En compagnie du directeur général du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke Mario Trépanier (en bas à gauche), plusieurs artistes de la saison 2018-2019 du CCUS : Yoan, Mario Jean, Yves P. Pelletier, Alexandre Barrette, Sylvain Cossette, Marc-André Coallier, Guy Jodoin, David Goudreault, Marcel Leboeuf, Jean-Pierre Chartrand, Guillaume Lemay-Thivierge, Émily Bégin, Valérie Blais, Jean Leclerc et Bernard Fortin.

Centre culturel de l'UdeS : «Ce sont de belles années»

« Les chiffres sont à peu près égaux à l’année précédente. Avec 166 représentations en 2017-2018 et entre 140 000 et 150 000 entrées dans la salle de spectacles, nous avons eu une saison légèrement supérieure à 2016-2017, mais de très peu. Nous maintenons notre vitesse de croisière. On peut dire que nous traversons de bonnes années. Nous sommes très contents », commente le directeur général, qui ne démord pas de la formule des abonnements, même s’il est parfois difficile de convaincre les artistes et leurs agents, qui doivent accepter des concessions au cachet.

« Nous, nous savons que cette formule a un excellent effet sur la durée de vie des spectacles. Certains artistes sont conscients aussi maintenant que ça vaut le coût. Pour d’autres, il faut parfois négocier plus fort, mais ils finissent par voir les résultats. Il faut dire que c’est notre quatrième année où nous n’avons pas augmenté le prix des abonnements. »

En effet, ceux-ci seront encore offerts à 175 $ (155 $ pour la série Danse, 128 $ pour la série Cirque). La promotion du sixième spectacle gratuit, à ceux et celles qui achèteront leur série avant la fin de la période d’abonnements (9 juin), est toujours en vigueur.

La saison 2018-2019 s’est en quelque sorte échafaudée comme le prolongement de la précédente. Par exemple, après le succès remporté par la première série Danse complète (celle de 2016-2017 n’avait duré qu’une demi-saison), cinq nouveaux spectacles attendent les amateurs, notamment le retour de la compagnie brésilienne Grupo Corpo, qui n’était pas venue depuis 2010. Grâce à son association avec l’organisme Danse danse, qui amène des prestations d’envergure internationale à Montréal, Sherbrooke s’inscrit dans le circuit de tournée,

La réponse a aussi été bonne en cirque. La série passera donc de trois à quatre spectacles. « Nous avons eu entre 600 et 700 personnes en moyenne cette année. L’habitude se développe », souligne Mario Trépanier.

L’une des prestations, Le songe d’une nuit d’été, est également offerte en théâtre, car elle est née d’une association entre deux compagnies de Québec, le théâtre Le Trident et la compagnie de cirque Flip Fabrique.

Danse et cirque se retrouvent aussi dans la série À la carte, laquelle permet toujours de construire son propre abonnement dans un bassin de 43 spectacles.

Pour une troisième année, la série Chanson sera réservée aux revues musicales. Elle a même été rebaptisée Chanson Je me souviens et s’adressera surtout aux nostalgiques. On y retrouve le spectacle 80’s de Sylvain Cossette, le retour des Forever Gentlemen avec un nouveau tour de chant, l’hommage à Aznavour Formidable! et la revue musicale Francostalgie, un panorama du meilleur de la chanson d’expression française, de 1965 à 1995, avec différents interprètes comme Maxime Landry et Vanessa Duchel.

Quant aux autres spectacles de chansons (Julien Clerc, Hugues Aufray, Yves Duteil, Jean-Pierre Ferland, Yoan, Michel Fugain, Marie-Denise Pelletier, Dominique Hudson, Guylaine Tanguay, Bruno Pelletier...), ils se retrouvent dans À la carte. « Les propositions en chansons étaient tellement différentes les unes des autres que cela devenait de plus en plus difficile de créer une série cohérente en chanson et de convaincre les gens de s’abonner », explique Mario Trépanier.

Grand amateur de théâtre, le directeur a eu un coup de cœur particulier pour Comment je suis devenu musulman, une comédie qui se retrouve dans les Mercredis au théâtre, aux côtés notamment de Je vous écoute (Mario Jean et Marc-André Coallier), Toc Toc (Marcel Leboeuf et Diane Lavallée) et Fais-toi une belle vie (Guillaume Lemay-Thivierge). « L’auteur Simon Boudreault s’est en partie inspiré de sa vie, car il s’est marié avec une musulmane, selon le rituel musulman. C’est amusant et actuel, un petit bonbon! »

Mario Trépanier a aussi réussi à mettre la main sur J’aime Hydro, pièce phénomène de Christine Beaulieu, lauréate du prix Michel-Tremblay. Le spectacle documentaire de trois heures trente sur le lien entre les Québécois et leur société d’État fait de plus en plus jaser. « La tournée 2018-2019 s’annonce encore plus étoffée pour eux. »

Le directeur est aussi fier d’avoir fait une place à deux artistes locaux dans sa programmation, soit David Goudreault et Labokracboom. « Ça nous permet d’avoir une petite saveur sherbrookoise cette année. »

