Cathy Gauthier
Cathy Gauthier

Centre culturel de l'UdeS : quinze spectacles pour garder le lien

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
 Avec l’impossibilité d’accueillir plus de 250 personnes dans la salle Maurice-O’Bready, soit un sixième de la capacité des lieux, Mario Trépanier aurait pu décider de lancer la serviette et de reporter la réouverture à la fin de la pandémie, même si personne ne la voit poindre. C’est mal connaître son dévouement envers les arts de la scène et, surtout, envers le public. D’où la programmation automnale adaptée qui a été annoncée mercredi : une quinzaine de spectacles offerts dans plusieurs créneaux et respectueux des consignes covidiennes.

« C’est ma motivation première : garder le lien avec notre clientèle, dont une partie nous est très fidèle », résume le directeur général et artistique du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Mario Trépanier est aussi très heureux d’avoir réussi à bricoler un calendrier diversifié. On savait que certaines formes d’art, comme l’humour et la chanson, pouvaient plus facilement se plier aux mesures de distanciation, mais il y aura aussi du théâtre, du cirque et même de la danse.

« C’est une prestation en duo et les deux danseurs forment un couple dans la vie », explique Mario Trépanier à propos de La question des fleurs de Mikael Spinnhirny (1er novembre). « Quant au spectacle de cirque de Flip Fabrique, Six degrés [15 novembre], la compagnie était en processus de création quand la pandémie a commencé. Elle a donc pu adapter la mise en scène pour respecter la distance entre les artistes. »

Michel Barrette

Des offres adaptées

La programmation est surtout née des offres faites par certains producteurs de spectacles désireux de continuer malgré les circonstances. Ainsi, Michel Barrette, qui n’a guère besoin que d’un micro et de ses talents de conteur pour occuper une scène, arrive avec une nouvelle prestation intitulée Sans masque (10 octobre). Laurent Paquin (31 octobre) et Rachid Badouri (7 novembre) débarqueront avec des invités, dans une formule où ils pourront soit roder des numéros inédits, soit puiser dans leurs classiques. Pour la pièce Frida Kahlo — Correspondance (20 octobre), un solo avec Sophie Faucher, seuls quelques ajustements de mise en scène ont été nécessaires pour reprendre la tournée amorcée plus tôt cette année.

« Un autre exemple : Christian-Marc Gendron devait venir en octobre avec son spectacle Piano Man 2. Ce spectacle avec plusieurs musiciens, nous l’avons reporté. Mais il nous est revenu avec une autre proposition en duo, avec Brigitte Boisjoli [5 décembre] », souligne le directeur.

Zébrina, une pièce à conviction, autre solo théâtral produit par le Théâtre du Nouveau Monde (22 novembre), la conteuse Renée Robitaille (21 octobre), le spectacle Déplogué des 2Frères (24 octobre), la matinée jeunesse Le gros orteil (29 novembre), Cathy Gauthier en rodage (12 décembre) et la revue musicale d’Undercover Legends of rock (19 décembre) figurent aussi au menu automnal. 

Les billets sont en prévente les 3 et 4 septembre pour les abonnés du Centre culturel et offerts au grand public dès le samedi 5 septembre.

Sophie Faucher dans <em>Frida Kahlo – Correspondance</em>.

Comme au restaurant

Avec la possibilité de garder 1,5 mètre de distance entre les spectateurs une fois que ces derniers sont assis, il y aura deux sièges libres entre chaque personne ou groupe de personnes dans la salle Maurice-O’Bready, Une rangée sur deux sera occupée. Quant aux déplacements, les règles seront les mêmes que l’on observe déjà dans d’autres milieux comme la restauration ou le commerce de détail, soit la distance de deux mètres et le port du masque.

Évidemment, avec seulement 250 personnes dans une salle de 1501 places, on peut se questionner sur la rentabilité du CCUS dans un tel contexte. Mario Trépanier mentionne qu’il vise l’équilibre budgétaire pour les spectacles de l’automne, mais attend impatiemment l’aide gouvernementale évoquée durant l’été.

2Frères

« Évidemment, je ne sais pas encore comment se déroulera la vente de billets ni l’adhésion des spectateurs à cette nouvelle expérience. C’est donc possible que les événements ne soient pas tous rentables. Maintenant, les producteurs et artistes participent aussi à l’effort, en présentant des spectacles moins coûteux et en demandant des cachets réduits. Mais il semble que l’annonce de l’aide gouvernementale soit imminente. Du moins, je l’espère. »

Si on regarde le site internet du Centre culturel, on notera que plusieurs spectacles mis en vente avant le début de la pandémie sont toujours au calendrier. Plusieurs de ces soirées risquent évidemment d’être reportées ou annulées au cours de la saison, certaines ayant déjà franchi la barre des 250 billets vendus.

« Étant donné que les reports et les annulations impliquent une importante charge de travail à la billetterie, nous avons décidé d’y aller un mois à la fois. Nous sommes en septembre, alors nous surveillons octobre en ce moment. C’est une formule qui plaît aussi aux producteurs... Car il y en a encore quelques-uns qui voient l’avenir en couleur et espèrent un retour à la normale durant l’automne », rapporte un Mario Trépanier plus enclin à croire que la limite des 250 spectateurs sera là au moins jusqu’à Noël.

Mario Trépanier, directeur du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.