Cinéma

Retour de Mick Jagger au cinéma à la Mostra

ROME — La rock-star britannique Mick Jagger fera son retour au cinéma à la Mostra de Venise, où il présentera en clôture du festival en septembre «The Burnt Orange Heresy», thriller dont l’intrigue se déroule dans le monde de l’art.

Signé par l’Italien Giuseppe Capotondi, The Burnt Orange Heresy, qui adapte le roman éponyme de l’Américain Charles Willeford, met aussi en scène le Canadien Donald Sutherland, le Danois Claes Bang et l’Australienne Elizabeth Debicki (Vita et Virginia), indiquent les organisateurs de la Mostra.

Mick Jagger, charismatique leader des Rolling Stones qui fêtera ses 76 ans vendredi, a repris le 21 juin à Chicago la tournée américaine No Filter Tour du groupe, interrompue deux mois plus tôt en raison de ses problèmes de santé.

La vedette était remontée sur scène après une intervention de remplacement d’une valve cardiaque.

Pour son retour sur grand écran, le «papy du rock» incarne un riche collectionneur d’art (Joseph Cassidy), obsédé par le peintre solitaire Jérôme Debney (Donald Sutherland), qui va proposer à un couple d’amoureux de rencontrer Debney en échange du vol d’un chef-d’œuvre de l’atelier de l’artiste.

Le film sera projeté le 7 septembre en première mondiale et en clôture de la 76e Mostra.

Rock-star planétaire, Mick Jagger compte une dizaine de longs métrages à son actif en tant qu’acteur, sa dernière apparition dans un film de fiction remontant à 2001 avec Les âmes perdues, de George Hickenlooper.

Son énergie légendaire était aussi au cœur du documentaire hommage consacré aux Rolling Stones Shine a Light en 2008 et réalisé par l’Américain Martin Scorsese.

Cinéma

James Cameron s’incline devant Avengers, «roi du box-office» mondial

LOS ANGELES — Le réalisateur canadien James Cameron a félicité lundi l’équipe du film «Avengers», qui a détrôné ce week-end son «Avatar» en tête des plus grosses recettes mondiales de tous les temps.

«Oel Ngati Kameie», a écrit le metteur en scène sur son compte Twitter, en référence à une expression du peuple Na’vi, représenté dans Avatar, qui signifie «Je te vois», évoquant une mise en relation avec autrui. «Félicitations à Avengers: Phase finale pour son accession au titre de roi du box-office», a poursuivi James Cameron.

Cinéma

Pas de Festival des films du monde de Montréal en 2019

Le président fondateur du Festival des films du monde (FFM), Serge Losique, a annoncé lundi qu’il n’y aurait pas d’édition du festival montréalais en 2019.

Par communiqué, le festival précise que la pause servira à «mieux préparer l’édition 2020».

Aucun film n’avait été sélectionné pour l’édition de cette année.

Le communiqué indique par ailleurs que M. Losique n’accordera pas d’entrevue à ce sujet «à cause de la fatigue extrême et sur l’ordre de ses médecins».

Le festival, fondé et dirigé par M. Losique, a vécu des difficultés financières ces dernières années, ayant notamment perdu du financement gouvernemental et des commanditaires. En 2016, plusieurs employés avaient quitté le navire, déplorant le leadership déficient de M. Losique.

«Acheter du temps»

Martin Bilodeau, rédacteur en chef de Médiafilm, estime que M. Losique ne fait qu’acheter du temps.

«Je ne suis pas surpris de la nature du communiqué, dans la mesure où ce n’est pas Serge Losique qui va reconnaître qu’il baisse les armes. Il va simplement acheter du temps, et c’est ce qu’il fait ici», a affirmé M. Bilodeau en entrevue.

«Stratégiquement, ce n’est pas une mauvaise idée. Ça nous laisse en suspens, mais je ne crois pas que le Festival des films du monde va revenir», a-t-il ajouté.

En août 2017, Québecor avait racheté la «lourde dette hypothécaire» du prestigieux cinéma Impérial, propriété d’un organisme sans but lucratif présidé par Serge Losique. Famous Players avait offert l’Impérial au FFM en 1995, mais ce joyau montréalais, utilisé notamment par les festivals et pour les premières «tapis rouge», était aux prises avec de graves difficultés financières et menacé de décrépitude.

Moribond depuis 10 ans

Puis, l’an dernier, le FFM avait réussi de justesse à présenter sa 42e édition après avoir eu des difficultés avec Revenu Québec, qui avait déposé une requête en cour demandant une injonction pour empêcher la tenue de l’événement quelques semaines avant l’ouverture prévue.

Serge Losique avait finalement répondu à l’exigence de Revenu Québec, qui lui demandait de payer une «sûreté» de 32 800 $ s’il voulait demeurer inscrit au fichier de la taxe de vente du Québec (TVQ).

Selon M. Bilodeau, le FFM est moribond depuis plus de dix ans, et n’a plus aucune pertinence sur la scène nationale et internationale.

«Mais Serge Losique est dans une espèce de bras de fer avec les médias, qui lui disent ça, qui lui envoient ce message depuis des années­. Il est dans ce bras de fer avec même, je dirais, la raison, parce que la raison lui donne tort», a-t-il laissé tomber, parlant de «problèmes logistiques pratiquement insurmontables».

Comme d’autres observateurs, M. Bilodeau estime que le fondateur du FFM à la fin des années 70 n’aura pas su se retirer à temps.

«C’est un homme qui a été important, mais qui est malmené par son orgueil. Ce qui se passe, c’est qu’il refuse de reconnaître que ce festival-là n’est plus pertinent. [...] Il aurait pu dire, je suis allé au bout de quelque chose, j’ai voulu, je me suis obstiné, je me suis battu. Il aurait raison de dire ça, et on l’applaudirait d’une certaine façon, mais là, c’est de refuser l’inévitable», a-t-il dit croire.

L’absence du FFM ne va pas «créer un trou dans le calendrier ou créer un manque», à part peut-être auprès de quelques «partenaires privilégiés», qui n’ont plus de toute façon le rayonnement dont ils bénéficiaient auparavant avec le festival, selon M. Bilodeau.

Cinéma

«Olivewood», studio chypriote à ciel ouvert pour les superproductions

NICOSIE — Nicolas Cage, maître de jiu-jitsu, qui combat un extraterrestre au pied d’une falaise près de Nicosie, une montgolfière lestée d’Américains à court de gaz au large de Limassol: bienvenue dans les décors de cinéma chypriotes d’»Olivewood».

«Puisque Chypre est un studio à ciel ouvert, pourquoi ne pas stimuler l’intérêt d’une industrie qui brasse des milliards de dollars ?», justifie Michalis Michael, président d’Invest Cyprus, un organisme chypriote chargé d’attirer sur l’île les producteurs étrangers.

Le gouvernement de Chypre a alloué à Invest Cyprus un budget annuel de 25 millions d’euros prévoyant des mesures telles que des crédits d’impôt ou le remboursement de 35% des dépenses effectuées sur le sol chypriote. L’objectif est d’attirer 70 millions d’euros d’investissement de la part de sociétés de production étrangères.

