Originaire d’East Angus et trompette solo de l’Orchestre symphonique d’Edmonton, Robin Doyon est le soliste invité de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke samedi.

Cette trompette « qui ne pardonne pas »

C’est avec l’Orchestre symphonique de Sherbrooke que Robin Doyon a effectué ses premiers contrats à titre de musicien surnuméraire. Celui qui est trompette solo pour l’Orchestre symphonique d’Edmonton depuis dix ans maintenant revient à la maison le temps d’un concert sous la direction de Stéphane Laforest.

« Je suis toujours content de jouer avec l’OSS. J’y ai plusieurs bons amis. Et lorsque je reviens dans ma ville natale, ça permet à la famille de venir m’entendre. »

Le trompettiste invité interprétera le Concerto pour trompette de John Estacio. L’œuvre est forte et exigeante.

« C’est l’un des compositeurs les plus populaires du Canada. Cette œuvre pleine de couleurs a été créée il y a deux ans pour 19 orchestres en même temps. Le concerto est assez long et n’offre pas beaucoup de répit au trompettiste, qui joue pendant pratiquement toute la pièce. La mélodie est puissante. Il y a des moments grandioses au cours desquels la trompette prend beaucoup de place », remarque le musicien, qui a déjà joué cette partition à trois reprises.

« Chaque fois, un chef différent dirigeait l’orchestre et apportait une nouvelle énergie à la pièce, ce qui fait que ce n’était jamais pareil. C’est toujours intéressant de voir où le chef et les musiciens emmènent une œuvre. »

Prépondérante trompette

L’OSS enchaînera ensuite avec la Symphonie no 5 de Mahler, une œuvre où l’instrument à vent et à pistons est aussi à l’avant-plan.

« La pièce commence par un solo de trompette. C’est un concert où les gens entendront beaucoup cet instrument », résume Robin Doyon.

Celui-ci a grandi à East Angus et a découvert la trompette au hasard de son parcours scolaire, à la polyvalente Louis-Saint-Laurent.

« Je jouais déjà du piano, mais je n’étais pas très assidu. J’ai opté pour les cuivres dans mon cours de musique au secondaire. »

Au fil de son parcours, marqué par des rencontres inspirantes avec des enseignants et musiciens (Serge Poirier, Jean Gervais, Lisa Rodrigue et plusieurs autres), il a joint l’Orchestre symphonique des jeunes, puis l’Ensemble à vents de Sherbrooke, en poursuivant ses études au Cégep de Sherbrooke. Après avoir complété baccalauréat et maîtrise en interprétation classique à l’Université de Montréal, il a passé un an comme musicien en résidence au Banff Center. « C’est là où j’ai développé davantage mon style personnel et où j’ai su ce que je voulais vraiment faire. »

De Broadway au baroque

Au sein de l’Orchestre symphonique d’Edmonton, il a l’occasion d’embrasser un répertoire vaste et éclectique.

« On a différentes séries de concerts, des soirées très classiques et d’autres où ce sont les compositions baroques qui sont à l’honneur. On interprète des airs de Broadway autant que du jazz et on a des concerts avec des invités spéciaux comme Patrick Watson. »

Ce mélange des genres commande une polyvalence, mais il sied bien à la trompette.

« Elle affiche toute une palette de couleurs, elle est très polyvalente. Elle se moule au jazz, au classique, aux marches militaires. Elle peut être très brillante ou plutôt sombre. On peut jouer avec ses sonorités, ses nuances, ses contrastes, interpréter des solos plus lyriques ou très héroïques, selon l’orientation qu’on veut donner à la pièce. C’est aussi un instrument qui ne pardonne pas. Il faut passer un certain temps à répéter chaque jour. »

Hommage au maestro

Dernier rendez-vous de la série des Grands concerts en 2018-2019, la soirée de samedi sera aussi l’occasion de souligner les 20 ans de Stéphane Laforest à titre de directeur artistique et chef d’orchestre de l’OSS. Avec le concours de nombreux artistes, le conseil d’administration a préparé une surprise pour son maestro. Une vidéo rassemblant les témoignages du chef d’orchestre de l’OSM Kent Nagano, du violoncelliste Stéphane Tétreault et des pianistes Alain Lefebvre, Anne-Marie Dubois et Mari Kodama est notamment au menu de l’hommage auquel Robin Doyon est heureux d’assister.

« Stéphane Laforest commençait à diriger, à l’époque où j’ai commencé professionnellement avec l’Orchestre. Je débutais, j’avais encore à apprendre, mais il m’a bien soutenu et guidé, de façon très respectueuse. »

Vous voulez y aller?
Vienne : la 5e de Mahler
Orchestre symphonique de Sherbrooke
Samedi 20 avril, 20 h
Salle Maurice-O’Bready
Entrée : à partir de 38 $ (étudiants : à partir de 16 $; aînés : à partir de 34 $)