Karim Slama

Cinéaste de scène à Coaticook (vidéo)

Ceux que la retraite prématurée de Michel Courtemanche, en 1997, avait laissés sur leur faim pourront se rassasier avec Karim Slama, un humoriste à la fois physique et technique, drôle et touchant. Ce n'est pas l'effet du hasard si l'humoriste québécois, vu dans les derniers Bye bye, signe l'adaptation artistique de ce best of des trois derniers spectacles du Suisse, en tournée au Québec pour la première fois.
«Quand j'avais 13 ou 14 ans, Michel était une méga star pour moi, confie Karim. Il représentait tout ce que j'aimais dans les spectacles. De l'avoir avec moi, c'est un peu un rêve presque inaccessible, mais c'est aussi très cohérent. Il est le maître de ce que je fais et de travailler avec le maître, c'est superbe!»
Né à Lausanne d'un père tunisien et d'une mère suisse-allemande, Karim Slama gravite dans l'univers de l'humour depuis quatorze ans. L'idée de son premier spectacle solo Le Film 1 a permis de définir ce qui deviendrait son style d'humour.
«Je me souviens que j'étais dans ma voiture et j'ai hurlé en me disant : Ça y est, j'ai trouvé l'idée! C'était de faire un film sur scène avec une bande sonore où l'on entendait même les différentes textures du sol lorsque je marchais. J'ai passé 450 heures en studio pour préparer ce spectacle, mais j'avais trouvé ma voie.»
Une telle mise en scène exige une extraordinaire synchronicité des gestes et du son. L'humoriste romand, qui détient une formation technique de mécanicien-électricien et un diplôme d'ingénieur en génie thermique, avoue être un tantinet perfectionniste, voire légèrement sadomasochiste. «Je travaille énormément mes spectacles en amont et c'est parce que j'ai bien réfléchi mes mouvements et le son en studio au préalable que je n'ai pas l'impression d'avoir à répéter beaucoup la synchronisation.»
La question est maintenant de savoir si les Québécois apprécieront sa proposition. «Depuis quelques années, le stand up s'est imposé au Québec et en Europe, les gens sont donc habitués à un humour où l'on fait de la blague rapidement. En plus, il n'y a aucune méchanceté dans ce que je fais, ça prend donc un tout petit peu de temps avant que les gens se disent OK on part dans ce monde-là. Après, c'est bon», observe celui qui a été découvert grâce à son passage à la Bourse RIDEAU en 2012.
VOUS VOULEZ Y ALLER
Karim Slama
Vendredi, à 20 h
Pavillon des arts de Coaticook
Entrée: 20 $