Un comité de sélection dans lequel le ministère du Tourisme est représenté décide des projets cinématographiques pouvant bénéficier de ces aides, qui figurent parmi les plus avantageuses en Europe.

Champs d’oliviers, plages paradisiaques, «montagnes qui évoquent la mythologie», nourriture «incroyable» - particulièrement le yaourt traditionnel, selon l’acteur américain Nicolas Cage: l’île d’Aphrodite suscite des louanges au sein des équipes des deux premiers films retenus, «Jiu Jitsu» et «S.O.S: Survive or Sacrifice», tournés en juillet.

Depuis la mise en place du dispositif en juin 2018, après des années de tentatives avortées, tous les projets candidats, à savoir trois Américains et un Chypriote, ont été approuvés et deux autres sont en discussion.

Hollywood inaccessible 

Invest Cyprus est bien conscient du manque d’infrastructures, mais estime qu’il est notamment compensé par les courtes distances entre les paysages variés de l’île.

Pour Martins Rozitis, directeur de la société chypriote dédiée à «S.O.S: Survive or Sacrifice», ce manque est réel et «nous en pâtissons, mais les gens sont très enthousiastes et les sociétés de location commencent à fournir l’équipement nécessaire».

Derrière lui, quatre acteurs, deux Américains, un Indo-Britannique et une Chypriote, répètent leur rôle face à la mer, sur fond bleu, suspendus à une grue dans la nacelle d’une montgolfière... importée de Russie.

Chypre n’a «pas encore l’infrastructure, mais nous l’avons apportée avec nous», relativise Dimitri Logothetis, producteur et réalisateur qui a grandi à Los Angeles. «Nous créons nos propres studios partout où nous allons», dit-il en montrant les chariots de travelling installés pour le tournage de la scène finale de «Jiu Jitsu».

Et la situation peut évoluer: M. Logothetis fait remarquer que «la Bulgarie et la Roumanie n’avaient rien il y a quelques années», mais qu’aujourd’hui ces deux pays ont «d’énormes studios».

Chypre a l’avantage d’être abordable, relève le producteur. À Hollywood, les 24 millions d’euros de budget du film qu’il tourne «n’auraient pas suffi».

Après avoir envisagé plusieurs pays d’Europe de l’Est aux conditions financières alléchantes, il a finalement choisi de poser sa caméra à Chypre après un tour de l’île organisé par Invest Cyprus à l’automne, auquel participaient des dizaines d’autres producteurs étrangers.

Et «les petits films»? 

Pour Chypre, l’intérêt d’attirer des sociétés de production étrangères est multiple.

D’un côté, l’île profite de la création d’emplois.

De l’autre, les Chypriotes acquièrent la possibilité de se former sur des tournages, relève Diomides Nikita, du département cinéma du ministère de l’Éducation et de la Culture. Sur celui de «Jiu Jitsu», l’équipe est à 65% originaire de l’île.

«Pour aller plus loin, nous aurions besoin d’écoles (...), mais aussi de studios, pas seulement pour les grosses productions, mais aussi pour les petits films», tempère le cinéaste Longinos Panagi, membre du comité de la guilde des réalisateurs chypriotes.

Il regrette que le plan «Olivewood» n’ait pas été précédé d’investissements dans une infrastructure durable.

Son compatriote Marios Piperides, primé au festival de Tribeca à New York en 2018 pour «Smuggling Hendrix», espère pour sa part pouvoir postuler auprès d’Invest Cyprus d’ici la fin de l’année pour un long-métrage qu’il produit.

Auparavant, il n’a pu bénéficier à Chypre que d’aides du ministère de l’Éducation et de la Culture, dont le budget alloué aux subventions est 20 fois inférieur à celui d’Invest Cyprus.

«Il va y avoir une complémentarité des deux dispositifs», explique M. Nikita, du ministère. «Mais on aura toujours besoin de plus d’argent pour promouvoir le cinéma européen.»

Assis dans un fauteuil de la seule salle de la capitale projetant régulièrement des films indépendants, M. Piperides espère qu’»Olivewood» stimulera l’intérêt des Chypriotes pour le 7e art et pas seulement pour les superproductions.

C’est pourtant bien cette dernière catégorie de films qu’Invest Cyprus cible, des grosses productions dotées de budgets de 35 à 50 millions d’euros... sans commune mesure avec les projets du cinéma chypriote (1,3 million pour «Smuggling Hendrix»).

En témoigne le prochain tournage prévu à Chypre par Dimitri Logothetis, conquis par l’île et ses avantages financiers: un film d’action écrit par le scénariste de «Fast and Furious», une franchise à 5,3 milliards d’euros.

Cinéma

Malgré «Avengers», le film «Autant en emporte le vent» reste un succès inégalé

NEW YORK — Bien que noyé dans les classements des recettes au box-office, «Autant en emporte le vent» reste, selon plusieurs autres paramètres, le film au plus grand succès populaire de l’histoire du cinéma, même si plusieurs historiens le qualifient de révisionniste.

Avec 402 millions de dollars de recettes dans le monde (selon le site Box Office Mojo), Gone with the Wind, son titre originel ne figure qu’en 285e position toutes périodes confondues.

Mais le film a vendu 215 millions de billets aux États-Unis, selon le site spécialisé IMDb, de très loin le record en la matière. Ce score est en partie attribuable au fait qu’Autant en emporte le vent a bénéficié de sept sorties nationales, entre 1939 et 1974.

En prenant comme référence le prix de la place en 2018, soit 9,11 dollars selon l’association des exploitants (NATO), cela équivaudrait à 1,958 milliard de dollars, pour le seul marché américain.

Le livre Guiness des records estime lui les recettes du film à 3,44 milliards de dollars au niveau mondial en tenant compte de l’inflation.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut aussi rappeler que depuis 1939 et la première sortie du film, la population américaine a été multipliée par 2,5, ce qui donne encore plus de poids aux résultats enregistrés, à l’époque, par «Autant en emporte le vent».

Un film révisionniste? 

Le succès de cette oeuvre-fleuve (03H58), adaptée du roman éponyme de Margaret Mitchell, est d’autant plus marquant qu’il est considéré par de nombreux historiens comme l’instrument le plus ambitieux et efficace du révisionnisme sudiste.

Immédiatement après la fin de la guerre de Sécession (1861-1865), plusieurs mouvements nés dans les anciens États confédérés se sont attachés à dépeindre le sud d’avant le conflit sous un jour plus présentable.

L’idéologie de la cause perdue soutenait que les États du Sud s’étaient battus pour leur indépendance politique, menacée par le Nord, et non pour le maintien de l’esclavage.

Dans leur déclaration de sécession, ces États expliquaient pourtant sans ambiguïté que leur décision était d’abord motivée par le refus de renoncer à l’exploitation des Noirs.

«L’esclavage n’est même pas un sujet important du film», relève Kathryn Stockett, auteure du roman «La couleur des sentiments» qui évoque le destin des domestiques noires dans le sud des années 60, dans le documentaire «Old South/New South».