Guy Jodoin

Guy Jodoin
Bilan, 22 janvier 2019

« J’ai flirté avec quelques rôles dramatiques durant ma carrière, mais qu’on me demande de jouer dans Bilan de Marcel Dubé, c’est vraiment un plaisir pour moi. Quand le metteur en scène Benoît Vermeulen m’a appelé, j’ai tout de suite dit oui. L’action se passe en 1960. On sort de la Grande Noirceur pour amorcer la Révolution tranquille. Mon personnage, William, est un riche homme d’affaires, marié à Margot (joué par l’excellente Sylvie Léonard), qui souhaite que Jean Lesage soit détrôné et se lance en politique, mais qui s’aperçoit, au moment où il pense que son entreprise sera reprise par ses enfants, qu’aucun d’entre eux n’est intéressé, que tous préfèrent vivre autre chose plutôt que de suivre les mêmes valeurs, comme l’argent et la religion. Il réalise aussi que son mariage est foutu. Toutes ses fondations s’écroulent. » Steve Bergeron

Valérie Blais

Valérie Blais
Candide, 23 octobre 2018

« C’est un texte de Pierre-Yves Lemieux, d’après le conte philosophique de Voltaire. Je fais plusieurs rôles dans cette production, dont celui de Mme Denis, la compagne de Voltaire, qui tente de le persuader, avec les comédiens de sa troupe de théâtre, de faire éditer son récit. Et pour le convaincre, ils jouent Candide pour lui, soit l’histoire d’un jeune homme qui part à la recherche de son amour, qui traverse morts et guerres pour finalement revenir chez lui et cultiver son jardin, car selon Voltaire, on n’est jamais aussi bien qu’à la maison à travailler à son propre bonheur. C’est la metteuse en scène Alice Ronfard qui m’a offert de participer à la pièce, et comme j’avais envie de revenir au théâtre, de retrouver un univers classique et de me battre à nouveau avec la langue française, j’ai accepté avec plaisir. »  Steve Bergeron

Alexandre Barrette

Alexandre Barrette
10 et 11 mai 2019

Alexandre Barrette a mis du temps pour créer son premier spectacle solo, mais sa plume ne s’est pas arrêtée depuis (et les nominations non plus!). Il viendra inaugurer la tournée de son troisième à la salle Maurice-O’Bready. Un stand-up aux thèmes variés mais tout de même personnels attend son public. « J’y ai mis tout ce qui me fait rire. Je n’ai pas de sujets prédéterminés lorsque j’écris. » Il mentionne en exemple son expérience avec le végétarisme et ses impressions sur un documentaire qui porte sur les prisonniers. Malgré le travail qu’il a devant lui pour terminer ce nouveau projet, il se dit très confiant. Son dernier rodage a même mérité une ovation debout il y a quelques semaines. « C’était au-dessus de mes attentes, j’étais presque ému », ajoute-t-il.
Bien que plusieurs le connaissent comme l’animateur de l’émission Taxi payant, Alexandre soutient que la scène demeure sa priorité et son plus grand plaisir. Il est aussi très heureux de pouvoir démarrer sa tournée à Sherbrooke avec une salle « incroyable » et un public
« connaisseur d’humour ».  Jasmine Rondeau

Sylvain Cossette

Sylvain Cossette
La tournée 80’s, 23 novembre 2018

La nostalgie s’est encore une fois emparée de Sylvain Cossette. Après avoir ratissé le Québec avec sa triomphale tournée 70’s, il s’attaque à la décennie suivante et retourne à ses années au sein du groupe Paradox, lequel reprenait, au commencement, les grands succès de l’époque. Sherbrooke éveille aussi de très beaux souvenirs pour lui : son ancienne formation a joué à plusieurs reprises dans les bars estriens. L’idée de faire une tournée sur les années 80 lui était souvent proposée par ses admirateurs sur les réseaux sociaux. « Je me suis mis à penser à ça et à mes 10 années de bars. J’avais le sourire fendu jusqu’aux oreilles juste à réfléchir aux chansons que je pourrais faire. J’en ai parlé à mes musiciens, et tout le monde était super excité! » Des succès pour lui incontournables, comme ceux de U2 et de Sting, font partie de la quarantaine d’extraits choisis pour le spectacle. Incapable de faire une plus petite sélection, il a bâti sa performance sous forme de medleys. « Ce sont mes influences à moi, c’est là que j’ai appris mon métier. » Il ajoute sa signature aux chansons, mais le son des artistes auxquels il rend hommage est très près du sien en premier lieu.  Jasmine Rondeau

Guillaume Lemay-Thivierge

Guillaume Lemay-Thivierge
Fais-toi une belle vie, 3 avril 2019

L’acteur, conférencier et animateur Guillaume Lemay-Thivierge ajoute une corde à son arc et se lance à pieds joints dans la production théâtrale. L’œuvre qu’il présentera au Centre culturel au moins d’avril 2019 est « drôle, accessible, intelligente et avec de la légèreté, mais sans être légère! » Il soutient qu’elle a été conçue pour offrir au public ce qu’il a envie d’aller voir.
La pièce raconte l’histoire de Michel, quadragénaire et en burn-out, qui décide d’acheter un chalet avec sa compagne et un couple d’amis pour se relaxer. L’arrivée de Janie Sucre, adolescente de 15 ans, viendra chambouler les plans. La jeune fille fait tantôt des apparitions, tantôt la narration, tout en partageant ses préjugés sur les adultes. « Fais-toi une belle vie », c’était une phrase que la mère de Guillaume lui disait souvent. La pièce est née d’un désir de démarrer un projet qui rassemblerait les gens qu’il aime. Il y joue donc  l’idée originale de son ami François Chénier, aux côtés de sa fille Charlie Lemay-Thivierge et de sa conjointe Émily Bégin. La comédienne Sandrine Bisson fait aussi partie de la distribution, à la plus grande joie du producteur. Yves Desgagnés, metteur en scène et script-éditeur du projet, a accepté d’y participer les yeux fermés.  Jasmine Rondeau