Nicolas Zemmour et Cynthia Pigeon lors de la répétition de leur duo pour le concert de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke du 16 février prochain.
Nicolas Zemmour et Cynthia Pigeon lors de la répétition de leur duo pour le concert de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke du 16 février prochain.

Choisir Sherbrooke pour la danse

L’intégration de Nicolas Zemmour à sa nouvelle terre d’accueil, le Canada (plus précisément Sherbrooke), se passe vraiment très bien : en plus d’obtenir sa résidence permanente l’été dernier, le danseur et chorégraphe a décroché une autre « résidence », artistique cette fois, au Centre Jean-Besré, pour toute l’année 2020. Il espère ainsi établir sa compagnie en sol estrien.

C’est sans compter les « perles » que la vie lui a fait rencontrer, à commencer par Cynthia Pigeon, danseuse, directrice et fondatrice de l’école Les Ballets classiques de Richmond. Non seulement la classe des garçons a été prise en main par Nicolas Zemmour, mais tous deux se produiront lors du prochain concert de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke (OSS).

« Avant Noël, j’ai téléphoné à l’OSS pour discuter de projets artistiques, raconte Cynthia Pigeon, et on m’a fait cette proposition. Comme j’étais alors en pleine répétition avec Nicolas pour Casse-Noisette, je lui ai demandé de faire un duo avec moi. »

C’est le cas de le dire, le danseur a sauté à pieds joints dans l’aventure. « Surtout avec une partenaire aussi formidable! précise-t-il. Nous avons proposé le duo Méditation de Thaïs [chorégraphié par Roland Petit], qui est une pièce de répertoire assez énorme techniquement et artistiquement. Ce sera un beau défi pour nous deux! Et d’avoir un orchestre symphonique derrière soi, c’est grandiose! »

Nicolas Zemmour interprétera aussi un solo de son cru sur la Berceuse de L’oiseau de feu, alors que Cynthia Pigeon offrira le ballet que Michel Fokine a couché sur Le cygne de Saint-Saëns, extrait du Carnaval des animaux. « C’est assez éprouvant parce qu’il faut être sur la pointe presque tout le temps », mentionne-t-elle.

Autre défi : les deux interprètes devront partager la scène avec l’OSS. « Nous danserons devant l’orchestre, sur une allée de cinq ou six mètres de profondeur », dit Nicolas Zemmour.

Du Bolshoi à Sherbrooke

Originaire de Marseille, Nicolas Zemmour arrive ici avec un bagage impressionnant. Diplômé du Conservatoire d’Avignon en 2007, il a ensuite étudié à l’Université d’Essen pour apprendre la technique et la philosophie de danse de Pina Bausch. Recruté par le Ballet Preljocaj, compagnie française renommée, il a participé à un échange de 18 mois avec le Ballet Bolshoi de Moscou, comme soliste.

Mais même s’il a fondé sa propre compagnie en France et commencé à présenter ses créations chorégraphiques, dont La brisure des vases avec le Théâtre de la Ville de Luxembourg, Nicolas Zemmour ne sentait pas qu’il avait les coudées franches en Europe.

« C’est lent, ce sont de vieilles institutions qui sont difficiles à faire tourner, surtout pour un jeune chorégraphe. Alors qu’ici, j’ai l’impression que, si on a du talent et si on veut travailler, il y a possibilité de faire quelque chose. Il y a donc un certain temps que ma famille et moi envisagions de quitter l’Europe et que nous avons choisi le Canada, que nous percevons comme un pays de bienveillance, de bonheur, de qualité de vie incroyable, ce qui s’est perdu un peu là-bas. »

Nicolas Zemmour n’est donc pas arrivé seul, puisque son frère vit maintenant à Montréal et que son père, également conseiller conceptuel et dramaturgique de Zemmourballet, fait l’aller-retour entre Sherbrooke et la France. Le danseur a perçu Sherbrooke comme une ville où il y avait encore de l’espace pour fabriquer et diffuser son art. Le succès de Cynthia Pigeon, dont l’école de ballet atteint presque 120 élèves après cinq ans d’existence (dont plusieurs viennent de Sherbrooke), l’a conforté dans cette impression.

Mieux connaître Zemmourballet

Pour ceux et celles qui voudraient mieux connaître Nicolas Zemmour et son travail, l’artiste a prévu deux occasions en février : une soirée d’improvisation, le 14, réunissant treize danseurs, des professionnels et des étudiants, qui devront s’exécuter sur des thèmes choisis au hasard par les spectateurs, ainsi qu’une présentation plus officielle de sa compagnie, le 29, avec quelques invités spéciaux dans la salle (diffuseurs, producteurs, etc.), mais ouverte au grand public également.

« En fait, les gens sont bienvenus à toutes les répétitions du Zemmourballet », insiste-t-il.

Vous voulez y aller?

Plaisirs coupables : ballets
Orchestre symphonique de Sherbrooke

Dimanche 16 février, 15 h
Salle Maurice-O’Bready
Entrée : de 39 $ à 63 $ (aînés : de 34 $ à 55 $; étudiants : de 17 $ à 55 $)

Nicolas Zemmour
Soirée d’improvisations danse

Vendredi 14 février, 18 h
Centre Jean-Besré
Entrée : 12 $ (collation incluse)

Soirée de présentation danse
Samedi 29 février, 18 h
Centre Jean-Besré
Entrée : 20 $ (collation incluse)