«Vous avez ces Afro-Américains qui travaillent pour des familles blanches», dit-elle, «et c’est comme si c’était juste leur boulot (...) quelque chose qu’ils auraient choisi.»

Pour Randy Sparks, professeur d’histoire à l’université de Tulane, «Autant en emporte le vent» est l’un des meilleurs exemples du fait que la vision sudiste de l’histoire de la seconde moitié du XIXe siècle s’est imposée au fil des années comme la vision dominante aux États-Unis, explique-t-il dans le même documentaire.

«Il n’y a pas beaucoup d’exemples», dit-il, «dans lesquels les perdants (de la guerre) écrivent l’histoire».

«Autant en emporte le vent» a permis à Hattie McDaniel, qui jouait Mama, la fidèle esclave de Scarlett O’Hara, de devenir la première actrice noire à recevoir un Oscar, en 1940.

À l’époque, la ségrégation raciale était institutionnalisée à Hollywood comme dans de nombreux autres pans de la société américaine, et Hattie McDaniel avait dû assister à la cérémonie assise au fond de la salle, cantonnée à une table séparée des autres vedettes du film, Vivian Leigh et Clark Gable.

Le producteur David O. Selznick avait même dû intervenir personnellement pour la faire admettre dans l’hôtel Ambassador, qui a refusé l’entrée aux Noirs jusqu’en 1959, lorsque la Californie a rendu illégale la discrimination raciale.

Cinéma

Les studios Marvel dévoilent le calendrier de leurs prochains films

SAN DIEGO — Les studios Marvel ont dévoilé, à l’occasion du festival Comic-Con de San Diego, le calendrier des prochains films de super-héros prévus pour les deux prochaines années, avec de nouvelles stars à l’affiche et de futurs milliards en revenu.

Samedi soir, les actrices Angelina Jolie, Salma Hayeck et Rachel Weisz sont montées sur scène lors du plus grand festival au monde consacré à la pop culture, rejoignant ainsi les piliers des films Marvel que sont déjà Scarlett Johansson, Chris Hemsworth et Natalie Portman.

«Je peux passer 90 minutes à parler de ce que nous avons fait ou bien je peux passer du temps à parler de ce que nous allons faire», a déclaré le président des studios Marvel Kevin Feige, provoquant les cris des centaines de personnes présentes.

Depuis 2008, ses studios déclinent en films les célèbres bandes dessinées Marvel Comics, dont les personnages ont des aventures propres ou se retrouvent pour la série collective Avengers.

Selon Kevin Feige, des personnages déjà connus comme Thor, Doctor Strange ou encore Loki vont revenir sur les écrans. Le patron des studios a également confirmé des suites prévues pour Panthère noire, Les gardiens de la galaxie, et Capitaine Marvel, sans donner plus de détails.

Il a par ailleurs annoncé le retour de Blade, avec pour incarner le rôle du célèbre chasseur de vampires l’acteur oscarisé Mahershala Ali.

Angelina Jolie et Salma Hayek seront toutes deux à l’affiche de The Eternals en novembre 2020, dans lequel apparaîtra le premier super-héro sourd de la franchise.

Il sera suivi en février 2021 par Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings, le premier film Marvel avec un super-héro asiatique.

Kevin Feige a également évoqué l’arrivée d’autres personnages populaires, citant Les quatre fantastiques et des «mutants», dans une allusion apparente aux X-Men — appartenant à 21st Century Fox, récemment racheté par Disney. 

Cinéma

«Avengers: phase finale» devient le film aux plus grosses recettes de l’histoire du cinéma

LOS ANGELES — Nouvel exploit pour les superhéros d’»Avengers: phase finale»: ils ont ravi dimanche le titre du film ayant rapporté les plus importantes recettes de l’histoire du cinéma aux créatures fantastiques d’»Avatar».

Le 22e film de l’univers cinématographique Marvel a engrangé plus de 2,790 milliards de dollars mondialement depuis sa sortie en avril, a annoncé le groupe Disney.

Le blockbuster, qui a coûté environ 500 millions de dollars production et marketing compris, pourrait rapporter encore davantage, puisqu’il reste projeté sur des centaines d’écrans américains.

Ses réalisateurs, les frères Joe et Anthony Russo, avaient confié vendredi que ravir le record détenu depuis dix ans par James Cameron (2,789 milliards de dollars de recettes depuis sa sortie en 2009) serait «palpitant».

«James Cameron a toujours été une idole pour nous, il a nourri notre passion pour faire du cinéma depuis le début et être aussi proches d’un de ses grands films est vraiment spécial», avait déclaré Anthony Russo lors du festival Comi-Con à San Diego, grand rendez-vous de la pop culture.

«Si vous corrigez l’inflation, James Cameron détient encore le titre et il pourra en obtenir d’autres dès qu’il sortira un nouveau film», avait pour sa part souligné le président des studios Marvel, Kevin Feige, avant de fanfaronner: «en attendant, Avengers: phase finale est le plus grand film de tous les temps !»

Les deux films sont désormais au catalogue du groupe Disney, qui a racheté la Century Fox en mars.

Le quatrième et dernier volet des aventures d’Iron Man, Hulk, Thor et compagnie, truffé de combats spectaculaires, d’effets spéciaux, d’humour et de larmes, avait fait un démarrage en trombe dans le monde entier et notamment en Chine, où son succès ne s’est pas démenti.

Les Avengers, incarnés par Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson ou encore Bradley Cooper, avaient enregistré un premier record en devenant le premier film de l’histoire à dépasser le cap symbolique du milliard de dollars en l’espace de cinq jours.

Le Roi lion rugit 

Autre bonne nouvelle pour Disney, sa nouvelle version du Roi Lion en 3-D a rapporté 433 millions de dollars de recettes dans le monde pour son premier week-end d’exploitation, selon Disney.

Ce résultat, qui surpasse son budget de 250 millions de dollars, le place en «neuvième position des films ayant effectué les meilleurs débuts de l’histoire du cinéma», souligne la compagnie.

Pour raconter les aventures du lionceau Simba, le réalisateur Jon Favreau a usé d’un procédé totalement nouveau: le film a été tourné par une équipe traditionnelle de cameramen, mais au sein d’un monde de réalité virtuelle en 3D, et a fait appel à un casting de stars comme Beyoncé pour les voix des personnages.

En ajoutant la Chine, où le film a rapporté environ 98 millions de dollars depuis sa sortie le 12 juillet, les recettes mondiales du remake s’élèvent déjà à 531 millions de dollars, dont 185 millions au box office nord-américain.

Sur ce marché, Spider-Man: loin des siens, septième volet des aventures de l’homme-araignée, occupe la deuxième place du box office, avec 21 millions de recettes ce week-end et 319,6 millions en trois semaines, selon la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le fil reprend l’histoire de Spider-Man après la tragique conclusion d’Avengers: phase finale. Peter Parker, l’héroïque adolescent se cachant sous le masque de l’homme-araignée, effectue un séjour touristique en Europe avec son lycée, qui va se révéler mouvementé.

