Anne Carrère reprend son rôle d’Édith Piaf dans «Paris! Le spectacle».

Chanter le Paris de Piaf

Plusieurs l’ont découverte à travers le répertoire de la grande Édith : Anne Carrère l’a chanté avec aplomb et talent de ce côté-ci de l’Atlantique comme dans son Europe natale. «Piaf! Le spectacle» a connu un succès retentissant, sur les deux continents.

On pourrait y aller avec l’équation simple et conclure que, tout naturellement, le producteur a eu la bonne idée de surfer sur cette belle vague en ramenant Carrère et les chansons de la Môme dans le décor d’une nouvelle proposition scénique. En ajoutant d’autres interprètes et d’autres grands succès de la chanson française de l’après-guerre.

Mais justement, ce serait trop simple. Et ce serait surtout tout faux.

« En fait, Paris! Le spectacle a existé bien avant celui de Piaf, explique l’artiste française. On avait commencé à le monter quand l’une des chanteuses est tombée enceinte. Elle a pris un long congé de maternité et nous avons mis le projet sur la glace pendant ce temps. »

L’agenda ainsi dégagé a permis à Carrère de se consacrer au tour de chant sur Piaf qui, comme on le sait, a été salué partout, jusqu’en Amérique latine et aux États-Unis.

« On continue de le tourner, d’ailleurs, ce spectacle-là. Je suis contente de faire les deux. Avec Paris!, ce qui est bien, c’est l’ambiance très familiale. On est plus nombreux sur scène avec ce show-là, on porte à plusieurs la richesse de ce patrimoine musical en nous faisant le véhicule des plus belles chansons françaises. J’adore ça, parce que j’adore la chanson française. J’y reviens toujours. C’est un grand honneur pour moi de participer à quelque chose d’une telle ampleur. »

Le sceau Ricord

La chanteuse de 32 ans y reprend La vie en rose et de nombreuses autres chansons qui font partie de l’oreille collective. Avec naturel et enthousiasme. Peut-être parce que, bien avant de planter son micro dans ce riche répertoire, Anne Carrère a rencontré Germaine Ricord, confidente d’Édith Piaf qui a assuré la première partie des spectacles de l’emblématique chanteuse, dans les années 1960.

« Je pense que le producteur voulait avoir l’avis de Germaine, en quelque sorte. Il souhaitait que je lui interprète quelques chansons, avec un accordéoniste. Ce que j’ai fait. Comme elle avait très bien connu Édith, elle nous a ensuite raconté des anecdotes, elle nous a parlé de ses traits de caractère. C’était très enrichissant comme entretien. Moi, je connaissais assez peu la vie de Piaf, finalement. Mais j’ai été soufflée par son appétit pour la vie. Elle a traversé plein de drames, mais jamais elle ne les a laissé entamer son goût de vivre. J’admire cette attitude. Ça témoigne d’une réelle force de caractère. »

Germaine Ricord, l’amie précieuse, a eu un conseil, un seul.

« Moi, je ne pouvais et ne voulais pas être dans l’imitation d’Édith Piaf. Je ne souhaitais pas me maquiller comme elle, la copier. Ça aurait sonné faux là où il fallait de la vérité. Germaine m’a dit une chose qui a tout dirigé : "Si tu donnes ton âme et tes tripes, tu y arriveras. Tu seras forte comme elle." À partir de là, tout était possible. Ça me laissait de la place, à moi, pour exister sur scène et pour véhiculer le mieux possible ces grandes chansons-là. »

Amoureuse d’Aznavour

Dans Paris! Le spectacle, Anne Carrère se replonge dans l’œuvre de Piaf, mais elle savoure aussi l’incursion dans toutes ces jolies chansons qui ont marqué la Ville lumière au fil du temps. Jacques Brel, Charles Trenet, Charles Aznavour, Yves Montand, Joséphine Baker, Lucienne Boyer sont quelques-uns des artistes dont les succès sont interprétés sur scène. Ne me quitte pas, À bicyclette, Comme d’habitude, Champs Élysées, Je m’voyais déjà, Les feuilles mortes font partie des classiques qui prennent vie sur planches grâce à trois interprètes, quatre musiciens ainsi qu’un couple de danseurs.

Le fil conducteur de cette balade dans le répertoire des grands classiques français, c’est Françoise, jeune première qui débarque à Paris avec l’espoir de devenir une artiste célèbre. En chemin, elle rencontre Édith Piaf, elle tombe amoureuse de Charles Aznavour. Le hasard fait bien les choses.

« Évidemment, c’est une histoire inventée, c’est de la fiction. Aznavour n’a pas eu de Françoise dans sa vie. Ou s’il en a eu une, il a gardé le mystère là-dessus! Il reste que c’est une production qui promène le spectateur dans toutes sortes d’émotions. Il y a de la joie, de la frustration, de la tromperie, de la colère, de la déception. Et il y a de l’amour, bien sûr. »

Vous voulez y aller?
Paris! Le spectacle
Mercredi 15 novembre, 20 h
Théâtre Granada
Entrée : 49,50 $