Daniel Laplante a pris la direction du Choeur Florilège l'automne dernier, presque au pied levé. Il dirigera cette semaine le premier concert qu'il a élaboré de A à Z.

Chef... presque malgré lui

Daniel Laplante avait déjà essayé pas mal de choses en musique. Il est pianiste, claveciniste et organiste de formation. Il a également été professeur de piano. Il a étudié la direction orchestrale auprès de François Bernier (le chef de l'Ensemble à vents de Sherbrooke et de l'Orchestre symphonique de l'Université de Sherbrooke). Surtout, il s'est spécialisé en pédagogie musicale, un sujet qui, visiblement, le passionne.
Mais la vie étant ce qu'elle est, c'est comme chef du Choeur Florilège qu'il a été presque catapulté l'automne dernier. L'ancienne directrice Marie-Claude Élias ayant dû partir rapidement, celui qui agissait comme pianiste accompagnateur lors des répétitions s'est fait demander s'il pouvait prendre les rênes. Il a accepté. Après le concert de Noël de décembre dernier, il dirigera cette semaine le premier concert qu'il a échafaudé de A à Z avec Florilège.
« En février, j'avais réussi à rattraper le retard accumulé », rapporte le musicien, diplômé de l'Université de Sherbrooke en 2011, qui n'a pas eu trop de mal à prendre la baguette de chef.
« J'ai été choriste moi-même et j'ai beaucoup observé lorsque j'étais pianiste accompagnateur de choeur. Il y a aussi des points communs avec la direction orchestrale, notamment en ce qui concerne la conception et la compréhension de l'oeuvre. Cela devient différent avec des amateurs. Notre travail devient davantage enseignement que direction. Pour ça, j'ai demandé l'aide de Maude Fréchette-Gagné, qui a beaucoup d'expérience dans la direction chorale d'amateurs. »
Sens nouveau aux chansons
Même s'il est arrivé récemment, Daniel Laplante a eu le temps d'imprimer sa griffe à Florilège, notamment en épurant la mise en scène. Danses et chorégraphies ont été écartées au profit d'une narration, d'une histoire et de quelques mouvements plus simples. Il a aussi engagé deux musiciennes plutôt que d'utiliser une bande sonore.
« La mise en scène est là pour orner la musique. En la simplifiant, on permet aux choristes de se concentrer davantage sur leur interprétation. J'ai demandé à quelques metteurs en scène de nous faire des propositions. Celle de Paskale Raymond offrait le plus de pertinence et de cohérence, en plus d'apporter un sens nouveau aux chansons, en les associant à un personnage. »
Cette Escapade sidérale racontera l'histoire de Florian, qui, blasé par son ennuyeuse vie, se construira une fusée pour se rendre ailleurs, explorant différents lieux de sa conscience peuplés de personnes aux mille couleurs. Le répertoire, à majorité francophone, ira de Bach à Michael Jackson, en passant par Jean-Pierre Ferland, Damien Robitaille, Luc Plamondon et Beau Dommage. La chanson Les couleurs de ton départ de Fred Pellerin, écrite par la Sherbrookoise Mélanie Noël, s'est ajoutée à la fin.
D'où viennent les tensions
Daniel Laplante est produit quasi pur du réseau d'enseignement musical sherbrookois : il est passé par les écoles Sacré-Coeur et Mitchell, puis le Cégep et l'Université de Sherbrooke, en plus de quelques leçons de clavecin à Montréal avec Geneviève Soly. Sa seule entorse est à la deuxième moitié de son secondaire, où il a privilégié les cours privés.
« L'enseignement de groupe ne me convenait pas », explique celui qui ne jure que par l'enseignement individuel. « C'est pratiquement impossible, dans un cours de groupe, de corriger un défaut technique chez chaque élève en particulier», fait-il comprendre.
Vous voulez y aller
Escapade sidérale
Choeur Florilège
29 et 30 avril, 20 h
1er mai, 14 h
Théâtre Centennial
Entrée : 25 $ (étudiants : 15 $)