Loin derrière arrive Histoire de jouets 4, avec 14,6 millions de dollars sur trois jours et 375,5 millions depuis sa sortie le 20 juin.

Sur la quatrième marche du podium se place Terreur dans la tempête, une production hollywoodienne réalisée par le Français Alexandre Aja, grand spécialiste des films d’horreur (La colline a des yeux) avec six millions de recettes sur le week-end et 23,8 millions au total.

La comédie Yesterday est en cinquième place avec 5,1 millions de dollars en trois jours et 57, 6 millions depuis sa sortie sur les écrans américans et canadiens.

Voici le reste du Top 10:

Stuber: 4 millions de dollars sur le week-end et 16,8 millions en 2 semaines

Aladdin: 3,8 millions de dollars et 340 millions en 9 semaines

Annabelle - Retour à la maison: 2,7 millions de dollars et 66,5 en 4 semaines

Midsommar:1.6 million, 22,5 millions en 3 semaines

Comme des bêtes 2: 1.5 million, 151,5 millions en 7 semaines

Cinéma

Pourquoi je suis «dur» (la complainte des étoiles)

BILLET / Il y a quelques semaines, pour une entrevue avec un réalisateur, j’ai croisé son distributeur. Appelons-le Antoine. On parle cinéma. Évidemment. Après avoir échangé nos impressions sur la compétition au Festival de Cannes, Antoine me lance, au détour d’une phrase, «tu es dur dans tes critiques». J’aurais pu lui répondre «qui aime bien châtie bien» ou un truc du genre, mais mon interviewé est arrivé et j’ai pas eu le temps de m’expliquer. Aussi bien le faire ici.

À vrai dire, on me reproche parfois, à mots à peine voilés (même au Soleil), de ne pas succomber à la surenchère d’étoiles en vogue depuis quelques années. C’est vrai que ça fait beau sur une affiche, tous ces quatre ou cinq étoiles. Encore faut-il que le film les vaille.

Cinéma

Film de la semaine: Le roi lion ** 1/2

CRITIQUE / Disney a suscité beaucoup d’attentes avec une nouvelle version en prises de vues réelles du «Roi lion» (The Lion King). En fait, il n’y a rien de nouveau dans ce succédané de l’original, qui fête son quart de siècle : il s’agit d’une copie conforme — aux images grandioses, toutefois. Le puissant studio s’évertue à reproduire sans cesse les films de son fonds de commerce pour des questions mercantiles en misant sur une nostalgie de mauvais aloi.

Ce recyclage destiné à faire sonner les tiroirs-caisses grâce aux produits dérivés n’est guère surprenant. Les scénaristes du classique d’animation original s’étaient en grande partie inspirés du Roi Léo, d’Osamu Tezuka, et du Hamlet de Shakespeare.

Comme dans la célèbre tragédie du barde anglais, nous avons affaire à un régicide, celui de Scar, qui élimine son frère Mufasa pour le détrôner. Simba — son héritier — doit venger son père. Le lionceau est beaucoup moins tourmenté qu’Hamlet, toutefois...

Dans Le roi lion, le drame est allégé par un deuxième acte comique avec l’entrée en scène du suricate Timon et du phacochère Pumbaa. Les deux comparses apprennent à Simba leur philosophie désinvolte, le fameux Hakuna Matata («sans souci» en swahili). La lionne Nala viendra secouer les puces du prétendant au trône.

Pendant ce temps, le fourbe Scar surexploite les ressources de son royaume jusqu’à l’extinction en pratiquant la politique de la terre brulée. Une belle métaphore sur l’Occident, en général, et de la présidence Trump, en particulier, quand on y pense...

Ne vous inquiétez pas, Disney n’a aucune intention de faire dans le politique. C’est presque ironique qu’on puisse en faire cette lecture.

Il ne faudrait surtout pas que le spectateur soit distrait du récit par de telles considérations. Jon Favreau et son équipe se chargent de lui en mettre plein la vue, au point d’ailleurs de tout surligner, en particulier avec l’envahissante trame sonore. L’écrin, mélange d’images de nature paradisiaque avec l’animation des animaux cuuuuute à mort, est splendide. Mais son joyau ne scintille pas beaucoup.

Nous ne sommes pas dans La planète des singes : des lions qui parlent et chantent, ça ne fonctionne tout simplement pas — l’anthropomorphisme a ses limites. Surtout quand on utilise les techniques du documentaire animalier pour rehausser l’impression que nous voyons réellement les créatures dans leur milieu naturel… 

On se serait attendu aussi à ce que le réalisateur des deux premiers Iron Man fasse preuve de plus d’esprit d’initiative pour prendre des libertés avec l’histoire «originale», comme il l’avait fait avec Le livre de la jungle (2016), mieux réussi. Mais il n’avait probablement pas cette marge de manœuvre. Dommage.

Parce que contrairement au film d’animation original, qui relève du conte, cette version a quelque chose de perfide. Elle nous offre un Éden où la vie sauvage règne en incarnant un idéal écologique qui connecte tous les êtres vivants. Triste illusion : la plupart des animaux représentés dans le long métrage sont en voie d’extinction...

Cinéma

Claire Burger: l’amour d’un père pour ses filles

PARIS — Claire Burger a fait une entrée remarquée dans le cinéma mondial en remportant la caméra d’or au Festival de Cannes 2014 avec «Party Girl». Pour son deuxième long métrage, la réalisatrice française a eu le goût de poser un regard féminin sur la masculinité, au-delà des clichés.

C’est ça l’amour met en scène un cinquantenaire qui doit s’occuper de ses deux filles après le départ de sa femme. Frida, 14 ans, l’accable de reproches alors que Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, espère toujours le retour d’Armelle.

Cinéma

Marianne & Leonard : mots d’amour: portrait intime *** 1/2

CRITIQUE / Nick Broomfield est un documentariste expérimenté, bardé de prix, qui a signé des biographies de vedettes populaires, de Whitney Houston à Kurt Cobain, en plus de longs métrages à portée sociale. Mais sa relation avec son nouveau film est plus intime. Le cinéaste britannique fut ami avec Marianne Ihlen, muse de notre Leonard Cohen national. Il en résulte une œuvre extrêmement touchante sur une incroyable histoire d’amour, jusqu’à la toute fin.

Marianne & Leonard : mots d’amour (Words of Love) se concentre en très grande partie sur les années 1960, à l’époque où les deux protagonistes aboutissent à Hydra en voulant fuir leur destinée toute tracée auprès de leur famille respective.

Cinéma

La vérité de Kore-eda : Deneuve, Binoche et le métier d’actrice

ROME — Le nouveau film du Japonais Hirokazu Kore-eda La vérité avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche et Ethan Hawke ouvrira, en compétition et en première mondiale, la 76e Mostra de Venise le 28 août, ont annoncé jeudi les organisateurs du festival.

