, Mme Huppert a joué dans plus de 120 films, dont huit seront visionnés au festival.

«Pratiquement tous mes films parlent de la condition féminine, de ce que ça veut dire d'être une femme qui se bat pour survivre», a-t-elle expliqué.

«J'ai toujours été attirée par des personnages de femmes qui sont au centre [...] des femmes qui se révoltent, qui se libèrent, féministes. Je dirais que j'ai toujours été féministe sans le savoir», a-t-elle ajouté, appelant les femmes birmanes voulant travailler dans le cinéma à se lancer et croire en elles-mêmes, car «il faut déjà franchir tellement d'obstacles dans la vie qu'il ne faut pas s'en créer à soi-même».

Le festival birman MEMORY! en est à sa septième édition et présente cette année 70 films, dont des classiques birmans restaurés.

Cinéma

La relation entre Pacino et De Niro est «magique», admire Scorsese

LOS ANGELES — La relation entre Al Pacino et Robert De Niro est «magique» a estimé l’emblématique réalisateur Martin Scorsese, quelques jours avant la sortie de son prochain film «The Irishman», où il met en scène le duo de comédiens légendaire.

«Ce qu’on voit dans le film c’est leur relation d’acteurs, mais aussi leur relation en tant qu’amis de 40, 45 ans», a déclaré Martin Scorsese, dont le film très attendu sur la mafia sera mis en ligne sur Netflix le 27 novembre.

Dans The Irishman, un ancien tueur de la mafia, campé par Robert De Niro, se penche sur son existence violente et notamment sa relation avec un ancien leader syndicaliste disparu, joué par Al Pacino.

Les deux acteurs ont été à l’affiche, séparément, du film «Le Parrain, 2e partie» en 1974, avant de partager la vedette dans le mythique Heat en 1995.

«The Irishman» est le 9e film de Scorsese avec De Niro. Les deux hommes se connaissent depuis qu’ils ont 16 ans et ils ont longuement hésité avant de se lancer dans un nouveau film de gangsters après Les Affranchis et 

. Avant de finalement trouver l’ingrédient nécessaire.

«Il s’avère que c’était juste... nous. On a 75, 76 ans maintenant. Vous vous retournez et vous repensez à ce que vous avez fait dans votre vie, ou à ce que vous auriez aimé faire».

«C’était le moment, le bon moment pour nous de nous retourner sur toutes nos vies dans les années 60 et 70, et Hollywood et le cinéma. Et donc ce sujet est resté avec nous», a-t-il raconté.

Le film, qui dure trois heures et demie et aurait coûté 160 millions de dollars, est sorti dans quelques cinémas. Il figure parmi les favoris pour les Oscars. Une nouvelle technologie y a été utilisée pour rajeunir les acteurs à l’écran.

Martin Scorsese, 76 ans, huit nominations pour l’Oscar du meilleur réalisateur, était honoré vendredi soir à Los Angeles à l’occasion du festival de l’Institut américain du film (AFI), qui se déroule jusqu’à jeudi prochain.

Cinéma

«Ma religion, c’est l’amour» — Claude Lelouch

À 82 ans, Claude Lelouch se porte, «comparé à la moyenne, plutôt bien». Toujours aussi agréable, charmant et éloquent en entrevue, il parle avec passion des «Plus belles années d’une vie», présenté en séance spéciale au Festival de Cannes, 52 ans après la Palme d’or d’«Un homme et une femme».

Il réunit Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée dans cette deuxième suite du mythique film alors que les deux anciens amants, au crépuscule de leur vie, redécouvrent les sentiers de l’amour. L’infatigable réalisateur aurait voulu en discuter en personne au Québec, mais le lendemain de l’entretien téléphonique avec Le Soleil, il partait en repérage… pour son 50e long métrage!

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Le Clap vise la perfection [VIDÉO]

Après 33 ans passés à la Pyramide, Le Clap vivra une étape importante de son histoire, à compter du 6 décembre, avec l’inauguration d’un nouveau complexe cinématographique à proximité de Place Sainte-Foy et de Place de la Cité. Des travaux de rénovation de 10 millions $, dans l’édifice qui a accueilli jusqu’en 1999 le Cinéma Sainte-Foy de Famous Players, permettront d’offrir 12 salles à la fine pointe de la technologie visuelle et acoustique.

Un an après l’ouverture du Clap de Loretteville, le dg Robin Plamondon a remis son casque de protection, vendredi, pour faire visiter le chantier aux représentants des médias. À travers le va-et-vient des ouvriers, affairés à la réfection du hall d’entrée et de la façade de l’immeuble, le patron du Clap a décliné les nombreuses particularités des lieux de projection. La capacité des salles, réparties sur deux étages, variera entre 30 et 250 places.

Le nouveau Clap offrira pour «la première fois au Canada» des écrans à «super microperforation», une innovation permettant d’augmenter la «surface efficace» de projection et de limiter la perte de lumière à seulement 3,5 %. À la clé, des images plus éclatantes et mieux définies. Chaque salle sera également dotée d’un projecteur laser 4K RGB, qui assure une «lumière parfaite», ainsi que d’un système acoustique Dolby Atmos de dernière génération.

Quelques-uns des 1065 fauteuils du cinéma seront jumelés à la technologie dite haptique, axée sur l’utilisation des ondes sonores qui vise à augmenter l’«immersion du client» lors d’un visionnement. Il s’agit d’une première mondiale.

«On veut créer un environnement propice pour le cinéma. On a tout mis en place pour rendre l’expérience parfaite pour le client», indique Robin Plamondon.

À l’étage, un bistrot de 65 places sera aménagé dans l’ancien local du restaurant L’Académie. Pendant la belle saison, une terrasse sera ouverte au public, avec vue sur l’œuvre murale de Jordi Bonet qui orne la façade depuis les années 70.

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Charlie et ses drôles de dames: voler de ses propres ailes ** 1/2

CRITIQUE / Personne ne rêvait d’un redémarrage de Charlie et ses drôles de dames (Charlie’s Angels), surtout après les deux adaptations quelconques de la série télé au début des années 2000. Elizabeth Banks propose tout de même un film d’action standard avec un point de vue féministe. Fort bien. Malheureusement, il tombe dans les travers habituels de ce genre de produit : un scénario incohérent et des scènes d’affrontement décousues.

Contrairement à l’émission originale, la nouvelle génération d’anges n’est pas un trio, mais un duo de choc aux antipodes. Autant Sabina Wilson (Kristen Stewart) se veut une rebelle extravertie qui aime botter des culs autant Jane Kano (Ella Balinska) incarne l’archétype de la professionnelle disciplinée (une ancienne du MI-6). 

Les deux femmes — indépendantes, intelligentes et athlétiques — vont néanmoins unir leurs forces, malgré leurs différends, pour protéger Elena Houghlin (Naomi Scott). La scientifique tente de dénoncer son patron qui veut commercialiser une source d’énergie durable capable d’être transformée en arme létale. Une invention qui suscite bien des convoitises et met, évidemment, sa vie en danger…

Tout en assurant sa sécurité, les deux anges vont aussi apprendre à la jeune ingénue à sortir de sa coquille et à voler de ses propres ailes !

