Chadia Kikondjo et Rebecka Lussier

Chadia et Rebecka à La Voix:une belle expérience

Même si elles ont tiré leur révérence dimanche lors des Chants de bataille de La voix, Chadia Kikondjo et Rebecka Lussier n’oublieront pas leur expérience de sitôt et ne regrettent rien.

En fait, Chadia pense déjà au voyage qu’elle fera au Burundi l’été prochain avec son père. Elle donnera même quelques concerts et réalisera un album là-bas. Il s’agit de son premier contact avec l’Afrique et de sa première rencontre avec plusieurs membres de sa famille, dont sa grand-mère.

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« Je suis née au Kenya parce que mes parents y étaient réfugiés et avaient fui la guerre au Rwanda. Je suis arrivée ici à l’âge de 6 mois. Cela fait des années que je supplie mon père de m’emmener en Afrique, voir d’où vient ma famille. Mais pour moi, la musique n’arrêtera jamais. Je continue d’écrire et de chanter », souligne l’étudiante en troisième année de théâtre à l’Université Bishop’s, qui était soliste lors du concert des 50 ans des University Singers la semaine dernière.

« J’étais triste de partir de La voix, mais je suis très heureuse d’avoir travaillé avec des gens comme Alex Nevsky, Éric Lapointe, Yann Perreau et Kevin Parent. J’ai appris beaucoup. Je crois que les choses se produisent pour une raison. Il y en a une pour laquelle j’ai été choisie et une autre pour laquelle je suis partie. Ce n’est que le début pour moi », raconte Chadia, qui s’est aussi ouvert au répertoire franco-québécois.

« Avant, je regardais The Voice en anglais. Les artistes francophones que j’écoutais venaient de France, de Belgique ou d’Afrique. Au Québec, c’étaient Marie-Mai, Céline Dion et Éric Lapointe. Je voulais mieux connaître la musique québécoise et voir si je pouvais chanter en français. Je pense que j’ai bien fait parce que j’ai reçu énormément de messages de soutien des gens du Québec. »

Le plus difficile a été... de garder le secret, car les Chants de bataille sont tournés depuis janvier. « Tout le monde me demandait comment ça s’était passé, mais je ne pouvais rien dire », raconte en riant la Gatinoise de 21 ans.

Olympiques du chant

Malgré sa déception, Rebecka Lussier garde d’excellents souvenirs de son passage à l’émission. La jeune femme de Fontainebleau croyait en ses chances de se rendre jusqu’au bout, tout en gardant une approche très terre à terre.

« On y va en sachant très bien qu’on va finir par s’en aller. C’est un jeu, on est conscient de ça et que ce n’est pas pour la vie. On n’a jamais l’impression qu’on peut être détendu, parce qu’on ne sait jamais ce qui s’en vient. On se trouve sur le qui-vive constamment, car, étape par étape, il y a des éliminations », explique-t-elle.

Elle garde cependant un souvenir positif de son passage à l’émission, rempli de moments plaisants avec les autres participants et l’équipe de production.

« Si c’était à refaire, je le referais demain matin. Je n’ai absolument rien à dire de négatif, j’ai juste eu du plaisir tout le long, indique la chanteuse. Il y a une sacrée grosse équipe, de belles personnes qui s’occupent de tout et qui sont franchement géniales. Je me suis vraiment sentie accompagnée. On travaille dans des conditions idéales et on est traités comme des rois. Les gars du son, par exemple, travaillaient avec nous jusqu’à ce qu’on soit complètement satisfaits du calibrage. »

« La voix, pour un chanteur, c’est comme les Olympiques : tu as une minute et demie pour être à ton meilleur. Tu n’as pas de deuxième chance. Si ça ne marche pas, tant pis! Peu importe ce que tu as fait en répétition ou ton bilan avant l’émission, c’est ta performance durant cette minute et demie qui importe. »

Lors des Chants de bataille, les compétiteurs n’ont pas le temps de procéder à leur préparation habituelle. « Tu es sur la scène de A à Z, tu n’es pas en arrière à te préparer et à attendre ton tour. Tu ne peux pas te concentrer et faire ton petit rituel. Ce n’est pas l’idéal pour donner la meilleure prestation possible, c’est déstabilisant », raconte celle qui fait partie du groupe Les Bellifontains avec son père Raymond et son frère Dominic.