«Nous avons tourné ce film en 10 semaines l’automne dernier à Paris, la distribution est prestigieuse et le film est une petite histoire de famille dans une maison. J’ai essayé de faire vivre mes personnages dans ce petit univers, avec leurs mensonges, leur fierté, leurs regrets, leur tristesse, leur joie et de leurs réconciliations», a expliqué le cinéaste dans un communiqué.

«Pour son premier film tourné hors de son pays, Kore-eda a eu le privilège de pouvoir travailler avec deux vedettes du cinéma français», a mis en évidence le directeur de la Mostra, Alberto Barbera.

«La rencontre entre l’univers personnel de l’auteur japonais le plus important du moment et deux actrices aussi aimées que Catherine Deneuve et Juliette Binoche a donné lieu à une réflexion poétique sur la relation mère-fille et le métier complexe d’actrice», a-t-il ajouté.

Habitué de cannes

Souvent qualifié de cinéaste de la famille, Kore-eda a obtenu la consécration en 2018 en remportant la Palme d’or à Cannes pour Une affaire de famille, son 13e long métrage.

Grand habitué de Cannes, il y avait présenté Nobody Knows en 2004, Tel père, tel fils en 2013 (Prix du Jury) et Notre petite sœur en 2015. Il était en compétition à la 74e Mostra de Venise en 2017 avec The Third Murder.

La 76e édition du festival international de cinéma de Venise se tiendra du 28 août au 7 septembre.

Cinéma

Robbie Robertson en ouverture du TIFF

TORONTO — Le Festival international du film de Toronto (TIFF) s’ouvrira cette année avec un long métrage documentaire sur la légende canadienne du rock Robbie Robertson et sur la création de The Band.

Les organisateurs du festival ont annoncé que Once Were Brothers : Robbie Robertson and The Band sera présenté en première mondiale lors de la soirée d’ouverture au Roy Thomson Hall, le 5 septembre.

Ce sera la première fois que le TIFF lancera ses festivités avec un documentaire canadien, et la deuxième année consécutive où il propose en ouverture un film destiné à une plateforme d’écoute en continu.

Once Were Brothers est un film original du service Crave et sera lancé sur la plateforme de Bell Média plus tard cette année.

L’année dernière, le TIFF avait présenté en ouverture le drame historique de Netflix Outlaw King : Le roi hors-la-loi.

Produit par une équipe composée de Martin Scorsese, Brian Grazer et Ron Howard, Once Were Brothers est décrit comme une histoire profondément personnelle sur la façon dont Robbie Robertson a surmonté l’adversité et fondé son groupe phare des années 1970.

De nombreux amis et collaborateurs de Robbie Robertson apparaissent dans le film, notamment Bruce Springsteen, Eric Clapton, Van Morrison, Martin Scorsese, Peter Gabriel, David Geffen et Ronnie Hawkins.

Le 44e Festival international du film de Toronto se tiendra du 5 au 15 septembre.

Cinéma

Comic-Con: Tom Cruise présente la bande-annonce du nouveau «Top Gun» [VIDÉO]

SAN DIEGO — Le public a été enchanté par la surprise: Tom Cruise s’est rendu jeudi au Comic-Con de San Diego afin de présenter pour la première fois la bande-annonce de «Top Gun: Maverick», la suite du très populaire film de 1986.

«Vous avez tous posé la question pendant de longues années... Je voyage à travers le monde, des gens (me) disent: “pourquoi vous n’en faites pas un autre, quand allez-vous faire un autre» Top Gun?”, a lancé la star hollywoodienne lors de la 50e édition de cet immense festival mettant à l’honneur la culture pop.

«34 ans, vous avez été très patients avec moi et j’ai senti que c’était ma responsabilité de le faire enfin pour vous», a ajouté Tom Cruise.

Dans la bande-annonce, on peut voir le pilote Pete «Maverick» Mitchell, joué par Tom Cruise, refuser de prendre sa retraite bien qu’il n’ait pas réussi à prendre du galon.

On le voit aussi sur sa moto, portant sa fameuse veste en cuir et ses lunettes de soleil.

Les scènes montrant les avions s’élancer depuis un porte-avions sont «toutes vraies» et résultent d’un étroit travail avec des responsables de l’armée, a expliqué Tom Cruise.

«Je voulais vraiment vous donner à tous l’expérience de ce à quoi ça ressemble d’être à l’intérieur de cet avion (...). C’est une lettre d’amour à l’aviation», a-t-il ajouté.

Le premier Top Gun n’avait pas fait l’objet de critiques dithyrambiques mais avait été un énorme succès populaire, faisant de Tom Cruise une star.

Top Gun: Maverick doit sortir à l’été 2020.

Cinéma

La suite de «Ça» vient éclabousser le Comic-Con [VIDÉO]

SAN DIEGO — La 50e édition du Comic-Con de San Diego, immense festival mettant à l’honneur la pop culture, a été lancée à grand renfort d’effroi et d’hémoglobine avec la présentation de la suite du film «Ça», adaptation du roman de Stephen King dont le clown maléfique a traumatisé toute une génération.

Ça : Chapitre 2 mettra en scène le retour de Pennywise, ce clown pas vraiment humain qui attire les enfants dans les égouts.

Le film d’Andy Muschietti, avec Jessica Chastain et James McAvoy dans le rôle d’adultes retournant sur les lieux de leur enfance pour combattre Pennywise, sortira en septembre. Xavier Dolan y tient un petit rôle.

La bande-annonce montre le personnage joué par Jessica Chastain couvert de sang de la tête aux pieds. Une expérience dont elle ne garde pas que des bons souvenirs, a-t-elle expliqué au public du Comic-Con.

«Je me disais qu’on allait faire Carrie [célèbre film d’horreur également adapté d’un livre de Stephen King] sous stéroïdes. Et c’est ce qu’Andy Muschietti a fait. Il m’a littéralement torturée pendant tout le tournage», a déclaré l’actrice.

Selon elle, 17 000 litres de faux sang — gardé au froid pour ne pas fermenter dans la chaleur de l’été — ont été utilisés pendant le tournage.

Cinéma

Le nouveau «Roi Lion»: un film en 3D pas comme les autres

LOS ANGELES — Les remakes en 3D de dessins animés classiques par Disney ont fait fureur au box-office ces dernières années, mais le studio compte sur son dernier-né, «Le Roi Lion», pour se propulser au sommet.

Avec un budget de 325 M$ et une distribution de vedettes comme Beyoncé pour les voix des personnages, les attentes sont grandes pour ce film qui retrace l’histoire culte du lionceau Simba vengeant la mort de son père.

Signe prometteur : la bande-annonce du nouveau Roi Lion a été regardée 225 millions de fois en 24 heures à sa sortie en novembre, battant des records chez Disney.

Presque chaque scène du film qui sort vendredi, de la crinière scintillante de Mufasa aux yeux étrangement réalistes des hyènes, a été créée à partir d’images générées par ordinateur.

Pourtant, Le Roi Lion n’est pas un film d’animation en 3D conventionnel.