On vous laisse imaginer le reste sur un canevas à la James Bond avec moult batailles et poursuites, et les rebondissements de circonstance. Dans le genre, Elizabeth Banks assure, même si on peut lui reprocher sa volonté de filmer pratiquement toujours en plans très rapprochés (on étouffe).

Rien de franchement original, surtout que le long métrage compte son lot des dialogues insipides et manque de rythme au début. Malgré quelques bons moments, l’humour s’avère inégal.

Le trio d’anges et leur mentor (jouée par Banks) se révèlent tout à fait à l’aise dans leurs rôles respectifs. Kristen Stewart, aussi sexy que volontaire, affiche son assurance et son charisme habituels.

L’idée de redonner vie à la franchise d’un point de vue d’émancipation féminine est parfaitement louable. Le seul problème, c’est qu’Elizabeth Banks tombe dans les travers inverses : tous les personnages masculins sont stéréotypés. Soit ce sont des brutes épaisses qui ne disent mot (comme l’énigmatique personnage de l’assassin), soit des sans-cœur cupides assoiffés de pouvoir. Il y en a beaucoup comme ça dans la vraie vie, mais il ne faut pas généraliser pour autant…

Autre source d’agacement : le long métrage est utilisé beaucoup trop souvent comme véhicule de placement pour des marques de luxe. 

Par contre, côté tournée des grands-ducs, le spectateur sera servi : au moins une demi-douzaine de grandes villes jouent le rôle de toile de fond à l’action.

Charlie… est plein de bonnes intentions, mais il ne réussit pas à les concrétiser de façon pertinente et originale.

Aussitôt vu, aussitôt oublié.

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Le film de la semaine: Ford contre Ferrari ***

CRITIQUE / La rivalité de Ford et de Ferrari durant les 24 heures du Mans, dans les années 60, est emblématique d’une époque où les pilotes exceptionnels prédominaient dans la victoire. Ce qu’illustre avec un certain panache le drame biographique de James Mangold, trop conventionnel, toutefois, pour rivaliser avec sa réalité historique.

En 1959, Carroll Shelby devient le premier conducteur américain à triompher aux 24 heures du Mans (au volant d’une écurie britannique). Ce sera la seule victoire étrangère durant l’hégémonie de Ferrari, de 1958 à 1964.

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Larrue-St-Jacques: faire le poids

Pour son premier rôle au grand écran, Philippe-Audrey-Larrue-St-Jacques (appelons-le PALS pour faire moins compliqué) n’a pas hésité à prendre du poids pour incarner un hockeyeur «sur une dérape». Une vingtaine de kilos au total. Il s’est en plus laisser pousser la barbe et la crinière. Une transformation physique qui l’a aidé à s’approcher au plus près de l’état d’esprit de son personnage.

Contrairement à ce qu’on peut croire, l’humoriste de l’émission Like-moi n’a pas trouvé facile de faire grimper la balance jusqu’à 240 livres. «À ma grande surprise, engraisser n’a pas été une partie de plaisir. Je pensais que j’allais me camper devant Netflix et manger des Doritos. Mais vu que j’incarne un joueur de hockey qui a été très sportif, je voulais prendre du coffre et de la masse, alors ç’a été un gros travail de gym.»

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Les Barbares de La Malbaie: au hockey comme dans la vie [VIDÉO]

Le réalisateur Vincent Biron n’a jamais été un amateur de hockey. Avant le début du tournage, à peine savait-il combien de joueurs comptent une équipe, c’est dire comment il partait de loin. Sa méconnaissance de notre sport national ne l’a toutefois pas empêché de sauter à pieds joints dans l’aventure des Barbares de La Malbaie, passionné par un scénario où la «game» n’est finalement qu’un prétexte pour explorer la face cachée de la condition masculine.

Appelé à prendre la relève d’un collègue parti travailler sur un autre projet, l’auteur de Prank (2016) est littéralement «tombé en amour» avec le scénario d’Éric K. Boulianne, Marc-Antoine Rioux et Alexandre Auger, beaucoup plus mordus de hockey que lui. «C’est une histoire qui dépasse le cadre du sport, qui s’intéresse à la mythologie du hockey. Autant le vrai fan que celui qui n’y connaît rien peuvent y trouver leur compte. Je suis content de pouvoir rejoindre les deux camps.»

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Décès du producteur de la Liste de Schindler

ZAGREB — Le producteur de cinéma croate Branko Lustig, un survivant de l’Holocauste, qui a reçu des Oscars pour «La liste de Schindler» et Gladiateur, est décédé jeudi à Zagreb à l’âge de 87 ans, a rapporté l’agence officielle Hina.

Né à Osijek en Croatie en juin 1932 de parents juifs croates, il a été déporté enfant dans les camps de concentration nazis d’Auschwitz et de Bergen-Belsen durant la Seconde Guerre mondiale. La plupart des membres de sa famille ont trouvé la mort dans des camps à travers l’Europe.

«Mon matricule est A3317. Entre Auschwitz et ici, le chemin a été long», a-t-il déclaré, selon la presse croate, lorsqu’il a reçu en 1993 un Oscar pour la production de la Liste de Schindler de Steven Spielberg. «Ceux qui étaient en train de mourir m’ont laissé un héritage, raconter, si je survivais, ce qu’il s’était passé.»

Branko Lustig a fait ses études d’acteur à Zagreb dans les années 1950 avant de commencer à travailler dans le cinéma, au bas de l’échelle.

Il a réalisé et produit plus d’une centaine de films croates et étrangers, dont des coproductions comme Le Tambour en 1979 et Le Choix de Sophie en 1982, deux films également oscarisés.

Il s’est installé aux États-Unis dans les années 1980. En 2000, il reçoit un Oscar, aux côtés des producteurs David Franzoni et Douglas Wick, pour Gladiateur de Ridley Scott. Il était revenu en Croatie il y a une dizaine d’années où il présidait le Festival annuel du film juif de Zagreb.

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La reine des neiges 2 répondra aux interrogations des fans

LOS ANGELES — «La reine des neiges» avait fait voler en éclats les records du box-office et fondre le cœur des plus jeunes, marquant à jamais plusieurs générations avec la chanson Libérée, délivrée. Après six ans d’attente, Disney va enfin présenter la suite d’un de ses plus grands succès d’animation.

La reine Elsa, la princesse Anna et le bonhomme de neige Olaf reviennent pour ce film sobrement intitulé La reine des neiges 2.

Inspiré par un conte de Hans Christian Andersen, le premier épisode suivait le parcours d’Anna pour retrouver sa sœur Elsa, aux prises avec des pouvoirs glaciaires incontrôlés.

La suite (en salle le 22 novembre) s’attache à l’histoire de la famille royale d’Arendelle et promet de répondre aux interrogations des fans, notamment sur l’origine des étonnants pouvoirs d’Elsa.

«Mais ce n’est qu’une question parmi bien d’autres», a insisté la réalisatrice Jennifer Lee, encore aux commandes pour l’épisode 2, lors du rassemblement organisé par Disney pour ses admirateurs en Californie. «Pourquoi Anna est née ainsi? Où se rendaient vraiment les parents des deux sœurs lorsque le bateau a coulé? Y a-t-il réellement une fin heureuse?»

