Les réalisateurs noirs américains peinent encore à percer au cinéma

Cinéma

Les réalisateurs noirs américains peinent encore à percer au cinéma

Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK — Ils ont vu percer Ryan Coogler (La panthère noire), Barry Jenkins (Moonlight) ou Jordan Peele (Get Out) et saluent des progrès, mais beaucoup de réalisateurs afro-américains se heurtent encore à un milieu du cinéma loin de les accueillir à bras ouverts.

Charlie Buhler voulait faire un film d’action, un thriller sur fond de pandémie, une idée qui la travaillait bien avant le coronavirus.

La jeune trentenaire, métisse, est allée frapper à des portes, mais «c’est déjà dur pour une femme de faire un film d’action, alors une femme de couleur...»

Sans aucun moyen, elle a tout de même réalisé Before the Fire, en partie dans la ferme de sa grand-mère, dans le Dakota du Sud dont elle est originaire. Le film a été sélectionné au festival international de Harlem, qui s’achève ce dimanche, en version virtuelle.

Ces cinq dernières années, un nombre inédit de metteurs en scène afro-américains ont accédé à la reconnaissance mondiale, dans des genres très différents, le plus visible étant Ryan Coogler, dont le Black Panther a ramassé 1,3 milliard de dollars au box-office.

«Les choses ont changé», observe Cheryl Hill, productrice noire et ancienne cadre des studios Disney. «Il y a plus de demandes. […] On ne peut pas encore parler de 2020, mais 2018 et 2019 ont été de bonnes années. J’ai espoir.»

Tous mentionnent le rôle des plateformes vidéo, Netflix notamment, qui ont ouvert des horizons aux minorités.

La baisse du prix du matériel et l’accès à internet ont aussi permis de faire plus facilement des films et de les présenter au public.

«Quand j’ai commencé», il y a plus de 20 ans, «ils disaient : il n’y a pas de marché» pour les films avec des acteurs noirs, se souvient Cheryl Hill, cofondatrice de la Harlem Film Company. «La suite a prouvé que c’était ridicule.»

Les Oscars montrent la voie 

Mais les portes ne se sont pas ouvertes en grand pour autant, constatent de nombreux professionnels.

«Je n’allais nulle part», se souvient Charlie Buhler, 32 ans aujourd’hui, «alors que les hommes blancs de mon âge gravissaient les échelons parce qu’on leur donnait leur chance, bien qu’ils n’aient aucune expérience.»

«L’industrie du cinéma est basée, depuis longtemps, sur l’apprentissage», explique Jonathan Tazewell, dont le film Gotta Get Down To it, a également été retenu par le festival, connu pour son ouverture à la diversité.

«L’idée, c’est vraiment de pousser quelqu’un que tu connais», dit-il. «Et si cela n’arrive qu’entre une personne blanche et une autre personne blanche, alors le visage de l’industrie ne peut pas changer.»

En 2019, la proportion des comédiens noirs dans les films aux États-Unis était de 15,7 %, supérieure à leur part dans la population américaine (13,4 %), selon une étude publiée début septembre par l’Annenberg Inclusion Initiative, un centre de réflexion rattaché à l’université de Californie du Sud (USC).

Mais derrière la caméra, parmi les 100 films américains à avoir rapporté le plus, seuls 6,3 % des réalisateurs étaient afro-américains. Quelque 93 % des producteurs étaient des hommes blancs.

La semaine dernière, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a mis en place une série de critères qu’une oeuvre devra remplir pour prétendre à l’Oscar du meilleur film, à compter de 2024.

Distribution, équipe technique, mais aussi production, ou programmes d’apprentissage à destination des minorités, il faudra désormais donner des gages de diversité.

Depuis sa création il y a 15 ans, le festival de Harlem a dans son ADN la mission de «présenter un nombre important de films (qui émanent de) voix sous-représentées», selon Nasri Zacharia, le directeur de programmation. «Nous donnons de la visibilité, de la reconnaissance.»

Pour Jonathan Tazewell, c’est maintenant aux grands festivals d’emboîter le pas, en adoptant des mesures similaires à celles des Oscars.

«La discrimination positive a mauvaise réputation parce que derrière, il y a l’idée que les gens qui en bénéficient ne le méritent pas», considère Charlie Buhler, «alors que ce n’est pas le cas. La communauté blanche bénéficie d’une forme de discrimination positive depuis des siècles.»

