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Labokracboom a entraîné les spectateurs dans une multitude d’univers avec leurs numéros alliant cirque, danse et parkour.
Labokracboom a entraîné les spectateurs dans une multitude d’univers avec leurs numéros alliant cirque, danse et parkour.

Chute libre : un hymne à la légèreté

Émilie Pinard-Fontaine
Émilie Pinard-Fontaine
La Tribune
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CRITIQUE / Tissé autour du fil conducteur de l’équilibre, du balancier et de la chute nécessaire pour s’élever, le spectacle Chute libre de la troupe sherbrookoise Labokracboom a réjoui grands comme petits, vendredi soir au Centre Culturel de l’Université de Sherbrooke. La bande de joyeux lurons a en effet entraîné l’auditoire dans un univers éclaté et haut en couleur.

C’est dans une ambiance enflammée que s’est ouvert le spectacle Chute libre de Labokracboom. L’auditoire, déjà conquis, attendait avec impatience cette reprise du spectacle qui avait été brusquement arrêtée, le 14 mai 2019, par l’accident d’Élise Legrand.

Les cinq artistes (Élise Legrand, Simon Durocher-Gosselin, Marc Benazet, Joachim Yensen et Gabriel Catudal) ont brillé de mille feux, magnifiés par l’alliage du décor et de l’éclairage épurés. Les numéros de danse, d’acrobaties, de mât chinois et de parkour ont ainsi occupé toute la scène au cours de ce spectacle de 65 minutes, qui a coupé plusieurs fois le souffle des spectateurs. La performance de Simon Durocher-Gosselin et de Marc Benazet au mât chinois fut particulièrement impressionnante, autant par la force physique exigée, que par la complémentarité de leurs mouvements en miroir. 

Succession de tableaux

Les artistes ont entraîné la salle dans une multitude d’univers passant du réveil matinal, à la plaine venteuse et même par le bord de mer. Le tout était bien ficelé grâce à de courts numéros humoristiques, souvent absurdes, les artistes n’hésitant pas à faire le pitre ni à briser le quatrième mur afin d’interpeler l’auditoire. 

Intensité et douceur se sont succédé lors de ce spectacle marqué par une forte présence des artistes sur scène ainsi que par de nombreuses chorégraphies et numéros en équipe. Les numéros les plus marquants sont par ailleurs ceux auxquels a contribué l’ensemble de la troupe.

Le spectacle a d’ailleurs culminé avec le numéro de groupe final tout en intensité acrobatique avant de se conclure sur une touche de douceur. En effet, les acrobates les uns par-dessus les autres sur le mât central ont écouté Marc Benazet réciter un poème à propos de chute et de liberté, un hommage aux chutes nécessaires, à la recherche de l’équilibre et à ceux qui sont là pour nous rattraper. 

Le spectacle s’est clôt avec une touche de douceur, les artistes écoutant Marc Benazet réciter un poème à propos de chutes libres.

Univers musical unique

En plus d’être danseurs et acrobates, les artistes se sont révélés être aussi musiciens et bruiteurs. Ukulele, harmonica, guitare électrique et accordéon, tous joué par les membres de la troupe, ont accompagné les différents numéros. Divers accessoires ont aussi été utilisés (séchoir à cheveux, journaux froissés ainsi qu’une paille dans un verre d’eau) afin de contribuer à l’atmosphère bien spéciale de Chute libre.

L’ensemble constitue une incursion dans l’univers éclaté de Labokracboom ainsi qu’une ode à la légèreté créée autant par le rire que par la chute qui est célébrée.