Dans La reine des neiges 2, une mystérieuse voix revient hanter une Elsa devenue adulte. Elle l’exhorte à quitter le château où elle coule des jours heureux pour se lancer dans une nouvelle quête qui l’emmènera jusqu’à une lointaine forêt enchantée.

Un écho mondial

En 2013, La Reine des Neiges avait créé la surprise en devenant le film d’animation le plus lucratif de l’histoire, récoltant près de 1,3 milliard de dollars dans le monde. Son record a tenu six ans, jusqu’à ce que le remake du Roi Lion ne vienne lui ravir la couronne.

«C’était devenu un véritable phénomène, la musique, les personnages, l’histoire avait vraiment trouvé un écho», se souvient Paul Dergarabedian, spécialiste de l’analyse des médias.

Le succès est d’autant plus remarquable que La reine des neiges est une création, contrairement à de nombreuses productions de Disney qui se sont contentées de prolonger ou revisiter des classiques éprouvés, comme Le Roi Lion ou Aladdin récemment.

«C’est super d’avoir vos archives, de relancer les histoires favorites de Disney [...] Mais c’est une autre paire de manches que de créer quelque chose à partir de rien et d’obtenir un film qui est devenu l’une des plus grandes franchises de Disney», poursuit Paul Dergarabedian.

Le succès fut tel que Jennifer Lee a été nommée directrice artistique des studios d’animation Disney après le départ en 2018 de John Lasseter, sur fond d’accusations de harcèlement sexuel.

Que les parents se préparent: La reine des neiges 2 nous promet aussi de nouveaux succès de l’acabit de Libérée, délivrée, comme Dans un autre monde (Into the Unknown en VO) dont un extrait a déjà été dévoilé.

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Netflix annonce un nouveau «Flic de Beverly Hills»

NEW YORK — Netflix va produire un quatrième volet du «Flic de Beverly Hills», le premier depuis 25 ans, avec le comédien américain Eddie Murphy de retour dans le rôle-titre.

Un porte-parole de Paramount a indiqué à l’AFP que le studio avait bien cédé les droits de production à la plateforme de vidéo en ligne, confirmant une information du site spécialisé The Hollywood Reporter

Selon le site, c’est bien Eddie Murphy, déjà à l’affiche des trois premiers volets, qui reprendra le rôle du facétieux détective Axel Foley. Paramount avait un temps projeté de produire lui-même Beverly Hills Cop 4, avant de renoncer, en 2016. 

Les trois premiers épisodes du Flic de Beverly Hills, sortis en 1984, 1987 et 1994, ont rapporté 735 millions de dollars au box-office mondial et propulsé Eddie Murphy, déjà connu pour ses rôles dans Un Fauteuil pour deux et 48 Heures, au rang de superstar. 

Selon The Hollywood Reporter, Jerry Bruckheimer, qui avait piloté les deux premiers films de la série, sera associé à la production du film. 

Netflix maintient ainsi des voies d’accès aux studios hollywoodiens alors que Disney, qui vient de lancer sa propre plateforme de films en ligne, joue l’exclusivité des productions de son studio et de la Fox, qu’il contrôle également.

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Polanski accusé de viol: sortie mouvementée pour «J’accuse»

PARIS — «J’accuse», la reconstitution de l’affaire Dreyfus par Roman Polanski, est sorti mercredi dans 520 salles en France sur fond de polémique, le réalisateur étant visé par une nouvelle accusation de viol qui embarrasse le cinéma français.

Après l’annulation d’une avant-première à Paris mardi en raison d’un blocage de dizaines de féministes, le mot-clic #BoycottPolanski est apparu sur les réseaux sociaux, tandis que certains y détournaient les affiches du film, transformant le «J’accuse» en «J’abuse» ou «J’acquitte».

«Je n’irai pas voir le film de Polanski, je ne veux pas faire la démarche d’aller acheter une place de cinéma dans le contexte qu’on connaît», a affirmé mercredi la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa sur la radio RTL, refusant pour autant d’être «dans l’appel au boycottage».

Ce long-métrage a connu un bon démarrage dans la capitale, selon les chiffres du Film français, en dépit de la promotion perturbée ces derniers jours, avec par exemple l’annulation d’entrevues par les acteurs Jean Dujardin et Emmanuelle Seigner, la femme de Roman Polanski.

La presse s’interrogeait mercredi sur la façon de parler du film, quelques jours après les accusations de la photographe Valentine Monnier, qui dit avoir été «rouée de coups» et violée par le réalisateur franco-polonais en 1975 à l’âge de 18 ans, en Suisse. Une accusation rejetée «avec la plus grande fermeté» par l’avocat du cinéaste.

Critique embarrassée

«À la lumière de cette actualité, comment évoquer J’accuse d’un seul point de vue esthétique?» écrit ainsi Télérama, pour qui le film se nimbe d’«une lumière différente». Le journal satirique Charlie Hebdo a fait sa couverture sur la polémique, semblant défendre Polanski, particulièrement ciblé sur la toile.

«Les cinémas ont le droit de projeter ce film et les gens ont le droit fondamental d’aller le voir. Mais on ne peut pas faire comme si valoriser le film ne participait pas au verrouillage du secret», a déclaré à l’AFP la féministe Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

À l’inverse, la réalisatrice Nadine Trintignant a pris la défense de Roman Polanski : «Je trouve très grave de l’embêter en ce moment, où il y a une remontée de l’antisémitisme en Europe», a-t-elle dit sur la chaîne de télévision BFMTV, affirmant qu’elle «aurait plutôt tendance à le croire lui qu’une femme qui a mis 44 ans à réfléchir pour le dénoncer».

Ces déclarations ont indigné de nombreux internautes, y voyant une défense à géométrie variable, Nadine Trintignant s’étant prononcée pour l’arrêt des activités artistiques du chanteur Bertrand Cantat, condamné pour la mort en 2003 de sa compagne, l’actrice Marie Trintignant.

À l’avant-première de J’accuse mardi aux Champs-Élysées, à Paris, en présence de l’équipe du film dont Roman Polanski, beaucoup d’invités ont dit «dissocier l’homme du réalisateur».

L’homme et l’œuvre, le débat

La nouvelle affaire Polanski, sous le coup de poursuites de la justice américaine depuis 1977 pour relations sexuelles illégales avec une mineure, arrive à un moment où le mouvement #MoiAussi prend de la vigueur en France après les déclarations d’Adèle Haenel qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d’«attouchements» et de «harcèlement» quand elle était adolescente.

Thriller sur fond d’espionnage, J’accuse, raconte l’Affaire Dreyfus, un scandale majeur de la IIIe République qui a duré douze ans (1894-1906), du point de vue du lieutenant-colonel Georges Picquart, le chef des services de renseignement.

Jean Dujardin y campe le rôle du lieutenant-colonel, Emmanuelle Seigner sa maîtresse et Louis Garrel le capitaine Dreyfus.