L’accélération du mouvement Black Lives Matter depuis le printemps infusera-t-elle le milieu de la culture en général et celui du cinéma en particulier ?

«Après le début du  #MoiAussi, se souvient Charlie Buhler, j’ai senti une vraie évolution dans les relations entre hommes et femmes. J’espère que ce sera la même chose cette fois.»

<em>Coronation</em>: Wuhan au temps du coronavirus, vu par Ai Weiwei [VIDÉO]

Cinéma

Coronation: Wuhan au temps du coronavirus, vu par Ai Weiwei [VIDÉO]

Joëlle Garrus
Agence France-Presse
PARIS — Bourreau de travail et artiste engagé, Ai Weiwei signe un film sur le confinement à Wuhan, Coronation, qui jette une lumière crue sur l’efficacité de la machine chinoise pour lutter contre le nouveau coronavirus, au prix d’une grande déshumanisation.

Quand l’épidémie éclate à Wuhan, l’idée du film, d’un «enregistrement pour l’Histoire», s’impose comme une évidence à Ai Weiwei, en Europe depuis cinq ans.

«Ce virus tragique s’est répandu dans le monde et continue d’affecter nos vies. Il a probablement eu l’impact le plus fort sur le globe depuis la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a aucun doute sur l’urgence et la nécessité d’un tel film. La situation nécessite une connaissance beaucoup plus approfondie et des informations de première main sur ce qui se passe», dit à l’AFP «le plus connu des artistes chinois» comme l’a baptisé le Financial Times, aujourd’hui installé au Royaume-Uni.

Pas question de laisser faire «la propagande d’État». «En tant qu’artiste», Ai «croit à l’engagement», surtout à une époque «où les flots d’information rendent les gens paresseux et incapables de prendre position» — «un danger pour la société». Il active alors son énorme réseau: artistes, activistes et autres volontaires. Douze prendront la caméra.

Même de Rome où il doit mettre en scène Turandot, l’opéra de Giacomo Puccini dans une version moderne, avec des références à la crise de Hong Kong (finalement reporté à cause de la pandémie), l’artiste multi-facettes continue d’oeuvrer à distance, de donner quotidiennement des instructions à l’équipe. «Tous les soirs nous téléchargions ce qu’ils nous envoyaient. Grâce au décalage horaire, on a travaillé 24 heures sur 24.»

Le fruit de ces efforts met en relief l’implacable performance des autorités chinoises : déploiement de moyens immenses, règles ultra-strictes. Et son corolaire : individus écrasés, déshumanisés. Il y a ces patients qui se disent guéris et ne peuvent quitter l’hôpital, un ouvrier venu bâtir un nouvel hôpital, désormais désargenté et à la rue, mais que l’on ne laisse pas rentrer chez lui, ces familles privées de rites de deuil...

«Quels sacrifices ?»

«Il ne fait aucun doute que la Chine a maîtrisé cette pandémie dévastatrice avec une efficacité incroyable», par rapport à d’autres pays. Mais au-delà de ce constat, «il faut aussi demander de quel type de société il s’agit et quel genre de sacrifices ils ont consentis pour faire face», souligne Ai.

Des objets personnels du <em>Pianiste</em> de Polanski mis en vente à Varsovie

Arts et spectacles

Des objets personnels du Pianiste de Polanski mis en vente à Varsovie

Bernard Osser
Agence France-Presse
VARSOVIE — Une montre à gousset en argent, un stylo plume et d’autres objets ayant appartenu au compositeur juif-polonais Wladyslaw Szpilman, immortalisé dans Le Pianiste de Roman Polanski, seront mis en vente la semaine prochaine dans la capitale polonaise.

«Cette montre et ce stylo achetés lors d’un voyage à Paris en 1937 ont survécu avec lui à toute la période du ghetto, puis l’ont accompagné dans les ruines de Varsovie», explique à l’AFP son fils Andrzej, qui a organisé la vente aux enchères avec son frère Krzysztof.

Les productions cinéma et télé ne peuvent pas obtenir d’«assurance COVID-19»

Cinéma

Les productions cinéma et télé ne peuvent pas obtenir d’«assurance COVID-19»

La Presse Canadienne
OTTAWA — Les producteurs de films et d’émissions de télévision affirment que des centaines de productions — et près de 20 000 emplois directs — sont menacées à très court terme si Ottawa n’intervient pas rapidement pour remédier à l’absence de couverture d’assurance en cas d’interruption de tournage due à la COVID-19.