Cinéma

Spider-Man reste en tête du box-office

NEW YORK — Le nouveau volet des aventures de l’homme-araignée, «Spider-Man: Loin de siens» a passé un second week-end au sommet du box-office nord-américain, devançant largement la concurrence, notamment «Histoire de jouets 4», selon des chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le septième film de la série, bien accueilli par la critique, a enregistré 45,3 millions de dollars de recettes aux États-Unis et au Canada de vendredi à dimanche.

Encore assez nettement en retrait par rapport aux épisodes les plus populaires en Amérique du Nord avec 274,5 millions de dollars de billets vendus depuis sa sortie, Spider-Man: Loin des siens pourrait prochainement devenir le volet aux meilleurs recettes mondiales, avec 847 millions de dollars à date contre 890 millions pour Spider-Man 3 (2007), selon les chiffre du site Box Office Mojo.

Le film reprend l’histoire de Spider-Man après la tragique conclusion d’Avengers: Phase finale. Peter Parker, l’héroïque adolescent qui se cache sous le masque de l’homme-araignée, effectue en séjour touristique en Europe avec son lycée, qui va se révéler mouvementé.

Loin derrière la nouvelle production du studio Marvel arrive «Histoire des jouets 4», qui maintient le cap avec 20,6 millions de dollars sur trois jours et 346,3 millions depuis sa sortie le 20 juin.

Sur la troisième marche du podium se place Terreur dans la tempête, une production hollywoodienne réalisée par le Français Alexandre Aja, grand spécialiste des films d’horreur (La colline a des yeux).

Bien accueilli par la critique, qui y a vu un honnête film de genre, Terreur dans la tempête se situe en Floride, frappée par un ouragan et une invasion d’alligators géants, qui font des ravages. Pour son premier week-end, il a réalisé 12 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord.

Autre sortie, mais dans un tout autre genre, la comédie déjantée Stuber arrive en quatrième position, avec 8 millions de dollars de billets vendus aux Etats-Unis et au Canada de vendredi à dimanche.

Troisième le week-end dernier, Yesterday rétrograde en cinquième position, avec 6,7 millions de dollars, et 48,3 millions en trois semaines.

Voici le reste du top 10:

6 - Aladdin: 5,8 millions de dollars sur le week-end et 331,4 en huit semaines

7 - Annabelle 3: Retour à la maison: 5,5 millions de dollars et 60,7 en trois semaines

8 - Midsommar: solstice d’été: 3,5 millions de dollars et 18,4 en deux semaines

9 - Comme des bêtes 2: 3,1 millions de dollars et 147,1 en six semaines

10 - Hommes en noir 3: International: 2,2 millions de dollars et 76,4 en cinq semaines

Cinéma

Des féministes manifestent contre la projection du film «Unplanned» au Québec

MONTRÉAL — Quelques dizaines de manifestants ont répondu à l’appel du collectif La Riposte féministe, vendredi après-midi, devant le cinéma Guzzo du Marché Central, à Montréal, l’une des cinq salles où est maintenant présenté le film «Unplanned» au Québec.

Les cinémas Guzzo sont pour l’instant les seuls de la province à projeter ce drame, à la fois produit et distribué par des entreprises chrétiennes, que certains dénoncent comme de la propagande antiavortement.

Le long-métrage s’inspire de l’histoire d’Abby Johnson, l’ex-directrice d’une clinique de planification familiale devenue une figure de proue du mouvement soi-disant «pro-vie».

Les militants réunis vendredi brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire «Touchez pas à nos ovaires» et ils scandaient des slogans tels que «Guzzo, macho, tu nous casses le clito!» et «Pas de profits pour les antichoix!».

En entrevue avec La Presse canadienne, une membre de La Riposte féministe a appelé au boycott des cinémas Guzzo en faisant valoir que leur propriétaire, Vincent Guzzo, a tort d’invoquer la liberté d’expression pour défendre sa décision de projeter «Unplanned».

«Ce film-là se présente comme de l’information neutre sur l’avortement alors que c’est un ramassis de mensonges qui essaie de pousser la peur et la culpabilité», s’indigne Sonia Palato, qui cite en exemple une scène d’avortement sanglante dans laquelle le personnage qui subit la procédure hurle de douleur.

«Instrumentaliser les émotions des gens, ça ne participe pas à un débat démocratique. C’est de la manipulation, avance-t-elle. Quand on est un diffuseur de cinéma, on a une responsabilité à prendre sur le message qu’on passe et se cacher derrière la liberté d’expression, c’est ne pas faire face à ses responsabilités.»

Pour Sonia Palato, le débat devrait porter non pas sur la légitimité du droit à l’avortement, mais bien sur son accessibilité qui laisse à désirer pour certains groupes plus vulnérables tels que les nouveaux arrivants.

Cineplex compte parmi les autres exploitants de salles de cinéma ayant choisi de présenter «Unplanned» au Canada. L’entreprise projette le film depuis vendredi dans 14 salles de son réseau, toutes à l’extérieur du Québec. Dans un communiqué publié plus tôt cette semaine, son président et chef de la direction, Ellis Jacob, a déclaré ne pas avoir pris cette décision à la légère.

«Je comprends les préoccupations concernant ce film, mais c’est à chacun d’entre nous de décider si nous voulons aller le voir ou non. Au Canada, nous sommes chanceux d’avoir cette option, et je pense que c’est un point important à retenir», a-t-il soutenu.

Les tracts distribués aux passants par La Riposte féministe vendredi accusent Guzzo et Cineplex de «faire du profit sur le dos de la santé sexuelle et reproductive des femmes cis, des hommes trans et des personnes non binaires et queers» dans un contexte où leur autonomie corporelle est sous attaque.

Les groupes antiavortement sont plus actifs qu’on ne le croit au Canada, galvanisés par les récentes avancées de leur mouvement aux États-Unis, signale-t-on.

L’un d’entre eux, Campagne Québec-Vie, indique sur son site web avoir mené «une longue lutte» pour la venue de ce film au Canada, dans l’espoir de rallier des gens à sa cause en montrant «divers aspects tragiques ou peu ragoûtants de l’avortement».

Cinéma

Le film de la semaine: «Le dernier homme noir de San Francisco» ****

CRITIQUE / «Le dernier homme noir de San Francisco» («The Last Black Man in San Francisco») devrait aboutir sur à peu près toutes les listes des meilleurs films de 2019. Ce long métrage magistral évoque autant le drame d’un jeune homme qui a perdu ses repères qu’une amitié hors-norme. Joe Talbot a de quoi être fier de cette première œuvre, primée à Sundance.

Dès les premiers plans — un long travelling qui suit une fillette gambadant sur le trottoir, un ralenti avec de la musique et une voix hors champ —, le spectateur sait qu’il aura droit à un bel objet cinématographique. Talbot affiche une surprenante maîtrise de la réalisation. Juste assez d’audace — aucunement maniérée — et beaucoup d’esprit dans ce récit sur la vie rêvée de Jimmie Fails : Le dernier homme noir… est largement autobiographique.