La polémique avait rattrapé Roman Polanski à Venise quand des féministes avaient regretté la sélection en compétition à la Mostra du réalisateur multirécompensé, qui a déjà été visé ces dernières années par trois autres accusations de viols, qu’il a réfutées.

J’accuse a été récompensé du Grand Prix du jury à la Mostra, mais il a aussi suscité des réserves, notamment parce que Roman Polanski avait dit à plusieurs reprises qu’il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s’estimant «persécuté».

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James Dean ressuscité pour un nouveau film

NEW YORK — Plus de 60 ans après sa mort, James Dean va réapparaître dans un film grâce à des effets spéciaux qui recréeront l’image du comédien américain, a confirmé mercredi la société de production Magic City Films.

Dans ce long métrage bientôt en tournage intitulé Finding Jack (Trouver Jack), la version recréée de James Dean, mort en 1955, jouera le personnage de Rogan, un second rôle, a précisé le site The Hollywood Reporter, à l’origine de l’information.

Magic City Films collabore pour ce projet avec deux sociétés spécialisées dans les effets spéciaux, la canadienne Imagine Engine et la sud-africaine MOI Worldwide.

Selon le Hollywood Reporter, le film va utiliser la technologie dite full body, qui permet de recréer entièrement l’image d’une personne sur la base de photos et vidéos d’archives, sans la superposer à celle d’un autre individu.

Outre l’aspect technologique, Magic City Films a pu lancer le projet car elle contrôle les droits d’utilisation de l’image de James Dean, acquis auprès de la famille de l’acteur.

«Comme son quatrième film»

«La famille voit cela comme son quatrième film, celui qu’il n’a jamais pu faire», a déclaré à l’AFP Anton Ernst, cofondateur de Magic City Films et co-réalisateur du film avec Tati Golykh. «Nous n’avons pas l’intention de décevoir ses fans.»

James Dean est décédé le 30 septembre 1955 dans un accident de la route, à 24 ans. La Porsche qu’il conduisait a heurté un véhicule sur une route de Californie, près de Cholame.

Pendant sa brève carrière d’acteur, il a tourné dans plusieurs programmes télévisés, mais seulement dans trois films, À l’est d’Eden (1955), La fureur de vivre (1955) et Géant (sorti en 1956).

À l’est d’Eden et Géant lui ont valu une nomination aux Oscars. Il est souvent considéré comme l’un des acteurs les plus doués de sa génération.

L’inclusion d’un acteur décédé de longue date dans une nouvelle production marque une nouvelle étape de l’utilisation de la technologie au cinéma.

Cinéma

Ford contre Ferrari: comme à l'ancienne

TORONTO — Avec Ford contre Ferrari, film d’action à gros budget sur la mythique course d’endurance automobile française, le réalisateur américain James Mangold est fier d’avoir fait une superproduction «à l’ancienne», sans super-héros ni profusion d’effets spéciaux.

Avengers : phase finale, Le Roi Lion, Histoire de jouets 4, Capitaine Marvel... La liste des plus gros succès commerciaux de l’année 2019 regorge jusqu’ici de dessins animés, d’adaptations, de suites et de héros en costumes moulants.

De quoi faire regretter à James Mangold le bon vieux des temps des superproductions hollywoodiennes «qui n’étaient pas entièrement tournées dans des studios, devant des fonds verts».

«Quand Hollywood faisait de gros films, mais pas forcément pour des enfants de 12 ans», a insisté le réalisateur américain lors du Festival du film de Toronto.

Son Ford contre Ferrari, dont le budget avoisine les 100 M$ américains, raconte comment Henry Ford II a tenté de redorer le blason du constructeur américain en s’attaquant au mythe Ferrari lors de l’édition 1966 de la célèbre course automobile des 24 Heures du Mans.

James Mangold a voulu éviter les effets spéciaux pour les principales scènes de course afin de ne pas donner l’impression à ses acteurs de «jouer dans un caisson».

«Vous pouvez dire que c’est passé de mode ou un retour en arrière, ça me va», a-t-il assumé.

Ses deux interprètes principaux, Christian Bale et Matt Damon, ont tout de même été secondés par des pilotes professionnels au volant des bolides d’époque construits pour l’occasion.

Après avoir pris une vingtaine de kilos pour camper le rôle de l’ancien vice-président américain Dick Cheney dans Vice, Christian Bale a été mis au régime sec pour pouvoir rentrer dans le baquet de sa Ford, un de ses spectaculaires changements de poids dont il a le secret.

«Ces voitures ne sont pas du tout faites pour des hommes corpulents», a plaisanté l’acteur gallois, qui interprète Ken Miles, un pilote à la fois «excentrique, passionné et un peu fou» face à un «danger omniprésent».

«Je vous garantis qu’aucun de ces hommes n’aurait pris le départ de ces courses sans cette part de danger», a-t-il avancé.

Ford contre Ferrari prend l’affiche le 15 novembre.

Cinéma

Offensive réussie pour «Midway» au box-office nord-américain

LOS ANGELES — Le film de guerre «Midway» a réussi son offensive sur box-office nord-américain, devançant trois autres nouveautés, selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Dix-huit ans après Pearl Harbor (2001), Midway revient, à coups de spectaculaires scènes de combats aériens, sur un autre épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale et de la campagne du Pacifique.

Réalisé par l’Allemand Roland Emmerich, habitué des superproductions (Jour d'indépendance, Godzilla, Le Patriote), le film a engrangé 17,5 millions de dollars de recettes de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada.

Trente-neuf ans après le mythique Shining (1980) de Stanley Kubrick, sa suite, Docteur Sleep, elle aussi inspirée d’un roman de Stephen King, s’est hissée à la deuxième place avec 14,1 millions de dollars sur la même période.

Pas de Jack Nicholson cette fois dans ce nouveau concentré d’horreur et de suspense, mais Ewan McGregor dans le rôle du fils encore hanté par la folie meurtrière de son père à l’Overlook Hotel.

La comédie familiale Jouer avec le feu, dans laquelle des pompiers sont contraints de jouer les baby-sitters, complète le podium avec 12,8 millions de dollars.

Elle devance une autre comédie, plus romantique, Noël dernier, qui a amassé pour sa sortie, à l’approche des fêtes de fin d’année, 11,6 millions de dollars en trois jours.

Ces quatre nouveautés font directement chuter Terminator: sombre destin de la première à la cinquième place du box-office. Le troisième opus de la saga, toujours avec Arnold Schwarzenegger en assassin cybernétique, s’est contenté de 10,8 millions de dollars de recettes.

Voici le reste du Top 10:

6- Joker: 9,2 millions de dollars ce weekend (313,5 millions au total en six semaines);

7- Maléfique: maîtresse du mal: 8 millions (97,3 millions en quatre semaines);

8- Harriet: 7,2 millions (23,5 millions en 2 semaines);

9- Zombieland — le doublé: 4,3 millions (66,7 millions en quatre semaines);

10- La Famille Addams: 4 millions (91,3 millions en cinq semaines).

