Émile Bilodeau
Émile Bilodeau

Chanter pour un monde meilleur [VIDÉO]

Une bière entre amis. Des fous rires. Un party. Émile Bilodeau se demande si c’est opportun d’avoir autant de fun quand il y a tant de problèmes à régler dans le monde. Sa grande amie lui répond du tac au tac que « pour défendre la vie, il faut la vivre ». Alors le jeune chanteur vit. Et chante pour un monde meilleur.

L’automne dernier, Émile Bilodeau a participé à une capsule pour la Fabrique culturelle. La scène se passe devant le lac des Nations à Sherbrooke. Le chanteur, ému, interprète une de ses chansons.

« Je sortais d’une rencontre avec des jeunes du secondaire de l’école du Phare, dans une classe à mobilité réduite. Ça m’a touché. Ce sont des jeunes qui partent avec une prise et qui sont très résilients. Après avoir discuté avec des handicapés de tous les genres, j’étais abasourdi. Ça m’a obligé à mettre mes problèmes de côté. Et ça m’a permis de réaliser la chance inouïe que j’ai de pouvoir divulguer mes idées. C’est pour ça que la capsule est remplie d’émotion. »

La chanson, c’est Yoga, qui met en lumière son anxiété climatique. « J’ai salué le soleil / Pis un jour, il va nous exploser d’sus / Son bonjour, on va l’avoir dans l’cul. »

« Le sujet est sur toutes les lèvres de ma génération. On sait que des espèces disparaissent, que les glaciers fondent, que le niveau de l’eau augmente. On se demande s’il va y avoir des changements. Sinon, on voit un peu la fin arriver », explique le chanteur de 23 ans, enchaînant qu’il va continuer à manifester en espérant que les gouvernements mettent en place des stratégies écoresponsables.

L’album comme le spectacle se terminent avec cette chanson. « On a du fun pendant 13 tounes ou pendant une heure et quart et après, je finis en chantant le climat et en espérant que les gens gardent en tête, en retournant chez eux, qu’il reste beaucoup de travail à faire. »

Les dents de Freddy

Fervent défenseur de la langue française et souverainiste avoué, Émile Bilodeau porte un discours rassembleur.

« Qu’on soit souverainiste ou fédéraliste, au Québec ou ailleurs dans le Canada, il y a quelque chose qui nous réunit. Et c’est une langue. Dieu sait qu’une langue teinte notre poésie, notre philosophie, notre culture. Alors entre francophones, du Québec ou de l’Ontario, on va toujours avoir ce lien. La chanson Candy est du bonbon pour défendre cette idée! »

Son deuxième album, Grandeur mature, reflète son engagement et ses valeurs. Dans une ode à la tolérance et à l’acceptation de nos différences, il chante : « La vie, c’est aussi sexy que les dents d’en avant de Freddie Mercury : sont pas toutes drettes, pis c’est correct. »

« Quand je chante cette chanson-là, j’ai pas de guitare. Alors, c’est juste moi sur la scène avec ma sueur sur mon chandail et ma petite bedaine. Pis souvent, je me mets de côté, je gonfle mon ventre pour dire qu’on a le droit d’être imparfait. À un moment donné, on peut-tu s’enlever cette pression-là d’être parfait? Je pense qu’avec Instagram et toutes les influenceuses qui sont tellement inspirantes, il faut valoriser la diversité corporelle autant que la diversité culturelle. C’est une toune qui fait du bien à chanter », avoue-t-il, ajoutant que des parents l’ont remercié, au nom de leurs enfants, d’embrasser la diversité corporelle.

« Je savais que cet album allait être écouté par des jeunes. Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités, lance-t-il en riant. Alors j’ai bourré ça de bonnes idées positives. »

Émile Biilodeau

Souvenir d’un bel échec

L’optimiste de nature voit même le beau côté de ses échecs. Et il le chante dans Échec et mat : « Ça ne date pas d’hier / Qu’on subit la défaite / Mais maudit qu’j’aime les échecs. »

« C’est certain qu’à l’école, je ne m’aidais pas. Je vais toujours me rappeler que, la veille de mon examen de français uniforme, au lieu d’étudier, j’ai écrit une chanson. J’ai coulé mon test. Et j’ai compris que j’allais devenir auteur-compositeur-interprète. C’était un bel échec! »

Ce n’est pas parce qu’il a quitté les bancs d’école qu’il a fini d’apprendre. « Tous les jours, on est un enseignant et un enseigné, me répète tout le temps mon sonorisateur Steve Lemay, qui a travaillé avec Michel Pagliaro, Vilain Pingouin. C’est un mentor pour moi. »

C’est avec cette philosophie qu’Émile Bilodeau fait son chemin. Et sur la route, entre les Rites de passage et sa Grandeur mature, l’artiste se nourrit de rencontres et s’inspire de ce qui l’entoure, espérant que la jeunesse vive en ayant accès à un monde meilleur. Il apporte sa contribution en le chantant.

Il promet aux spectateurs qui iront le voir à Sherbrooke une soirée remplie d’énergies différentes. « On passe d’un rock planant à quelque chose de très intime. Aussi, on a une belle folie théâtrale avec plein de musiciens sur scène. Les gens font en avoir pour leur argent! »

Vous voulez y aller?

Émile Bilodeau
Samedi 8 février, 20 h
Théâtre Granada
Entrée : 32,50 $

2 août, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 33 $