Couronné grand gagnant de La voix en 2017, Ludovick Bourgeois lançait un premier album en octobre dernier. Le chanteur s’arrête mardi au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Chant libre pour Ludovick Bourgeois

À peine un an après avoir été sacré grand gagnant de l’émission La voix, Ludovick Bourgeois a déjà un premier album en poche et une vingtaine de spectacles de tournée derrière la cravate.

« Ces douze derniers mois, j’ai collectionné les moments forts. C’est comme si j’en avais vécu pour 10 ans en une seule année », dit l’auteur-compositeur-interprète de 25 ans.

Un rythme accéléré qui ne l’a pas trop essoufflé. Heureusement : jusqu’en novembre, il multipliera les spectacles. Une cinquantaine de shows tapissent son calendrier.

« J’en ferai deux ou trois par semaine. Ce sera particulier, parce que j’ai des prestations en salles, j’en ai d’autres en festivals, et j’ai aussi la tournée du ROSEQ, dans de tout petits lieux de diffusion. Toutes ces formules sont très différentes, mais toutes me plaisent. Et j’aime être sur la route. À la base, je pense que je suis quelqu’un d’assez nomade, j’aime partir de la maison. La vie dans les hôtels, ça ne me pèse pas. »

Le fil conducteur de son tout neuf tour de piste a été tissé de concert avec ses musiciens, des routiers qui ont beaucoup de métier.

« Ensemble, on a bien balancé les affaires. Ça donne une heure et demie de gros fun et de pur bonheur. On fait les tounes du disque, bien sûr, mais comme je suis un grand fan des années 1980, j’interprète aussi quelques chansons qui m’ont fait triper, les succès des Bryan Adams, Bon Jovi et Journey, par exemple. Les gens aiment ça, ils les chantent avec entrain, d’une voix presque gutturale. Je rends aussi hommage à mon père [Patrick Bourgeois] en enfilant quelques-unes de ses chansons. »

Là aussi, les gens chantent. Parfois avec émotion. Souvent avec le sourire. Ludovick mesure chaque fois à quel point les chansons des BB ont fait leur nid dans l’oreille collective. « Ce n’est vraiment pas un moment triste du show, parce que c’est fait avec cette idée de célébrer l’œuvre de mon père. »

Celui-ci a été emporté par le cancer en novembre dernier, laissant derrière lui un vide, mais aussi un héritage précieux.

« Interpréter ces chansons-là, ça allait de soi pour moi. Depuis le début. Parce qu’elles sont bonnes, d’abord et avant tout. Pour moi, très sincèrement, les BB ont été l’un des meilleurs groupes au Québec, un groupe dont les hits ont vraiment traversé le temps. J’aime faire vivre à nouveau leurs succès sur scène. »

Scènes et autographes

Après chaque concert, le chanteur prend le temps d’aller à la rencontre du public.

« Je pense que je passe autant de temps à signer des autographes et à prendre des photos qu’à être sur la scène. C’est vraiment important pour moi, ce contact. C’est ma façon de dire merci aux gens d’être là. C’est quelque chose que j’ai appris de mon père. Ça, et la ri-gueur en spectacle. Il faut être bon chaque soir et toujours donner le meilleur de soi. Parce que le public n’est jamais le même, et parce que c’est un réel privilège de faire ce métier. Je savoure cette chance, et je ne tiens rien pour acquis », dit celui qui peut compter sur un solide noyau d’admirateurs.

De salle en salle, une poignée d’irréductibles est toujours au rendez-vous.

« Quelques-uns d’entre eux ont assisté aux 20 shows. Je connais leurs noms, je les reconnais et je trouve ça formidable qu’une petite communauté se soit créée autour de ma musique », raconte celui qui a commencé à pousser la voix à l’adolescence, en secret.

« C’est un ami de mon équipe de hockey qui m’avait invité à venir chanter dans son band. J’ai essayé sans en parler à personne. J’ai suivi des cours de chant en cachette, j’ai peaufiné ma technique avant de le dire à mes proches. »

Plusieurs mois ont passé avant que le jeune Ludovick se décide enfin à envoyer un démo à son père.

« J’ai attendu d’être bon », raconte-t-il en riant.

Son travail : la chanson

Bon, il l’était : il a même partagé la scène le temps de quelques spectacles avec son père avant de participer à La voix, où il a été recruté par le coach Éric Lapointe. La musique était pour lui un passe-temps depuis huit ans, mais c’est son passage sur le plateau de l’émission télévisée qui l’a propulsé sous les néons et sur la grande scène.

« Y participer, c’est la meilleure décision que j’ai prise, ça a été un tournant majeur dans ma vie. À partir de là, la chanson est devenue mon travail. »

Son premier album, réalisé par Fred St-Gelais et lancé l’automne dernier, était tissé de chansons pop-rock qui trouvaient en lui une résonance.

« J’ai écrit certains textes, j’en ai reçu d’autres et après, j’ai choisi les meilleurs. »

À Sherbrooke, l’auteur et chanteur du succès radiophonique Desert Song aura avec lui sa belle gang de six complices : trois musiciens et trois techniciens avec lesquels il fait la tournée depuis janvier.

« Je suis extrêmement chanceux d’être aussi bien entouré. Sur scène, avec moi, il y a le batteur Maxime Lalanne, le guitariste Martin Bachand et le bassiste Jean-François Langevin. On arrive avec la grosse affaire. De superbes jeux de lumière, de grands moyens, une belle énergie et une franche complicité sur scène. »

Vous voulez y aller
Ludovick Bourgeois
Mardi 5 juin, 20 h
Salle Maurice-O’Bready
Entrée : 44,50 $

Vendredi 21 septembre, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 36,50 $