L’Association canadienne des producteurs médiatiques (CMPA) et l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) affirment qu’un volume de production de plus d’un milliard de dollars est menacé au Canada en raison du manque d’options d’assurance en cas d’interruption sanitaire.

Selon un sondage mené par les deux associations, les tournages de 214 projets de films et de télévision au Canada ne peuvent aller de l’avant puisque les compagnies d’assurance excluent de leur couverture les risques liés à la COVID-19. Ces productions généreraient 19 560 emplois directs, selon les associations de producteurs.

Au Québec seulement, 93 productions seraient paralysées à cause de cette absence de couverture d’assurance, pour un volume de production de 251 millions $ et 7353 emplois en jeu.

Les deux associations de producteurs avaient proposé en juin à Ottawa la création d’un programme gouvernemental de compensation, mais elles affirment aujourd’hui que le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas encore donné suite. Elles exhortent donc le gouvernement fédéral à intervenir «avant qu’il ne soit trop tard».

L’Association québécoise de la production médiatique représente plus de 150 maisons de production. Sa PDG, Hélène Messier, estime qu’«en raison de ce délai injustifiable, le gouvernement fédéral met non seulement en péril la prospérité économique de tout un secteur, mais il réduit drastiquement le nombre de productions québécoises et canadiennes qui occuperont nos écrans au cours des prochains mois, au bénéfice des contenus étrangers».

Plusieurs productions ont été interrompues au début de la pandémie en mars, mais certains plateaux de tournage reprennent progressivement, en appliquant des mesures sanitaires. C’est le cas, par exemple, de la série télévisée District 31, dans laquelle les personnages sont toujours en distanciation dans un même plan, sans jamais évoquer la COVID-19.

L’acteur Roger Carel, la voix d’Astérix, décède à 93 ans

Cinéma

L’acteur Roger Carel, la voix d’Astérix, décède à 93 ans

Agence France-Presse
PARIS — L’acteur Roger Carel, comédien et légende du doublage francophone, qui a prêté sa voix à de nombreux personnages de dessin animé dont Astérix et Mickey, est décédé à l’âge de 93 ans, a-t-on appris vendredi auprès de son fils.

L’acteur est mort le 11 septembre et a été inhumé dans la plus stricte intimité à Villejésus (ouest) jeudi, a précisé à l’AFP son fils Nicolas.

Anaïs Barbeau-Lavalette: Sur la corde raide

Cinéma

Anaïs Barbeau-Lavalette: Sur la corde raide

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
La déesse des mouches à feu a beau être une adaptation, il y a beaucoup d’Anaïs Barbeau-Lavalette dedans. Parce que le cadre de ce récit initiatique — les tumultueuses années grunge — est celui de son adolescence où la femme de 41 ans a été, à l’image de son héroïne, sur une vertigineuse corde raide. Le Soleil s’est entretenu avec la réalisatrice de ce long métrage sans compromis et de l’acceptation de son double statut de cinéaste et d’auteure (même si le chapeau de la militante n’est jamais bien loin).

Q Le plancher des vaches, Ma fille n’est pas à vendre, en documentaire, et maintenant La déesse des mouches à feu, en fiction, tes trois derniers films ont en commun l’adolescence. D’où vient cet intérêt?

Kelly Dépeault : Vivre le moment présent

Cinéma

Kelly Dépeault : Vivre le moment présent

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Kelly Dépeault joue dans la série L’échappée depuis 2016. L’actrice de 18 ans n’était pas une débutante lorsqu’elle s’est présentée pour un rôle dans La déesse des mouches à feu. Mais elle avait tellement l’impression d’avoir manqué son audition, qu’elle est partie en plein milieu de celle-ci. Anaïs Barbeau-Lavalette, elle, était convaincue d’avoir trouvé sa Catherine. La réalisatrice l’a persuadée de revenir.

Depuis, Kelly Dépeault a accompagné le film au Festival de Berlin et à celui de Québec, où il était présenté jeudi en première nord-américaine. Il en faut plus pour l’impressionner. La jeune femme est plutôt du genre à ne pas trop s’en faire. «Je ne me crée pas d’attente. Le moment présent, c’est la clé!»

<em>La déesse des mouches à feu</em> : D’une femme à l’autre

Cinéma

La déesse des mouches à feu : D’une femme à l’autre

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
La déesse des mouches à feu étant largement autobiographique, il était dans l’ordre des choses que le flambeau se soit passé d’une femme à l’autre : écrit par Geneviève Pettersen, scénarisé par Catherine Léger et réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette. Le Soleil s’est entretenu avec les deux premières pour savoir comment le populaire roman s’est transformé en long métrage.