Cinéma

La liste des œuvres pour le 30e de la chute du mur de Berlin

Les ailes du désir (1987), Wim Wenders

Le mur joue un rôle important dans ce chef-d’œuvre du réalisateur allemand sur la condition humaine. Il sert de métaphore puissante dans ce Berlin divisé où un ange est prêt à renoncer au Ciel pour l’amour d’une femme. Les premier pas de l’ange déchu en tant qu’humain se font le long du mur graffité. Bien que ce n’était pas l’intention de Wenders, son film revêt aussi des allures de documentaire puisque la structure a disparu… Éric Moreault

Cinéma

La carrière «audacieuse» de Charlize Theron honorée par Hollywood

LOS ANGELES — L’actrice sud-africaine Charlize Theron a reçu vendredi en Californie le prix de la Cinémathèque américaine, l’une des plus prestigieuses récompenses hollywoodiennes.

Cette distinction vient couronner une carrière « audacieuse » au cours de laquelle elle n’a pas hésité à prendre le contrepied de son physique avantageux pour jouer des rôles complexes et sombres.

Ce fut notamment le cas pour son interprétation, dans Monster, d’une prostituée tueuse en série, qui lui a valu de décrocher en 2004 l’Oscar de la meilleure actrice.  

«C’est l’actrice la plus audacieuse avec laquelle j’ai jamais travaillé, et probablement la personne la plus audacieuse que j’ai jamais rencontrée », a déclaré vendredi soir, lors de la cérémonie à Beverly Hills, le réalisateur Jason Reitman, qui a eu la Sud-Africaine sous ses ordres sur les tournages de Young Adult et Tully.   

«Je suis bouleversée, j’ai besoin d’un cocktail !», a commenté à l’AFP Charlize Theron au milieu d’un parterre de stars, parmi lesquelles Kristen Stewart, Seth Rogen et David Oyelowo.

«J’ai partagé beaucoup de choses avec ces gens qui sont là ce soir », a-t-elle ajouté.  

L’actrice de 44 ans sera prochainement, aux côtés de Nicole Kidman et Margot Robbie, à l’affiche de Bombshell, film retraçant la chute du cofondateur de la chaîne Fox News Roger Ailes, accusé de harcèlement sexuel.      

«Le script, lorsque je l’ai lu, m’a semblé ancré dans l’actualité », a-t-elle confié alors que le mouvement #metoo né des accusations à l’encontre du producteur tout-puissant Harvey Weinstein a chamboulé l’industrie du cinéma.  

Charlize Theron avait 15 ans lorsque sa mère a tué son père, qui s’en prenait violemment à elles.

Née dans la petite ville sud-africaine de Benoni, elle parlait à peine anglais – sa langue natale est l’afrikaan – lorsqu’elle est arrivée à Los Angeles dans les années 1990.   

Elle rejoint au palmarès du prix de la Cinémathèque américaine des acteurs prestigieux comme Al Pacino, Julia Roberts ou Bradley Cooper, honoré l’an dernier.

Cinéma

Polanski dans la tourmente après une nouvelle accusation de viol

PARIS — La nouvelle accusation de viol contre Roman Polanski, la première portée par une Française, a relancé la polémique autour du réalisateur, toujours poursuivi par la justice américaine, mais qui bénéficie depuis plus de 40 ans de soutiens dans le monde du cinéma en France.

Adèle Haenel, l’une des actrices les plus prisées en France, qui a elle-même accusé ces derniers jours un réalisateur d’»attouchements» et de «harcèlement sexuel» quand elle était adolescente, a appelé à «soutenir» Valentine Monnier, la nouvelle accusatrice de Polanski.

L’actrice avait déjà jugé lundi, dans un entretien au média en ligne Mediapart, que la situation de Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée en 1977, constituait «malheureusement un cas emblématique».

Quelques jours après son témoignage, qui a ébranlé le cinéma français, Le Parisien a publié vendredi celui de Valentine Monnier, photographe et ancienne mannequin, qui accuse Roman Polanski de l’avoir violée en 1975 en Suisse alors qu’elle avait dix-huit ans.

L’avocat de Roman Polanski a «contesté fermement toute accusation de viol».

Cette Française, dont les accusations s’ajoutent à celles d’autres femmes ces dernières années, n’a pas déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France, mercredi prochain, du nouveau film de Polanski «J’accuse», Grand prix du jury à la Mostra de Venise, qui porte sur une célèbre erreur judiciaire, l’affaire Dreyfus.

«Célébrer des prédateurs» 

«Valentine Monnier. Je te crois et je te soutiens», a tweeté la comédienne belgo-néerlandaise Sand Van Roy, qui a elle-même porté plainte contre le cinéaste Luc Besson pour viol et a relayé aussi un message de soutien de Karine Isambert, qui avait témoigné l’an dernier auprès de Mediapart contre Luc Besson pour des comportements déplacés.

«Roman Polanski accusé (...) Pourtant les gens continuent à célébrer des prédateurs», a réagi de son côté Rosanna Arquette, accusatrice de la première heure d’Harvey Weinstein.

Plusieurs militantes féministes ont aussi affirmé leur soutien à Valentine Monnier, comme Anaïs Leleux du collectif  #NousToutes. «Pensée à Valentine Monnier et à toutes celles qui ont également été victimes d’hommes puissants», a-t-elle tweeté, estimant aussi sur la chaîne BFMTV que «le fait qu’il continue de recevoir des prix pose à chaque fois question aux militantes, mais aussi aux femmes victimes».

«L’impunité de Polanski est grande, et nous ne nous tairons pas!», a affirmé l’association Osez le féminisme!.

Des courriers transmis 

En 2017, des féministes avaient manifesté en France contre une rétrospective consacrée à Roman Polanski à la Cinémathèque de Paris, tandis que la même année, il avait dû renoncer à présider les César sous leur pression. Mais il avait été soutenu par ces institutions alors que, aux États-Unis, l’Académie des Oscars a décidé de l’exclure.

Ces réactions interviennent alors que le milieu du cinéma français, resté jusqu’ici assez silencieux sur ce nouveau témoignage, est régulièrement soupçonné de protéger Roman Polanski, qui avait fui les États-Unis pour venir s’installer en France en 1978.

La star du cinéma français Catherine Deneuve, qui avait tourné avec lui dans «Répulsion», a plusieurs fois soutenu le réalisateur, comme elle l’a fait à nouveau lors de la Mostra, où la sélection de «J’accuse» en compétition avait indigné les féministes.

Valentine Monnier dit avoir raconté son histoire depuis 2017 dans des lettres à la police de Los Angeles, à la femme du président français Brigitte Macron, au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes femmes Marlène Schiappa. Le cabinet de Brigitte Macron a confirmé samedi avoir bien reçu deux lettres de la photographe, transmises au gouvernement.

Dans une lettre datée de mars 2018, Marlène Schiappa salue quant à elle le courage de Mme Monnier, tout en rappelant que «les faits sont prescrits pour la justice française».

Cinéma

Woody Allen retire sa plainte contre Amazon après avoir trouvé un accord

NEW YORK — Le réalisateur américain Woody Allen a abandonné ses poursuites contre Amazon, qu’il attaquait pour rupture abusive de contrat, après avoir trouvé un accord avec le géant d’internet, selon des documents judiciaires déposés vendredi soir auprès d’un tribunal de New York.