Cinéma

Mort de l'acteur Rip Torn, Z dans «Hommes en noir»

NEW YORK — L’acteur américain Rip Torn, qui incarnait le rôle de Z dans «Hommes en noir», est mort mardi à l’âge de 88 ans, a annoncé son agent.

«Torn est parti en paix cet après-midi [...] dans sa maison de Lakeville, dans le Connecticut, à l’âge de 88 ans. Sa femme Amy Wright, et ses filles Katie Torn et Angelica Page étaient à ses côtés», a annoncé Rick Miramontez dans un communiqué. 

«R.I.P [Rest in peace] Rip», a écrit son partenaire à l’écran dans Hommes en noir, Will Smith, sur son compte Instagram, accompagnée d’une photo des deux acteurs dans une scène d’une des plus grosses superproductions américaines des années 90. 

Né Elmore Rual Torn le 6 février 1931, au Texas, Rip Torn s’était d’abord illustré au théâtre, jusqu’à être sélectionné pour un Tony Award (récompenses théâtrales américaines) en 1960 pour son rôle dans la pièce de Tennessee Williams Doux oiseau de jeunesse. Il avait également été sélectionné en 1984 pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin pour Cross Creek. 

Dans les années 90, Torn avait joué le rôle d’Artie, le producteur d’un talk-show, dans la série télévisée The Larry Sanders Show. Une performance saluée par un Emmy Award en 1996. Avec plus de 200 films de télévision et de cinéma à son crédit, Torn avait notamment incarné Louis XV dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola en 2006. 

Cinéma

«Menteur»: le «Mozart de la bullshit» ** 1/2

CRITIQUE / Les films d’Émile Gaudreault sont à l’été ce que sont des plats comme la tourtière à l’hiver : une recette simple qui offre du réconfort. Le réalisateur des Père en flic renoue avec Louis-José Houde pour une histoire abracadabrante à propos d’un menteur compulsif— le «Mozart de la bullshit» — dont la mythomanie va conduire la Terre sur le bord de la 3e Guerre Mondiale. Rien de moins.

L’amusante prémisse de Menteur débordait de promesses, qui ne seront pas entièrement comblées. En cette ère post-factuelle, des moines bouddhistes craignent que «celui-qui-ment-comme-le-vent» provoque un dérèglement mondial en altérant la réalité.

Cinéma

L'accusateur de Kevin Spacey refuse de témoigner

NANTUCKET — L'homme qui accuse Kevin Spacey de lui avoir fait des attouchements dans un bar du Massachusetts en 2016 a refusé de témoigner, lundi, alors qu'il était interrogé par l'avocat de l'acteur sur des textos qui, selon la défense, auraient été supprimés.

Le refus de l'homme de témoigner a amené le juge à s'interroger sur la viabilité de la poursuite contre l'acteur oscarisé.

Arts

Menteur : dans la peau du «Mozart de la bullshit»

On parle déjà de Menteur comme la comédie de l’été au Québec. Cette production, qui marque une quatrième collaboration entre le réalisateur Émile Gaudreault et Louis-José Houde, plonge les spectateurs dans la vie de Simon, un mythomane aussi détestable qu’attachant.

Dans la peau de ce « Mozart de la bullshit » qui voit soudainement ses mensonges se concrétiser, Louis-José Houde s’est visiblement amusé... à sa façon. 

« J’ai fait quelques films, mais je n’ai pas de formation d’acteur. Je fais ça avec beaucoup d’humilité et d’écoute. Il n’y a pas beaucoup d’improvisation (...) Émile me laisse faire énormément de scènes ; je ne suis pas quelqu’un qui arrive dessus tout de suite, comme certains confrères et consœurs. Émile est très patient avec moi », racontait l’humoriste/comédien aux médias, cette semaine, à l’issue du visionnement de presse. 

Jouer un menteur compulsif « qui écœure tout le monde autour de lui » a été particulièrement agréable, dit-il, en avouant que son statut d’humoriste ne lui a jamais nui au cinéma. « Jamais personne, à aucun moment, ne m’a fait sentir outsider. Je suis très confiant sur un plateau. »

Dans cette production de 7 millions $, qui a nécessité 45 jours de tournage sur trois mois, Houde apparaît aux côtés d’acteurs d’expérience de la trempe d’Antoine Bertrand, Geneviève Schmidt, Anne-Élisabeth Bossé, Luc Senay, Véronique Le Flaguais, Patrice Coquereau, Marie-Lise Pilote et Sonia Vachon. 

Histoire fantaisiste 

Bien que les comparaisons avec Liar Liar avec Jim Carey soient inévitables, l’inspiration serait née d’un menteur compulsif évoluant dans l’entourage d’Émile Gaudreault. Il n’en fallait pas plus pour y voir un excellent sujet de long métrage. 

Mais au-delà des dizaines de mensonges possibles — et de leur potentiel comique —, il fallait écrire une histoire qui se tenait et où les sentiments avaient leur place. « S’il n’y a pas d’émotion, on fait ça pour rien, ça devient juste une farce », fait remarquer le réalisateur, qui est aussi coscénariste du film. 

De là l’idée de confronter Simon à ses mille et un bobards, en l’obligeant à les « réparer » un à un pour retrouver une vie normale et éviter une catastrophe imminente. Là-dessus, Émile Gaudreault n’a pas hésité à pousser la fantaisie à l’extrême, avec effets spéciaux et situations invraisemblables à l’appui. Et il l’assume complètement.

« Quand j’écris une histoire, je me demande comment je peux la rendre intéressante jusqu’à la fin. J’ai la préoccupation qu’elle se renouvelle pour continuer à surprendre les gens. Mais ça ne peut pas être n’importe quoi, juste parce que j’ai eu un flash. Il faut que le rythme soit naturel. Tous les bons scénarios, selon moi, se transforment constamment, se complexifient, un peu comme une plante qui pousse. »

Révélation 

Véritable révélation du film, l’actrice Catherine Chabot semblait aux anges parmi tous ces acteurs de renom, qualifiant de « boutte du boutte » ce premier rôle principal dans sa carrière, elle qui baigne surtout dans l’univers du théâtre. Il a fallu quatre auditions pour que la comédienne soit confirmée dans son rôle de Chloé, la traductrice (de russe) sans filtre qui s’amourache de Simon. 

« C’est un personnage qui me ressemble dans la vie », a-t-elle souligné, ravie que la production ait reconnu son côté comique. 

Ses nombreuses répliques en russe ont par ailleurs nécessité toute une préparation. « Je n’ai pas appris le russe, j’ai appris phonétiquement. Je ne savais pas ce que je disais ! J’ai été coachée. C’est un très beau défi dans lequel j’ai plongé avec joie. »

Émile Gaudreault s’est réjoui de la découverte de ce nouveau visage. « Catherine a un grand talent et de l’instinct. »

À LIRE AUSSI: Antoine Bertrand... en jumeau!

Menteur sort en salle le 10 juillet.

Arts

Antoine Bertrand... en jumeau!

Vous ne rêvez pas. Dans Menteur, on a confié à Antoine Bertrand le rôle du jumeau de Louis-José Houde. Il n’en fallait pas plus pour donner au film la cocasserie recherchée.