Geneviève Pettersen se réjouit d’abord que long processus ait finalement abouti à quelque chose de concret (ce qui s’avère loin d’être le cas pour plusieurs projets de film). Voir son livre à l’écran, «c’est assez surréaliste et vertigineux». D’autant «qu’il y a une charge émotive qui est différente que si j’avais complètement écrit de la fiction.» L’autrice s’est inspirée de son adolescence rock’n’roll au Saguenay pour ce récit initiatique.

<em>Le diable, tout le temps</em>: Descentes aux enfers *** 1/2 [VIDÉO]

Cinéma

Le diable, tout le temps: Descentes aux enfers *** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Le diable, tout le temps creuse profondément dans les questions qui tiraillent l’humanité depuis toujours, surtout celles relatives au bien et au mal. Qui, la plupart du temps, se côtoient intimement, surtout chez les gens très croyants. Dans ce drame psychologique choral extrêmement bien construit, Antonio Campos nous entraîne dans une série de descentes aux enfers portée par une extraordinaire distribution. 

Le long métrage se déroule entre la Seconde Guerre mondiale et le Vietnam, dans l’Amérique rurale. Willard Russell (Bill Skarsgård) est hanté par une scène d’horreur vécue dans le Pacifique Sud. Le vétéran fonde une famille, à l’écart du bien nommé Knockemstiff, Ohio, un village de 400 âmes consanguines… Mais après neuf ans d’un bonheur tranquille, sa femme Charlotte (Haley Bennett) se meurt du cancer. Une tragédie qui va changer le destin de leur fils Arvin.

En parallèle, le récit s’intéresse aux trajectoires d’un couple de tueurs en série (Jason Clarke et Riley Keough) qui photographient ses meurtres rituels ; d’un jeune révérend libidineux (Robert Pattison) ; d’un shérif corrompu jusqu’à la moelle (Sebastian Stan) et d’un prédicateur fou à lier (Harry Melling).

Des personnages qui semblent tout droit sortis d’un asile d’aliénés, mais qui, pourtant, obéissent à une logique toute biblique comme le titre l’indique. Et qui finiront tous par être lié, d’une façon ou d’une autre, à Arvin (Tom Holland), devenu jeune adulte.

Il est beaucoup question de la Foi dans Le diable, tout le temps. Mais aussi de péché, de désillusion, de filiation et de transmission. Car Arvin, qui cherche le bien, a hérité du potentiel de violence de son père Willard…

Antonio Campos (Christine) aurait pu se complaire dans cette violence. Il a plutôt choisi une approche plus distancée. La brutalité est d’ordre psychologique et s’apparente à la tension du film noir (des rapprochements avec l’excellent La nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton, tant sur le fond que la forme, viennent évidemment à l’esprit). Cette tension augmente d’ailleurs au fur et à mesure que le long métrage progresse.

Sans faire d’esbroufe, le réalisateur s’est efforcé avec habileté de tisser la toile du récit et de boucler la boucle (à la Altman, le regretté spécialiste du film choral). Il faut dire qu’il avait une matière première de qualité : le roman du même nom de Donald Ray Pollock. Le natif de Knockemstiff (pour vrai) agit comme narrateur, liant les divers chapitres.

Je suis le premier à défendre le cinéma en salle. Mais ce genre de film, exigeant et digne d’une certaine dramaturgie classique (Arthur Miller, Tennessee Williams, Sam Shepard, David Mamet, tous adaptés), obtient de moins en moins l’aval des cinq grands studios hollywoodiens.

Le projet a donc trouvé refuge auprès de Netflix, ce qui a permis non seulement au Diable, tout le temps de voir le jour, mais d’être porté par une pléiade d’interprètes tous aussi bons les uns que les autres. Ce qui peut expliquer qu’une actrice de la trempe de Mia Wasikowska ait accepté d’y jouer un tout petit rôle.

Oui, Campos aurait pu resserrer la structure pour gagner en efficacité dramatique. Mais quand tous les morceaux tombent en place, le spectateur est happé par le récit, jusqu’à sa finale qui nous maintient sur le bout de notre divan.