Woody Allen avait porté plainte en février contre Amazon, à qui il réclamait 68 millions de dollars pour avoir mis fin à leur engagement sur la base d’accusations anciennes le visant.

Les contours de l’accord trouvé entre les deux parties n’ont pas été dévoilés, mais des sources proches du dossier ont indiqué au site spécialisé Deadline qu’il n’y avait «aucun gagnant au final».

Woody Allen a été accusé d’abus sexuels en 1992 sur sa fille adoptive Dylan Farrow, qui avait alors sept ans. Les poursuites à son encontre ont été abandonnées après deux enquêtes distinctes menées à l’époque, sur plusieurs mois.

Mais Dylan Farrow, soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan Farrow, a régulièrement renouvelé publiquement ces accusations, notamment avec l’émergence du mouvement #metoo.

Elles ont poussé Amazon à annuler la sortie aux États-Unis de « Un jour de pluie à New York », le dernier film du réalisateur, avec lequel de nombreuses personnalités américaines ont depuis pris leurs distances.

Woody Allen accusait notamment Amazon, dans sa plainte, d’avoir refusé de lui verser les 9 millions de dollars prévus pour le financement d’« Un jour de pluie à New York», projeté en ouverture du festival du cinéma américain de Deauville (France) en septembre.

«Je pense que les gens qui m’attaquent font une erreur », avait alors déclaré dans entretien à la radio publique française France Inter le cinéaste de 83 ans, qui a toujours nié les accusations d’abus sexuels à son encontre.

Cinéma

Disney délivre enfin la suite de «La reine des neiges»

LOS ANGELES — «La reine des neiges» avait fait voler en éclats les records du box-office et fondre le coeur des plus jeunes, marquant à jamais plusieurs générations avec la chanson «Libérée, délivrée». Après six ans d’attente, Disney va enfin présenter la suite d’un de ses plus grands succès d’animation.

La reine Elsa, la princesse Anna et le bonhomme de neige Olaf reviennent pour ce film sobrement intitulé La reine des neiges 2, dont l’avant-première mondiale était organisée à Los Angeles jeudi soir.

Inspiré par un conte éponyme de Hans Christian Andersen, le premier épisode suivait le parcours d’Anna pour retrouver sa soeur Elsa, aux prises avec des pouvoirs glaciaires incontrôlés.

La suite (en salles le 22 novembre au Québec) s’attache à l’histoire de la famille royale d’Arendelle et promet de répondre aux interrogations des fans, notamment sur l’origine des étonnants pouvoirs d’Elsa.

«Mais ce n’est qu’une question parmi bien d’autres», a insisté la réalisatrice Jennifer Lee, encore aux commandes pour l’épisode 2, lors du rassemblement D23 organisé par Disney pour ses fans en Californie. «Pourquoi Anna est née ainsi? Où se rendaient vraiment les parents des deux soeurs lorsque le bateau a coulé? Y a-t-il réellement une fin heureuse?»

«Un véritable phénomène»

Dans La reine des neiges 2, une mystérieuse voix revient hanter une Elsa devenue adulte. Elle l’exhorte à quitter le château où elle coule des jours heureux pour se lancer dans une nouvelle quête qui l’emmènera jusqu’à une lointaine forêt enchantée.

En 2013, La reine des neiges avait créé la surprise en devenant le film d’animation le plus lucratif de l’histoire, récoltant près de 1,3 milliard $ dans le monde. Son record a tenu six ans, jusqu’à ce que le remake du Roi Lion ne vienne lui ravir la couronne.

«C’était devenu un véritable phénomène, la musique, les personnages, l’histoire avait vraiment trouvé un écho», se souvient Paul Dergarabedian, spécialiste de l’analyse des médias pour la société Comscore.

Le succès est d’autant plus remarquable que La reine des neiges est une création, contrairement à de nombreuses productions de Disney qui se sont contentées de prolonger ou revisiter des classiques éprouvés, comme Le Roi Lion ou Aladdin récemment.

De nouveaux tubes

«C’est super d’avoir vos archives, de relancer les histoires favorites de Disney [...] Mais c’est une autre paire de manches que de créer quelque chose à partir de rien et d’obtenir un film qui est devenu l’une des plus grandes franchises de Disney», poursuit Paul Dergarabedian.

Le succès fut tel que Jennifer Lee a été nommée directrice artistique des studios d’animation Disney après le départ en 2018 de John Lasseter, sur fond d’accusations de harcèlement sexuel.

Dans la version originale de La reine des neiges, Anna et Elsa retrouveront leur voix du premier opus, respectivement Kristen Bell et Idina Menzel, qui chantait la célèbre chanson primée aux Oscars.

En version française en revanche, Anaïs Delva a été remplacée par la chanteuse et comédienne Charlotte Hervieux. Emmylou Homs continuera cependant à être la voix d’Anna et l’humoriste Dany Boon celle du bonhomme de neige Olaf.

Que les parents se préparent: La reine des neiges 2 nous promet aussi de nouveaux tubes de l’acabit de Libérée, délivrée, à l’instar de Dans un autre monde (Into the Unknown en V.O.) dont un extrait a déjà été dévoilé.

Selon M. Dergarabedian, l’enthousiasme suscité par ce deuxième opus devrait «le propulser vers un premier week-end d’exploitation d’au moins 100 millions $» dans les cinémas des États-Unis et du Canada.

Et il est difficile d’imaginer «qu’il ne rapporte pas au moins un milliard de dollars dans le monde entier», dit-il.

Cinéma

Manifestation en Géorgie contre un film LGBT nominé aux Oscars

TBILISSI — Des groupes d’extrême droite manifestaient vendredi en Géorgie, brûlant notamment un drapeau arc-en-ciel, contre la première d’un film - nominé aux Oscars - mettant en lumière la discrimination de la communauté LGBT dans ce pays du Caucase.

Et puis nous danserons de Levan Akin met en scène une histoire d’amour entre deux hommes, danseurs au ballet national de Géorgie. Acclamé à l’étranger, le film a provoqué la controverse au sein d’une société géorgienne réputée conservatrice et a été dénoncé par l’influente Église orthodoxe géorgienne comme un «affront aux valeurs traditionnelles» du pays.

Des centaines de militants anti-LGBT étaient réunis vendredi soir devant le cinéma Amirani, dans la capitale, Tbilissi.

«Longue vie à la Géorgie!», «Honte!» scandaient-ils, alors qu’un important dispositif policier était déployé sur place. Les manifestants ont également brûlé un drapeau arc-en-ciel, tandis qu’un prêtre orthodoxe récitait une prière.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de onze manifestants pour «désobéissance aux forces de l’ordre».

«La danse folklorique géorgienne est au coeur de nos valeurs spirituelles, nous n’allons pas laisser défier nos traditions», a affirmé l’une des manifestantes, Teona Gogava, une femme au foyer de 35 ans interrogée par l’AFP.

Les responsables du cinéma, qui ont posté une vidéo sur Facebook montrant des policiers inspectant les sièges de la salle avec des chiens avant la projection, ont affirmé que tous les détenteurs d’un billet avaient été autorisés à entrer.