Car malgré cette improbable association, la chimie passe entre les deux comédiens. «Moi et Louis-José, on se connaissait très peu, à part une scène de Virginie qu’on avait tournée il y a bien longtemps. Mais là, c’est à la vie à la mort. Quand on embarque dans un marathon de comédie comme ça, ça resserre les liens et tout le monde pagaie dans la même direction, celle du rire», affirme-t-il au sujet de son partenaire de jeu.

Victime des fabulations de son frère Simon (Louis-José Houde), Phil (Antoine Bertrand) devient le gars le plus malchanceux qui soit. Vraiment.

Quand on lui demande si Menteur est le long métrage où il a été le plus malmené, le Granbyen d’origine confie qu’il a terminé le tournage avec des maux physiques. «À force de jouer ce gars badlucké et stressé, ça m’a tellement tendu que j’ai eu un problème de cou!»

Avec sa verve habituelle, Antoine Bertrand a rejeté la comparaison avec Liar Liar. 

«Ce serait un peu réducteur de le comparer. La proposition de Menteur est tellement forte que je trouve surprenant que personne ne l’ait fait avant. Quand on y pense, le mensonge est toujours à la base de la comédie. Chaque fois qu’on rit, si on fouille un peu, il y a un mensonge derrière. De prendre cette idée et de la développer durant deux heures, c’était brillant.» 

Cinéma

L'Incroyable histoire de facteur Cheval: Le palais du fou ***

CRITIQUE / Le titre de ce drame biographique de Nils Tavernier est extrêmement bien choisi. L’histoire de Ferdinand Cheval, homme modeste et humble, qui décide de construire à la main un palais pour sa fille est incroyable. Et fascinante. Le cinéaste français livre un film bien tourné sur l’amour inconditionnel et le courage dans les épreuves d’une chienne de vie.

Ce Palais idéal que le postier a érigé, pierre par pierre, pendant une trentaine d’années tient encore debout, un siècle plus tard. Classé monument historique par la France, il est considéré comme un chef-d’œuvre d’architecture naïve.

Cinéma

Gaza: La prison à ciel ouvert *** 1/2

CRITIQUE / Près de deux millions d’habitants s’entassent dans Gaza, une bande de terre de 41 kilomètres le long de la mer pratiquement encerclée par Israël. Ce qui fait dire à un des protagonistes de ce percutant documentaire sobrement intitulé «Gaza» que le lieu est comme une grande prison à ciel ouvert. Avec aucune possibilité de libération…

Garry Kean et Andrew McConnell ont choisi la bonne approche pour leur long métrage. Délaissant l’angle sociopolitique, ils donnent la parole à ces Palestiniens qui y tentent de vivre un semblant de vie normale. Leur œuvre n’en est pas moins engagée.

Cinéma

Olivier Masset-Depasse revisite Hitchcock avec «Duelles»

PARIS — Olivier Masset-Depasse aurait pu être bédéiste, lui qui a bénéficié très jeune de l’amitié de Franquin. Mais un choc cinématographique avec Lynch a fait bifurquer sa trajectoire. On peut y voir une certaine influence dans «Duelles», mais le réalisateur belge a surtout voulu revisiter le suspense à la Hitchcock. Son long métrage s’attarde au destin croisé d’Alice et Céline, deux voisines dont l’amitié va prendre une tournure étrange lorsque l’enfant de l’une d’elles fait une chute mortelle...

Q Il semble que ce long métrage est né de l’envie d’adapter Derrière la haine, le roman d’une amie?

Cinéma

Le film de la semaine: «Spider-Man — Loin des siens» ***

CRITIQUE / Jon Watts et ses acolytes ont tenté toute une pirouette acrobatique pour «Spider-Man — Loin des siens» («Far From Home») : amalgamer comédie sentimentale mièvre avec film d’action fantastique. Le résultat s’avère boiteux et formaté pour un public cible d’ados en vacances estivales, mais il s’avère un épilogue logique à la saga des Avengers.

Parlant de congé, Peter Parker (Tom Holland, charmant) part pour l’Europe avec sa classe et un duo de profs avec les pieds dans la même bottine. Il laisse son costume de Spider-Man à New York — l’ado veut tenter, très maladroitement, de conquérir le cœur de MJ (Zendaya), pas sauver le monde! Heureusement, tante May (Marisa Tomei) veille au grain.

Cinéma

L’Italie s’apprête à accueillir le tournage du prochain James Bond

ROME — Les préparatifs vont bon train dans le sud de l’Italie, dont deux régions s’apprêtent à accueillir les équipes de tournage et les acteurs du prochain James Bond, 25e opus de la série avec Daniel Craig dans le smoking du célèbre agent 007.

La ville de Matera, en Basilicate, capitale européenne de la culture 2019, et Gravina di Puglia, dans les Pouilles, ont été choisies par la production pour servir de théâtre à plusieurs scènes du film, selon les sites internet des deux communes du sud de la péninsule.

«Après avoir accueilli plusieurs productions nationales et internationales, nous allons affronter James Bond», s’est réjoui le maire de Gravina di Puglia, Alessio Valente.

Si les détails et les dates du tournage sont encore tenus secrets, le site de Gravina indique que la commune sera concernée pendant les mois «d’août et de septembre» par plusieurs séquences du film qui n’est encore connu que sous le nom de code «Bond 25».

«La phase cruciale approche», a précisé Alessio Valente dans un communiqué publié mardi après une réunion en mairie à laquelle ont participé les représentants de Lotus Production SRL, chargée de la production déléguée pour l’Italie du nouvel épisode des aventures du héros créé par Ian Fleming.

Selon des indiscrétions parues dans la presse locale, il semblerait que ce ne soient pas les célèbres Trulli, emblématiques habitations à toit conique des Pouilles, qui intéressent la production, mais une gare ferroviaire située sur la commune.

Daniel Craig de retour

L’acteur britannique Daniel Craig, qui endossera pour la cinquième (et dernière fois) le costume de 007, devrait aussi réaliser dans l’été quelques scènes d’actions dans la cité millénaire de Matera, en Basilicate.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Matera est connue pour ses maisons troglodytiques en pierre creusées à flanc de ravins dont certaines ont été transformées en boutiques ou en hôtels de luxe.

Matera a déjà servi de décor pour d’importantes productions cinématographiques dont L’Évangile selon Saint Matthieu (1965) de Pier Paolo Pasolini ou La Passion du Christ (2004) de Mel Gibson.

L’Italie a déjà accueilli à plusieurs reprises des tournages de James Bond : sur les rives du Tibre à Rome pour le récent Spectre ainsi qu’à Sienne, Venise, en Sardaigne ou sur les montagnes de Cortina d’Ampezzo (Vénétie).

Les acteurs et actrices Rami Malek, Naomie Harris, Léa Seydoux et Ben Whishaw figureront au générique du 25e épisode réalisé par l’Américain Cary Fukunaga, et dont la sortie est prévue en avril 2020.