Pas surprenant qu’il soit, depuis quelques jours, dans le top 10 du géant de la webdiffusion.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Le diable, tout le temps

Genre : Drame psychologique

Réalisateur : Antonio Campos

Acteurs : Tom Holland, Robert Pattison, Jason Clarke, Riley Keough

Durée : 2h13

Un documentaire sur <em>Incendies</em> offert gratuitement

Cinéma

Un documentaire sur Incendies offert gratuitement

La Presse
Pour souligner le 10e anniversaire du film Incendies, sorti au Québec le 17 septembre 2010, Se souvenir des cendres, le documentaire qu’a réalisé à l’époque Anaïs Barbeau-Lavalette sur le tournage du film de Denis Villeneuve en Jordanie, est offert gratuitement sur la plateforme Vimeo dès maintenant.

«J’ai pu suivre le tournage avec, vraiment, une très grande proximité, a raconté à La Presse Anaïs Barbeau-Lavalette. Je me sens extrêmement privilégiée d’avoir pu suivre Denis pendant toutes les étapes. J’avais un peu pris le pari de raconter le film dans le film, en fait. Denis faisait de grands tableaux majestueux et j’ai pu m’insérer dans ces tableaux pour aller parler aux figurants.» 

Inclus dans les suppléments du Blu-ray/DVD d’Incendies, le film d’Anaïs Barbeau-Lavalette était complètement absent des plateformes jusqu’à aujourd’hui. Incendies est par ailleurs offert sur les plateformes Illico, Google Play, iTunes et YouTube. 

<em>Le club Vinland </em>en première nord-américaine en Abitibi

Cinéma

Le club Vinland en première nord-américaine en Abitibi

La Presse
Le club Vinland, plus récent film de Benoit Pilon, ouvrira la 39e édition du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT), qui se tiendra du 31 octobre au 5 novembre.

Mettant en vedette Sébastien Ricard, Rémy Girard, François Papineau, Émilie Bibeau et plusieurs autres, le film raconte l’histoire d’un frère, Jean, qui devient très populaire auprès des jeunes dans un collège de l’est du Québec à la fin des années 1940. Ses méthodes ne font toutefois pas l’affaire de ses supérieurs. 

Le film de Benoit Pilon devait sortir le 17 avril, mais la pandémie en a décidé autrement. Il a été projeté il y a deux semaines en première mondiale à Pékin, où il faisait partie de la sélection officielle. Le film prendra l’affiche au Québec le 4 novembre. C’est par ailleurs le documentaire Danser sous la pluie de la Rouynorandienne Rachelle Roy qui a été retenu comme film de clôture. Cette femme dans la trentaine a vu sa vie bouleversée par un cancer du sein. Avec son téléphone cellulaire, elle a filmé les différents chapitres de sa lutte contre la maladie.

Cinemania s’enrichit d’une version en ligne

Cinéma

Cinemania s’enrichit d’une version en ligne

La Presse
Le 26e festival Cinemania de Montréal se tiendra cette année dans son circuit de salles habituel, dans le respect des mesures sanitaires. Il s’enrichira également d’une programmation en ligne, accessible partout au Québec et au Canada, et d’une prolongation d’une semaine!

Les projections «physiques» auront lieu du 4 au 15 novembre au Cinéma Impérial, au Cinéma du Musée, au Cinéma du Parc et à la Cinémathèque québécoise. 

La sélection, constituée de 50 longs métrages, de 30 courts métrages et de contenus exclusifs, sera également proposée quasi intégralement sur le web du 4 au 22 novembre. Trois titres ont déjà été dévoilés : La nuit des rois, de Philippe Lacôte (en préouverture), Été 85, de François Ozon, et Slalom, de Charlène Favier.

<em>Nadia, Butterfly </em>: Un podium pour Pascal Plante **** [VIDÉO]

Cinéma

Nadia, Butterfly : Un podium pour Pascal Plante **** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Une sélection pour le Festival de Cannes n’est pas nécessairement un gage d’excellence, mais dans le cas de Nadia, Butterfly les attentes (élevées) se sont avérées comblées. Pascal Plante livre un touchant drame sportif, extrêmement bien tourné et avec un propos original sur le vertige qui saisit les athlètes de pointe au moment de la retraite. Il mérite une place sur notre podium 2020.

Lui-même un ex-athlète visant une participation aux Jeux olympiques, Pascal Plante s’est inspiré de son expérience, tout en proposant une trajectoire éloignée de la sienne.

