À la douleur que j'ai, plus récente création de la chorégraphe Virginie Brunelle, réunit six interprètes.

Chorégraphie à échelle humaine

Depuis ses débuts comme chorégraphe, Virginie Brunelle s'inspire des relations entre les gens pour bâtir ses créations. Sa quatrième oeuvre dansée, À la douleur que j'ai, est portée par six interprètes, et si elle a encore pour thème central la complexité des rapports humains, elle explore un filon neuf.
<p>Virginie Brunelle</p>
« Je suis un peu moins dans la dynamique d'un couple, cette fois. Le genre est plus effacé, moins catégorisé et tranché. J'avais envie d'évoquer le souvenir de nos relations passées, de m'intéresser à ce qui fait qu'un lien persiste malgré une séparation, une disparition, une distance. »
La douleur évoquée dans le titre est celle qui accompagne parfois le poids du souvenir.
« C'est une douleur qui est moins franche, plus souterraine, qui transporte une certaine nostalgie, parfois. Elle fait partie de ce qui nous forge. Parce que nos souffrances, comme nos joies, nous construisent et nous définissent », souligne la chorégraphe montréalaise.
Celle-ci a fondé sa compagnie en 2009. Depuis, elle rayonne un peu partout. Ses précédentes chorégraphies, PLOMB, Foutrement et Le complexe des genres, ont été présentées au Québec comme à l'étranger. Partout, le langage artistique de Virginie Brunelle trouve un écho fort. Peut-être parce que la danse permet d'exprimer ce que les mots, parfois, peinent à dire.
Gommer la technique
« En danse, on touche à un autre langage, pétri d'émotions, qui fait appel aux sens. La communication, c'est quelque chose de très intéressant à creuser, parce que, pour plusieurs d'entre nous, c'est une faiblesse. On ne sait pas toujours comment exprimer nos émotions alors que c'est la clé d'un certain succès. Cette maladresse humaine, c'est un trait commun, en quelque sorte. Nos failles nous rassemblent. J'essaie de leur prêter corps dans mes créations en utilisant des images symboliques et universelles, en travaillant le rythme, le dynamisme, en ponctuant le geste. Il y a beaucoup de technique, évidemment, mais j'essaie de la gommer, d'aller au-delà de ça, pour mettre l'humanité à l'avant-plan, toujours », raconte celle qui s'est découvert une passion pour la danse à 20 ans. Presque par hasard.
Une amie travaillait sur une chorégraphie. Elle a intégré Virginie au spectacle.
« Les autres interprètes étaient toutes ballerines. Je ne pense pas qu'elles ont aimé me voir arriver dans le décor. »
Sauf que Virginie Brunelle a trouvé une partie d'elle-même dans ce décor. Elle a poursuivi des études en danse et complété une formation en création à l'UQAM.
« Enfant, j'ai fait un an de ballet avant de me consacrer davantage au violon. Mais même avec mon instrument, mon jeu était assez physique. Ce n'était donc pas une si grande surprise que je sois dans mon élément en danse. La musique, c'est un autre monde, mais en même temps, c'est très connexe à la chorégraphie. J'aime d'ailleurs partir des musiques et m'en inspirer pour aller vers le mouvement. »
Vous voulez y aller?
À la douleur que j'ai
Compagnie Virginie Brunelle
Mardi 21 mars, 20 h
Salle Maurice-O'Bready
Entrée : 38 $