Le président de la Corporation de l’aéroport Claude Charron et sa fille Aya se sont installés avec un pop-corn à l’aéroport de Sherbrooke samedi pour la soirée Ciné Tarmac.

Ciné-parc sur le tarmac

La nuit tombe sur l’aéroport de Sherbrooke. Dans la noirceur, au milieu du tarmac, quelque 200 personnes sont assises sur des chaises pliantes, devant un grand écran; la projection va bientôt commencer. À quelques mètres des spectateurs, les voyants lumineux de la piste d’atterrissage scintillent, et ça sent le pop-corn; l’atmosphère est étrange, un peu magique.

C’est le Festival CinéVue qui a eu l’idée originale de transformer l’aéroport en cinéma à ciel ouvert samedi le temps d’une soirée nommée Ciné Tarmac.

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Les films à l’affiche n’avaient pas été choisis au hasard. Dans le court-métrage Nous avions, de Stéphane Moukarzel, une famille Pakistanaise se réunit près d’un aéroport pour regarder les avions passer. Dans Arrival (Premier contact), de Denis Villeneuve, des extraterrestres tentent d’entrer en contact avec les humains après avoir installé leur vaisseau dans un grand champ, à quelques mètres de la terre. Et le court-métrage 24 Heures de Jimmy Larouche a, lui, carrément été tourné en partie à l’aéroport de Sherbrooke.

Le réalisateur Stéphane Moukarzel, présent pour répondre aux questions du public après la projection de son œuvre, a confié qu’il était particulier de la voir dans ce contexte. « Je ne connaissais pas cet aéroport, j’aurais pu tourner ici, avoir su! » a-t-il dit en riant.

C’est la directrice générale du Festival CinéVue, Vanessa-Tatjana Beerli, qui a contacté le directeur de l’aéroport de Sherbrooke pour lui proposer le projet. « C’est complètement fou, présenter un film ici! Ça me trottait dans la tête depuis un certain temps. Je m’imaginais justement voir des gens assis comme ça sur des chaises de camping, près des avions. Je suis venue visiter, rencontrer le directeur une première fois et tout de suite c’était un accueil très chaleureux, je l’en remercie beaucoup. J’ai remarqué le potentiel au niveau de la vue parce qu’il faut que ce soit intéressant au-delà de l’écran, et j’ai eu un coup de cœur. »

En plus de présenter des films dans des lieux inusités en Estrie, CinéVue a comme objectif de créer des moments de rencontre entre les artisans du cinéma et le public. Avec la présence de Stéphane Moukarzel, de Jimmy Larouche et de l’acteur et coscénariste Karl Farah (24 Heures), la mission était accomplie.

« Le cinéma en plein air, c’est relax, c’est une soirée cool, les artistes sont là pour échanger. Souvent même, on essaie de choisir des films en fonction de la disponibilité des réalisateurs, on s’assure qu’il y a toujours un représentant pour venir à la rencontre du public », explique Mme Beerli.

météo capricieuse

La météo n’a pas été clémente pour cette première fin de semaine de CinéVue. Les projections prévues vendredi à la pointe Merry à Magog ont dû être déplacées à l’intérieur à cause d’orages. Samedi, il s’est mis à pleuvoir abondamment à partir de 22 h, alors que la projection d’Arrival débutait, provoquant le départ de nombreux cinéphiles. 

Le temps était meilleur dimanche pour la soirée Ciné Rock, qui se déroulait à la place Nikitotek.

CinéVue se poursuit la fin de semaine prochaine avec des projections à Magog, Orford et Sherbrooke. La programmation détaillée est disponible à l’adresse www.cinevue.ca.