Maka Kiladze, un chorégraphe de 40 ans présent dans la salle, a trouvé «anormal» de devoir faire face à une «foule en colère». «Ce film a suscité un grand intérêt en Géorgie», a-t-il ajouté.

«Forces ténébreuses» 

Le réalisateur du film, Levan Akin, Suédois d’origine géorgienne, avait indiqué plus tôt que des groupes d’extrêmes droites et des militants religieux avaient «l’intention d’empêcher les gens d’assister» à la première du film, pour laquelle toutes les places disponibles ont été vendues.

«Nous vivons des temps obscurs et les manifestations à venir prouvent à quel point il est vital de lutter contre ces forces ténébreuses par tous les moyens», avait-il ajouté.

Un ancien député du parti au pouvoir, Sandro Bregadzé, a notamment averti cette semaine que le groupe nationaliste qu’il préside, Marche géorgienne, allait s’opposer à la première du film, le qualifiant de «propagande de la sodomie».

Levan Vasadzé, homme d’affaires lié à des groupes anti-occidentaux et d’extrême droite en Russie, avait de son côté affirmé que ses partisans «entreront dans les salles des six cinémas de Tbilissi pour éteindre les projecteurs», promettant de «repousser la police si besoin».

Le ministère géorgien de l’Intérieur a promis dans un communiqué d’assurer «la protection du public et l’ordre, ainsi que la liberté d’expression». Il a prévenu que la police allait «supprimer tout acte illégal immédiatement».

L’homosexualité est un sujet tabou en Géorgie comme dans tout le Caucase et une grande partie de l’ex-URSS.

Les détracteurs du parti au pouvoir du Rêve géorgien ont accusé le gouvernement de soutien tacite aux groupes homophobes et nationalistes en échange de leur soutien aux élections et lors des rassemblements anti-opposition.

Cinéma

Catherine Deneuve au repos après son accident vasculaire

PARIS — La star du cinéma français Catherine Deneuve, 76 ans, « réagit bien au traitement » et « se repose » après avoir été victime d’un accident vasculaire mardi sur un tournage, a-t-on appris auprès de l’entourage de l’actrice.

«Comme annoncé, il n’y a pas de déficit moteur. Elle se repose, tandis que des examens complémentaires sont en cours », a indiqué un membre de son entourage ayant requis l’anonymat.

«Elle réagit bien au traitement. L’accident vasculaire est vraiment limité. Elle a eu beaucoup de chance en étant prise en charge très rapidement à l’hôpital où son malaise s’est produit, en plein tournage », a ajouté cette source.

Le malaise de Catherine Deneuve s’est produit mardi vers 15 h dans un centre hospitalier de la région parisienne, où l’icône du cinéma français tournait une scène du film De son vivant d’Emmanuelle Bercot. Elle a été prise immédiatement en charge par cet établissement pour les premiers soins, avant son transfert vers un hôpital parisien, a précisé cette même source, confirmant des informations du Parisien.

La famille de l’actrice avait annoncé mercredi qu’elle avait « été victime d’un accident vasculaire ischémique très limité et donc réversible » et devrait « bien sûr prendre quelque temps de repos ».

Depuis plusieurs semaines, l’icône du cinéma français, qui enchaîne les projets, tournait dans De son vivant aux côtés de Benoît Magimel et Cécile de France.

Ce film d’Emmanuelle Bercot, avec qui elle a déjà fait deux films (Elle s’en va et La tête haute), raconte l’histoire d’un fils (Benoît Magimel) condamné par un cancer et de sa mère, incarnée par Catherine Deneuve, tandis qu’une médecin se retrouve au milieu de ce couple et essaie de faire son travail.

Prévu pour durer neuf semaines, ce tournage, qui a démarré le 11 octobre, s’est poursuivi depuis l’hospitalisation de Catherine Deneuve. Il pourrait continuer quelques temps encore en son absence, en modifiant le plan de tournage, selon des sources proches du film.

Les producteurs n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Cinéma

Une Française accuse Roman Polanski de viol

PARIS — Une Française a accusé Roman Polanski de l’avoir violée en 1975 en Suisse alors qu’elle avait 18 ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste, toujours sous le coup de poursuites de la justice américaine.

Valentine Monnier, dont les accusations s’ajoutent à celles d’autres femmes ces dernières années, indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France du film J’accuse, qui porte sur une erreur judiciaire, l’affaire Dreyfus.

«Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine», raconte au Parisien cette photographe, qui a été mannequin à New York et a joué dans quelques films dans les années 80, comme Trois hommes et un couffin.

«Ce fut d’une extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad. Il me frappa, roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes», déclare cette fille d’industriels alsaciens.   

L’avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme au Parisien que Roman Polanski «conteste fermement toute accusation de viol» et observe que ces faits allégués datant d’il y a 45 ans «n’ont jamais été portés à la connaissance de l’autorité judiciaire».

Valentine Monnier précise dans ce témoignage avoir raconté plus tard cette nuit dans le chalet du réalisateur à sa meilleure amie, puis à celui qui deviendra son petit ami pendant quatre ans. Tous deux, joints par le Parisien, confirment sa version. 

La secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa.

Depuis 2017, encouragée par le scandale Weinstein, Valentine Monnier dit aussi avoir raconté son histoire dans des lettres à la police de Los Angeles, à la femme du président français, Brigitte Macron, au ministre de la Culture Franck Riester et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa.

Dans une lettre datée de mars 2018, cette dernière salue le courage de Mme Monnier «d’avoir osé briser un silence de 42 ans» et «compatit» à sa douleur, tout en soulignant que «les faits sont prescrits pour la justice française».  

Roman Polanski est toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée à son encontre en 1977.  

Il avait alors plaidé coupable de détournement de mineure après avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Ce seul chef d’accusation retenu était le résultat d’un accord à l’amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement de chefs d’accusation plus graves, notamment viol d’une mineure sous l’emprise de stupéfiants.  

Condamné à 90 jours de prison, il avait été libéré après 42 jours. Mais le juge avait ensuite estimé la sentence insuffisante. Polanski avait choisi de s’envoler pour la France. Il est depuis lors sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Il a depuis été visé par d’autres accusations. En plein Festival de Cannes en 2010, l’actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé le réalisateur de l’avoir «abusée sexuellement» à 16 ans lors d’un casting en 1983. 

Une deuxième femme, identifiée comme «Robin», l’a accusé en août 2017 d’agression sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans, en 1973.  

En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, déposait une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu’elle avait 15 ans. Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites.

Toutes ses accusations sont «sans fondement», avait déclaré l’avocat du réalisateur.

Cinéma

Entre mer et mur: la petite et la grande histoire ***

CRITIQUE / L’arrivée en salle d’«Entre mer et mur» au moment du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin n’a évidemment rien de fortuit. Le long métrage très personnel de Catherine Veaux-Logeat documente les effets de sa construction sur sa famille. La réalisatrice québécoise mélange avec un certain bonheur la petite la grande histoire, mais reste malheureusement à la surface des choses, ce qui limite sa pertinence.

