Cher lancera vendredi son 26e album, «Dancing Queen», un cocktail de reprises d’Abba qui oscille entre une relecture respectueuse des succès du groupe suédois et des versions «club» et dansantes, où la griffe de Cher est reconnaissable dès la première mesure.

Cher revisite Abba

LOS ANGELES — Tour à tour vedette hippie, star disco puis icône pop, Cher, qui sort un nouvel album vendredi, n’en finit pas de ne pas vieillir et continue à conquérir de nouveaux fans une génération après l’autre.

Toujours aussi intemporelle, c’est avec un maintien des plus aristocratiques — mais les cheveux blond platine! — qu’elle recevait récemment une noria de journalistes dans un hôtel de West Hollywood pour présenter son dernier disque, Dancing Queen, tout en reprises d’Abba.

Reine, Cher l’est assurément, avec une carrière de plus de 50 ans couronnée par un Oscar de la meilleure actrice (Éclair de lune en 1987), trois Golden Globes, un Emmy Award, un Grammy, et un disque au top des ventes lors de chaque décennie. Et si l’on en croit le succès de son dernier film (Mamma Mia! C’est reparti) et une comédie musicale sur sa vie en préparation à Broadway, l’artiste de 72 ans ne semble pas prête à abdiquer de si tôt.

«On dirait que j’ai un tas de nouveaux fans, des jeunes, des petits. C’est génial. Sincèrement, je ne m’y attendais pas», se réjouit-elle avec un sourire fugace.

Fille d’un père d’origine arménienne et d’une mère un peu indienne Cherokee et très européenne, Cher est née Cherilyn Sarkisian dans le sud de la Californie. Repérée par hasard à Los Angeles par le grand producteur Phil Spector, c’est avec son ex-mari Sonny Bono qu’elle va exploser : en 1965, sort I Got You Babe, qui reste sans doute à ce jour sa chanson la plus connue.

Le duo Sonny and Cher se séparera, mais le succès n’abandonnera jamais vraiment la chanteuse, que ce soit avec Turn Back Time et son body presque invisible en 1989, ou Believe en 1998, dans laquelle elle innovait avec des effets vocaux numériques désormais devenus monnaie courante.

Cher a aussi marqué les esprits pour ses apparitions à l’écran, dans plus d’une douzaine de films. Des rôles engagés à l’instar de la militante antinucléaire qu’elle incarne dans Le Mystère Silkwood (1983), dramatiques comme dans Mask (1985) ou Éclair de Lune, mais aussi beaucoup plus légers comme Mamma Mia! et sa suite, où elle retrouve sa complice Meryl Streep.

En plus de 50 années de carrière, Cher a fait plusieurs pauses dans sa carrière musicale et même effectué une tournée d’adieux de trois ans, de 2002 à 2005, mais elle est toujours revenue.

L’essence d’Abba

Bien que son apparition soit relativement courte dans Mamma Mia! C’est reparti, le film — une comédie musicale hommage à Abba — a indéniablement inspiré son 26e album qui sort le 28 septembre. Dancing Queen est un cocktail de reprises d’Abba qui oscille entre une relecture respectueuse des succès du groupe suédois et des versions «club» et dansantes, où la griffe de Cher est reconnaissable dès la première mesure.

«Mamma Mia et Waterloo, ce sont celles qui ressemblent le plus à l’original. je ne voulais pas les changer, en quoi que ce soit», a-t-elle déclaré à l’AFP.

«Quant aux autres chansons... Je ne vois pas comment je pourrai jamais sonner comme les filles [d’Abba]. Donc, j’ai fait ce que je sais faire de mieux, en espérant que ça marche», ajoute-t-elle.

Pour les 10 pistes du disque, Cher explique avoir fait un choix parmi les grands classiques d’Abba, et quelques-uns de ses morceaux favoris, comme Chiquitita, One of Us et Name of the Game.

«Chanter, ce n’est pas comme écouter. Et pour moi l’important c’était d’essayer de garder ce qui fait l’essence d’Abba, et de m’y fondre», disait-elle à l’AFP, rencontrée le jour même où elle venait de finir les enregistrements.

Toujours remarquée pour ses tenues de scène affriolantes, la vedette va ressortir bas résille et plumes d’autruche pour la longue tournée qu’elle va entamer à l’automne, d’abord en Australie et en Nouvelle-Zélande, puis aux quatre coins des États-Unis l’année prochaine.

En plus de 50 années de carrière, Cher a fait plusieurs pauses dans sa carrière musicale et même effectué une tournée d’adieux de trois ans, de 2002 à 2005, mais elle est toujours revenue.

«Parfois j’adore ça, et puis par moments j’ai envie de m’arracher les cheveux [...] Mais j’ai appris qu’il faut s’accrocher et ça finit par passer», dit l’artiste.

Elle retient surtout les autres moments, «ceux où l’on se dit “Oh mon dieu!” et où on y va. On fait le show et on pense “C’était sympa. C’était bien!”»