Il y a 50 ans: <em>Le Mans</em> ou le crash hollywoodien de Steve McQueen

Cinéma

Il y a 50 ans: Le Mans ou le crash hollywoodien de Steve McQueen

Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse
LE MANS — Bien avant le succès de Ford contre Ferrari, sorti en salle en fin d’année dernière, Hollywood s’était déjà essayé il y a 50 ans à capturer le mythe des 24 heures avec le film Le Mans, dont l’acteur principal est Steve McQueen, un désastre critique et financier.

Tourné en août et septembre en décor naturel sur le circuit manceau, le film s’était à l’époque attiré les commentaires acerbes des spécialistes qui n’y retrouvaient pas la lumière de juin, le mois pendant lequel se court traditionnellement cette épreuve légendaire.

COVID: Scorsese s’inquiète que le cinéma soit «relégué au second plan»

Cinéma

COVID: Scorsese s’inquiète que le cinéma soit «relégué au second plan»

Michel Comte
Agence France-Presse
OTTAWA — Le cinéma est en train d’être «relégué au second plan et dévalorisé» pendant la pandémie de coronavirus, a averti le réalisateur américain Martin Scorsese lors d’une présentation virtuelle au Festival international du film de Toronto.

«Le fait que les festivals de cinéma continuent d’avoir lieu — improvisent, s’adaptent, font en sorte que tout fonctionne d’une façon ou d’une autre — est très émouvant pour moi», a déclaré l’auteur du film oscarisé Les Affranchis.

À voir au Festival de cinéma de la ville de Québec jeudi

Cinéma

À voir au Festival de cinéma de la ville de Québec jeudi

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil

À cœur battant
Keren Ben Rafael
Salle virtuelle Quebecor, 19h

Un film qui résonne fort par les temps qui courent où nous communiquons la plupart du temps par écrans interposés. Du jour au lendemain, le couple fusionnel se voit contraint de se séparer. Lui se retrouve à Tel-Aviv, sa ville natale, elle reste à Paris avec le bébé. Comment la famille va-t-elle résister à cette relation à distance? En compétition

Énorme
Sophie Letourneur
Salle virtuelle Hydro-Québec, 19h

La comédie de la réalisatrice française a une prémisse bien contemporaine : le désir d’enfant last call. Claire (Marina Foïs) se retrouve enceinte à 40 ans alors qu’elle n’a jamais voulu — contrairement à Frédéric (Jonathan Cohen). Et devient aussi énorme qu’une baleine… Le film prendra l’affiche le 16 octobre au Québec.

<em>La déesse des mouches à feu</em>: un lancement particulier au FCVQ

Cinéma

La déesse des mouches à feu: un lancement particulier au FCVQ

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
La situation ne pourrait pas être plus étrange. Après une première mondiale à la Berlinale devant des salles pleines, en février, La déesse des mouches à feu sera présenté jeudi soir en première québécoise au Festival de cinéma de la ville de Québec en présence d’un auditoire restreint en raison des contraintes sanitaires liées à la COVID-19. La situation sera semblable lorsqu’il prendra l’affiche au cinéma le 25 septembre. Anaïs Barbeau-Lavalette ne se laisse pas démonter pour autant.

«J’ai l’impression que le film qui peut faire du bien même s’il n’est pas fait pour faire du bien, soutient la réalisatrice en entrevue téléphonique au Soleil. Paradoxalement, dans le contexte actuel, c’est tellement un film qui est chargé d’une pulsion de vie, dans le corps, la chair, la fête musicale…

Robert Lepage sur le tapis rouge du FCVQ

Cinéma

Robert Lepage sur le tapis rouge du FCVQ

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
Malgré la COVID-19, une poignée d’artistes ont foulé le tapis rouge du Festival de cinéma de la ville de Québec, exceptionnellement déplacé au Cineplex Odeon Sainte-Foy cette année. Outre l’équipe de Nadia, Butterfly, drame sportif de Pascal Plante dont c’était la première mondiale en salle, on remarquait la présence de Robert Lepage et de Martin Villeneuve.

L’acteur et dramaturge joue en effet dans le court métrage du second. Imelda 2 — Le notaire, aussi en première mondiale, était projeté en présence des parents et sources d’inspiration du réalisateur québécois (et accessoirement frère de Denis). Martin Villeneuve joue en compagnie de Robert Lepage dans le film.

Le FCVQ se poursuit jusqu’au 20 septembre.