Catherine Veaux-Logeat a immigré à Montréal à l’âge de sept ans, laissant derrière elle ses plus beaux souvenirs, dont ceux de sa grand-mère Uma. Sa mère, profondément marquée par la Guerre froide, lui raconte souvent le destin de son oncle Frank qui a abandonné à l’Est sa mère à lui, son frère Bernt et son premier grand amour, Elisabeth.

Aux yeux de l’enfant, Frank est un héros. Lors du 25e anniversaire de la chute du mur, en 2014, la documentariste décide de le retrouver. Le marin retraité vit maintenant à Hambourg et la mort récente de sa femme Christel, décédée après 34 ans de mariage, l’affecte beaucoup.

Au fil des entrevues, la nièce découvre que la réalité s’avère beaucoup plus banale que l’image mythologique qu’elle s’est créée au gré des confidences de sa mère.

L’homme a des zones d’ombres sur lesquelles il demeure peu bavard. Notamment sa relation avec Berndt. Même 30 ans plus tard, les deux frères ne se fréquentent pas. Berndt n’a pas quitté l’Est à l’époque et Frank le soupçonne d’avoir collaboré avec la Stasi. À la caméra, l’Ossi refuse d’ailleurs de revenir sur la question…

Catherine Veaux-Logeat n’aurait pas dû en rester là et fouiller de façon plus approfondie. A beau mentir qui vient de loin, surtout devant la caméra. Le témoignage très approximatif et fuyant de sa mère n’apporte rien à l’enquête de la documentariste.

De toute évidence, il lui a été difficile de faire descendre son oncle du piédestal où elle l’avait placé jeune. Le long métrage illustre tout de même que le destin des membres de sa famille a été irrémédiablement façonné par le territoire qu’ils ont habité et le climat délétère de l’époque.

Entre mer et mur devient, par le fait même, un film sur les souvenirs. Ceux qui restent ; ceux qu’on oublie (ou qu’on veut oublier), volontairement pas ; ceux qu’on modèle en les embellissant ou en les défigurant… Les non-dits occupent beaucoup de place ici.

À ce sujet, la trame sonore de Mark Pinkus, exécutée au piano, contribue au climat mélancolique du documentaire, dont le rythme lent convient au propos. La cinéaste installe sa caméra à proximité de ses sujets, prêtes à recueillir les confidences lorsqu’elles surgissent.

Elle assure la narration en voix hors champ, pas toujours de façon heureuse, mais laisse la parole aux membres de sa famille, des taiseux pour la plupart…

Catherine Veaux-Logeat sera présente le dimanche 10 novembre, à la projection de 17h au Cinéma Cartier, pour discuter avec les spectateurs.

Cinéma

Les petits miracles d'Isabelle Huppert

Isabelle Huppert fait partie d’un panthéon très restreint d’actrices actuelles, avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Meryl Streep et Julianne Moore, dont la seule présence gratifie une œuvre. La Française de 66 ans, qui était pour la 21e fois en compétition au récent Festival de Cannes avec «Frankie» d’Ira Sachs, continue d’inspirer nombre d’interprètes, de combler les cinéphiles et de mener sa carrière comme bon lui semble. Le Soleil s’est entretenu avec cette icône du cinéma lors d’un passage à New York.

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Cinéma

Le film de la semaine: Antigone ****

CRITIQUE / Il y a eu l’«Antigone» (441 av. J.-C.) de Sophocle, l’«Antigone» de Jean Anouilh (1944) et il y aura maintenant l’«Antigone» de Sophie Deraspe. La réalisatrice du «Profil Amina» signe un exceptionnel long métrage contemporain, puissant et bouleversant, qui imprime au fer rouge dans notre tête des images durables de la juste désobéissance de cette héroïne au cœur pur.

Le spectateur ressentira plusieurs moments d’une réelle émotion. Dont, dès le début, cette scène très forte où Antigone (Nahéma Ricci) raconte en classe l’immigration de sa famille au Canada, avec ses frères, sa sœur et sa grand-mère, après l’assassinat de ses parents dans leur pays d’origine (jamais nommé directement). Le regard de ses camarades de secondaire V change. Le notre aussi, forcément.

Cinéma

Midway: tirer en tout sens ** 1/2

CRITIQUE / Roland Emmerich aime bien les films d’action patriotiques qui mettent en évidence le courage d’un héros sans peur et sans reproche. Bien que le réalisateur soit plus enclin à la science-fiction, il ne faut guère se surprendre qu’il revisite la bataille de Midway, en 1942. Mais en tirant en tout sens, il rate la cible.

Midway relate un tournant décisif de la guerre du Pacifique. Six mois après l’attaque-surprise de Pearl Harbor par les forces navales japonaises, la marine américaine se rapproche dangereusement de la déroute.

L’équipe des renseignements pilotée par Edwin Layton (Patrick Wilson) intercepte des communications qui laissent présager à une attaque imminente des Japonais, qui désirent anéantir le reste de la flotte en profitant de leur force de frappe supérieure.

Les Américains veulent servir à leurs rivaux leur propre médecine : l’attaque-surprise. Le courage et la détermination des pilotes qui décollent des portes-avions sont leurs principales armes.

L’histoire va donc s’attacher à certains d’entre eux, en particulier l’intrépide lieutenant Dick Best (Ed Skrein), un cow-boy qui n’en fait souvent qu’à sa tête. Un héros imparfait, mais ceux qui gravitent dans son orbite apparaissent bien pâles — le scénario de Wes Tooke embrasse trop large et, forcément, mal étreint.

En vieux routier, Roland Emmerich livre la marchandise dans les scènes d’action. Avec les effets spéciaux actuels, les batailles aériennes s’avèrent visuellement époustouflantes. Les plans d’avions qui descendent en plongée au milieu des balles traçantes sont à couper le souffle. Ça ne fait pas un film pour autant.

Emmerich n’a jamais fait dans la subtilité et ce n’est pas avec un tel sujet qu’il va commencer. Le metteur en scène du Jour de l’indépendance et de Maison-Blanche en péril n’est pas Christopher Nolan. Midway ne peut rivaliser avec l’extraordinaire Dunkerque, tant sur le plan de la réalisation que du scénario. 

D’autant que le long métrage s’essouffle vers la fin alors qu’il devrait plutôt y atteindre son apothéose.

On peut le créditer de sa rigueur historique et d’offrir un point de vue plus équilibré que les films de guerre d’époque, beaucoup plus manichéens. Il flatte néanmoins le patriotisme états-unien dans le bon sens.

La principale faiblesse de ce film visuellement impressionnant réside dans le fait qu’Emmerich a failli à donner une ampleur épique à son récit. Et puisque ses marins américains se révèlent unidimensionnels, le spectateur ne doit pas s’attendre à ce que leurs vis-à-vis japonais aient de la substance. Un véritable échec compte tenu de l’imposante distribution (chapeau à Woody Harrelson en amiral Nimitz).

Midway représente un intérêt certain d’un point de vue historique. Mais ceux qui se passionnent pour la Seconde Guerre mondiale, en général, et à la bataille du Pacifique en particulier n’y trouveront rien de neuf à se mettre sous la dent.

Dommage.