Le jeune guitariste torontois Calum Graham donnera quatre spectacles en Estrie à partir de ce soir.

Calum Graham : L’homme que la guitare a choisi

Le guitariste canadien de renommée internationale Calum Graham amorce une tournée québécoise d’une quinzaine de dates, dont quatre spectacles en Estrie, rythmés à souhait, avant de lancer son cinquième album solo l’été prochain.

« Je suis réellement choyé de parcourir le monde en jouant de la guitare », lance d’emblée le jeune prodige depuis Anchorage, en Alaska, avant d’aller offrir sa magie à ses admirateurs. « Je suis tellement chanceux de pouvoir partager mon amour de la guitare avec les gens qui aiment ma musique. Dans le monde des arts, il n’y a aucune garantie. Tu peux ouvrir ton âme, tes tripes aux autres et être tout simplement ignoré. C’est pour ça que je suis rempli de joie lorsque je vois les commentaires des gens qui ont été touchés par ma musique. »

Passionné de plein air, Calum Graham est devenu guitariste en utilisant une technique très rare et difficile à jouer, le fingerstyle. La technique, qui requiert des années de répétition avant d’être maîtrisée, consiste à tirer toutes les cordes de la guitare acoustique avec tous les doigts des deux mains.

« Quand on écoute ce style pour la première fois, on a l’impression que trois guitares jouent en même temps. Je joue la partition de basse avec la main gauche et la mélodie avec la droite. Ça couvre la basse, la mélodie et le rythme. C’est comme un petit orchestre avec une seule guitare. Ça crée beaucoup de possibilités pour un guitariste solo. C’est ce sur quoi je me concentre depuis les dix dernières années. »

Pour ce faire, il utilise des guitares bien spéciales qui lui permettent d’exploiter la technique au maximum. Une guitare en fibre de verre et une guitare-harpe, cette dernière impressionnante au premier regard, font partie de son arsenal. Elles seront d’ailleurs avec lui lors de ses spectacles.

« La guitare en fibre de verre est faite en Allemagne par la compagnie Leviora et sonne mieux que la grande majorité des guitares que j’ai essayées. Ils ont vraiment une recette magique. Pour ce qui est de la guitare-harpe, c’est un instrument que j’ai rajouté récemment à mon répertoire, ça donne un résultat très intéressant. »

Papa et Don Ross

L’artiste d’origine torontoise, qui, à seulement 26 ans, s’est déjà produit en spectacle en Allemagne, en Autriche, en Chine, en Suisse et aux États-Unis, aurait peut-être manqué sa rencontre avec la guitare si son père n’avait pas eu autant de volonté.

« Mon père a fumé la cigarette pendant 35 ans. Quand il a décidé d’arrêter, il voulait développer une autre habitude pour l’aider à ne pas s’en ennuyer. C’est alors qu’il s’est acheté une guitare et qu’il a commencé à en jouer. Petit à petit, il m’a appris à jouer des chansons de grandes formations comme Aerosmith. Je me suis mis à en jouer sans cesse et il m’a inscrit à des cours de guitare. »

Ses ambitions se sont précisées lorsqu’il a entendu le guitariste fingerstyle Don Ross, un pionnier du genre. « La première fois que je l’ai entendu jouer, j’étais bouche bée. Je me demandais comment il faisait pour produire tous ces sons avec une seule guitare. C’est à partir de ce moment que je me suis mis à écrire et à développer mon propre style », explique-t-il.

Un cinquième album 

En plus d’enfiler les spectacles sur la côte ouest et en Estrie (Weedon, Richmond, Lac-Mégantic et Coaticook) à un rythme effréné, l’artiste de 26 ans est en train d’enregistrer son prochain album sous la supervision d’un vétéran guitariste québécois.

« J’intègre le chant graduellement à mon art sur ce nouvel album. J’ai la chance de travailler avec le guitariste francophone Antoine Dufour, qui est un artiste tout simplement incroyable. Il s’occupe de la production et du montage pour ce nouveau projet. Ça devrait sortir dans quelques mois et j’ai bien hâte de faire entendre le résultat. »

Calum Graham facilite la tâche aux guitaristes amateurs qui veulent s’initier au fingerstyle ainsi qu’à sa musique en vendant les partitions de ses pièces à un prix modique. « Je ne m’attendais jamais à ce que des gens reprennent mes chansons et les mettent en ligne sur YouTube. J’ai remarqué que de plus en plus de gens laissaient des commentaires sur mes vidéos pour avoir les partitions. C’est alors que j’ai eu l’idée de les rendre accessibles. »