Les républicains s’emparent de <em>Mignonnes </em>pour mener une croisade sur la pédopornographie [VIDÉO]

Cinéma

Les républicains s’emparent de Mignonnes pour mener une croisade sur la pédopornographie [VIDÉO]

Thomas Urbain
Agence France-Presse
Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK — La droite américaine se mobilise contre le film français Mignonnes, mis en ligne par Netflix et taxé d’hypersexualiser des enfants, jusqu’à accuser les milieux culturels, voire ses adversaires démocrates, de laxisme sur la question de la pédophilie.

Plusieurs républicains locaux avaient déjà relayé la semaine dernière l’appel au boycottage de Netflix, qui a mis en ligne le 9 septembre Cuties, le titre américain du film de Maïmouna Doucouré.

<em>Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci</em> : Fascinant mais convenu ***

Cinéma

Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci : Fascinant mais convenu ***

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Une précision en partant : Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci n’a rien à voir avec la série de longs métrages Une nuit au musée avec Ben Stiller, même si l’artiste et inventeur a fait l’objet de nombreux films. Il s’agit plutôt d’un documentaire sur l’exposition consacrée au génie italien pour le 500e anniversaire de sa mort, en 2019, au célèbre musée parisien.

Remarquez, le principe s’avère semblable : la nuit, loin de la foule des promeneurs, les œuvres se révèlent sous une tout autre perspective. Les conservateurs Vincent Delieuvin et Louis Frank sont nos guides pour cette visite privée conçue spécifiquement pour le cinéma.

Madonna réalisera un film sur elle-même [VIDÉO]

Cinéma

Madonna réalisera un film sur elle-même [VIDÉO]

Agence France-Presse
NEW YORK — La vie de Madonna portée à l’écran, par Madonna elle-même: c’est ce qu’a annoncé mardi l’artiste, qui entend ainsi partager son «incroyable parcours» en forme de «montagnes russes».

L’artiste aux quelque 40 ans de carrière, qui a brisé toutes sortes de tabous sur le sexe ou la religion, va réaliser ce nouveau drame biographique pour les studios Universal, selon un communiqué publié sur son site internet.

Appel au boycott de <em>Mignonnes</em>: «une attaque contre la liberté de création»

Cinéma

Appel au boycott de Mignonnes: «une attaque contre la liberté de création»

Agence France-Presse
PARIS — L’appel au boycott du film français Mignonnes» sur Netflix aux États-Unis est «une grave attaque contre la liberté de création», a jugé mardi l’ARP, structure qui représente les auteurs, réalisateurs et producteurs hexagonaux.

Ce film est accusé par des milliers d’internautes américains de sexualiser les enfants qui en sont les héroïnes. Sa réalisatrice, Maïmouna Doucouré, et Netflix soulignent à l’inverse que le propos du film est justement de dénoncer la sexualisation des enfants.

Coronavirus: le Festival de cinéma de Busan en version restreinte

Cinéma

Coronavirus: le Festival de cinéma de Busan en version restreinte

Agence France-Presse
SÉOUL — Le Festival international de cinéma de Busan, en Corée du Sud, est contraint de bouleverser son programme habituel en raison de la pandémie de coronavirus, ont annoncé les organisateurs.

Le plus grand festival de cinéma d’Asie est généralement très prisé des grandes vedettes et personnalités de l’industrie cinématographique, qui viennent d’Asie mais également du reste du monde, passer dix jours dans cette ville portuaire.

TIFF: Idris Elba évoque un message d'espoir contre le racisme 

Cinéma

TIFF: Idris Elba évoque un message d'espoir contre le racisme 

Andrew Marszal
Agence France-Presse
LOS ANGELES — Sa principale vedette est britannique et son réalisateur blanc. Mais Concrete Cowboy, un nouveau film qui dépeint une communauté noire d’éleveurs de chevaux à Philadelphie, offre un message d’espoir en plein mouvement contre le racisme aux États-Unis, a estimé Idris Elba.

«Il était essentiel pour nous de raconter une histoire sur les choix auxquels un jeune homme peut être confronté dans ce pays», a déclaré l’acteur afro-américain, interrogé sur les violences policières contre les personnes noires aux États-Unis, à l’occasion du Festival international du film de Toronto (TIFF).

TIFF: une pie vole la vedette à Naomi Watts

Cinéma

TIFF: une pie vole la vedette à Naomi Watts

Michel Comte
Agence France-Presse
OTTAWA — L’actrice Naomi Watts, qui a travaillé avec de grands noms de Hollywood comme David Lynch et Sean Penn, a reconnu qu’une pie lui volait la vedette dans plusieurs scènes du film Penguin Bloom présenté samedi au Festival international du film de Toronto (TIFF), qui se tient en formule virtuelle.

