Charlélie Couture a fait paraître hier un nouvel album enregistré en Louisiane et intitulé Lafayette.

Charlélie Couture : un « pont » entre France et États-Unis

Le chanteur franco-américain Charlélie Couture voit son nouvel album, enregistré en Louisiane et sorti hier, comme un « pont » entre la France et les États-Unis et un hommage à sa mère récemment décédée, qui lui a transmis le goût de la culture américaine.
Aller enregistrer dans le berceau de la musique cajun, « c'est un fantasme [qu'il a] plus ou moins depuis 30 ans », reconnaît le chanteur, peintre et photographe de 60 ans, exilé depuis 13 ans à New York, mais qui conserve à Paris un appartement avec certains de ses tableaux accrochés au mur.
Le décès de sa mère Odette, l'an dernier, l'a poussé à faire le pas : « Elle a été pour moi le lien avec les États-Unis. Je me suis dit que c'était le moment de faire ce disque, que c'était un moyen de lui rendre hommage. »
« Elle était partie enseigner le français aux États-Unis, d'abord à Jacksonville, en Alabama, puis à Kenosha, dans le Wisconsin. Elle est ensuite revenue en France, a épousé mon père, mais elle avait gardé des habitudes américaines, à travers ses vêtements ou son regard sur le monde », explique Charlélie Couture.
Le chanteur a donc mis le cap sur Lafayette, en Louisiane, au coeur du très francophile pays cadien.
Il a posé ses guitares pour quelques semaines au Dockside Studio, vénérable lieu où sont passés quelques grands noms du blues comme BB King ou Dr John. Il s'est ainsi plongé dans les musiques du sud (cajun, blues, rock, voire country) avec des musiciens du cru et des instruments typiques de ces styles : accordéon, mandoline, violons, planche à laver, harmonica, cuivres...
« Je suis parti avec huit chansons, puis j'en ai écrit d'autres là-bas », explique-t-il au sujet des 13 morceaux qui emmènent souvent sur la piste de danse et parfois davantage vers les bayous brumeux.
Avec Zachary
Zachary Richard, grand ambassadeur local de la musique cajun, est de la partie, comme le groupe Lost Bayou Ramblers pour une adaptation enlevée du traditionnel The House of the Rising Sun devenu Maison soleil levant.
Si l'anglais et le français sont désormais des langues aussi « naturelles » l'une que l'autre pour lui, Charlélie Couture a privilégié le français dans cet album.
« Cela fait quatre ou cinq albums que je me dis que c'est le dernier, et puis en fait ça continue. J'ai aujourd'hui le sentiment de m'être réalisé », glisse le chanteur. Signe d'un relatif apaisement après avoir fait part, dans le passé, d'une certaine frustration devant le manque de reconnaissance en France de ses autres activités artistiques comme la peinture.