Naomi Watts joue le rôle de Sam Bloom dans l’histoire vraie, tirée du livre éponyme Penguin Bloom, dans laquelle un oiseau blessé, baptisé Penguin (pingouin), aide une famille, dont la mère est paralysée après une chute, à surmonter ce drame.

La Mostra décerne le Lion d’or à <em>Nomadland,</em> ode aux perdants de l’Amérique

Cinéma

La Mostra décerne le Lion d’or à Nomadland, ode aux perdants de l’Amérique

Francois Becker
Agence France-Presse
VENISE — Un autre film américain couronné à Venise : Nomadland, porté par la présence magnétique de l’actrice aux deux Oscars Frances McDormand, a remporté le Lion d’or au terme d’une édition marquée par la crise du coronavirus.

Chloé Zhao, réalisatrice américaine d’origine chinoise de 38 ans, est la première femme à recevoir ce prestigieux prix, depuis le couronnement en 2010 de Sofia Coppola pour Somewhere.

Mostra: Frances McDormand prend la route des perdants de l’Amérique

Cinéma

Mostra: Frances McDormand prend la route des perdants de l’Amérique

Francois Becker
Agence France-Presse
VENISE — Pour Nomadland, l’un des films les plus attendus de la Mostra de Venise, l’actrice aux deux Oscars Frances McDormand s’est glissée dans la peau d’une femme brisée qui plaque tout pour vivre dans un van, son «rêve américain» à elle.

Ce road trip mélancolique, projeté vendredi et signé Chloé Zhao, est une plongée dans l’univers des van dwellers («habitants des caravanes»), ces Américains qui vivent dans leur véhicule aménagé, enchaînant les petits boulots. Ils se retrouvant en communauté, au hasard de leur route, ou sur les réseaux sociaux ( #vanlife).

Pékin soutient le film <em>Mulan</em> de Disney face à la polémique

Cinéma

Pékin soutient le film Mulan de Disney face à la polémique

Agence France-Presse
PÉKIN — La Chine a soutenu vendredi le film Mulan de Disney, qui fait l’objet d’appels au boycott à la suite du tournage de scènes dans la région chinoise du Xinjiang, où Pékin est accusé de violations des droits de l’Homme.

Cette superproduction au budget de 200 M$ US s’inspire d’une légende chinoise, celle d’une femme de la Chine ancienne se déguisant en homme afin de partir combattre, en remplacement de son père vieillissant.

Sorti en Chine vendredi, il est la cible d’une récente polémique, notamment en Occident, car Disney adresse à la fin du film ses remerciements à des instances du gouvernement, de la sécurité publique, et du Parti communiste chinois (PCC) du Xinjiang (nord-ouest).

De nombreuses associations de défense des droits humains se sont émues du tournage de scènes dans cette région, en raison du traitement de la minorité musulmane des Ouïghours.

Longtemps frappé par des attentats sanglants perpétrés par des membres de cette ethnie, le Xinjiang fait l’objet depuis plusieurs années d’une ferme reprise en main sécuritaire.

Plus d’un million de personnes sont ou ont été internées dans des camps, selon des organisations de défense des droits de l’Homme. La Chine affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l’éloigner de la tentation de l’extrémisme religieux.

«Que le film adresse ses remerciements au gouvernement du Xinjiang suite à l’aide apportée, quoi de plus normal», a déclaré vendredi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Mulan avait déjà fait l’objet d’une controverse l’an passé. La star du film, l’actrice américaine d’origine chinoise Liu Yifei, a exprimé son soutien à la police de Hong Kong face aux violences ayant émaillé les manifestations pro-démocratie à Hong Kong.

«Selon moi, c’est la Mulan d’aujourd’hui», a déclaré Zhao Lijian en référence à l’hostilité qu’elle a dû affronter après ses propos. «C’est une authentique Chinoise!»

Pour son premier jour dans les salles en Chine, la superproduction fait l’objet de critiques en ligne très négatives des spectateurs. Il est noté seulement 4,7/10 sur la plateforme chinoise de référence Douban.com.

«Mulan, c’est vraiment une histoire connue de tous. Les gens ont peut-être une vision différente de cette légende», déclare à l’AFP Hu Xia, 46 ans, venue voir le film avec son fils dans un cinéma de Pékin. «Moi je trouve ça plutôt réussi.»