L'humoriste Martin Petit

Bye Bye Rozon

BLOGUE / L'image était parlante: Martin Petit, entouré d'une dizaine d'humoristes, qui lancent leur propre Festival du rire de Montréal. Une bande d'insoumis motivée qui prépare une petite révolution dans le monde de l'humour québécois. Michel Barrette, Marie-Lise Pilote, Maxim Martin et le plus drôle d'entre tous hier, Julien Lacroix. Il y en avait du monde sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche.

En tout, une quarantaine d'humoristes ont déjà embarqué dans l'aventure avec Petit. Personne n'a dit non. Et pourtant, «fédérer des humoristes, c'est comme montrer des tours de magie à des chats», blague Martin Petit. Appuyé par la ministre Dominique Anglade et le Mouvement Desjardins, le projet semble solide. Pas encore de dates pour l'événement, mais une rencontre prévue lundi avec la ministre Mélanie Joly.

Comme plusieurs de ses collègues, Petit s'est senti trahi par Rozon, qui produisait sa série Les pêcheurs. Il lui a parlé au téléphone la dernière fois trois semaines avant la sortie du scandale. Et comme chaque fois, Rozon a terminé la conversation en lui disant: «Merci Martin pour ta confiance.» Quelle ironie. Petit a décroché de Juste pour rire en apprenant que Rozon allait vendre son entreprise au plus offrant. Pas question qu'il participe à ces enchères, s'est-il dit avec d'autres humoristes autour d'une bière. Le projet est né.

La valeur de Juste pour rire a sérieusement chuté depuis, mais ce n'était pas le but, plaide Réal Béland, qui voulait d'un festival partageant de meilleures valeurs. Il souhaite que les techniciens soient mieux payés et que les billets soient moins chers que pour Juste pour rire. «Si on met l'argent à la bonne place, je pense qu'on va réussir à le faire», dit-il. Cathy Gauthier, Les Denis Drolet, Phil Roy, Mike Ward et Louis-José Houde font aussi partie du collectif.

Seconde visite de Margaret Atwood sur le plateau de Guy A. Lepage, pour le nouveau roman C'est le cœur qui lâche en dernier. Un moment de grâce avec cette romancière d'une grande sagesse, à qui je décerne mon étoile du match. La Canadienne a surtout parlé de La servante écarlate, en raison du succès de la série, sur des femmes esclaves de fondamentalistes religieux. L'auteure s'est assurée que tout ce que raconte son histoire s'est déjà produit quelque part dans le monde. Une règle que devra suivre la deuxième saison, qui n'est plus son histoire, mais pour laquelle elle agit comme conseillère.

Elle admet que l'élection de Donald Trump a eu un effet sur l'équipe de tournage. «Rien n'avait changé dans la série, mais le contexte autour avait changé. La série allait être perçue autrement.» Le Prix Nobel de littérature lui a encore échappé. Assez pour la contrarier? Jamais. «Il faut comprendre ceci: les prix hommage pour l'ensemble d'une œuvre sont des jalons sur le chemin de la mort», répond-elle.

Pierre Thibault, Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie ont eu à défendre leur Lab-École, décrié entre autres par les enseignants et les syndicats. Thibault affirme tout de même que le trio est accueilli à bras ouverts lors de ses passages dans les écoles. L'architecte souhaite des cours de récréation avec des arbres, des potagers, que «l'école soit l'endroit le plus attractif».

Valérie Plante n'allait certainement pas abandonner son sens de l'humour en entrant en politique. «On ne devrait pas se sentir coupable de sourire», affirme la première mairesse de Montréal. «Je pense que ça donne envie à ben du monde d'avoir du fun dans la vie!»

Bien sûr, le virage de Richard Bergeron, qui renie soudainement Denis Coderre, la fait sourire. «M. Bergeron est très flexible, idéologiquement parlant. C'est quand même assez drôle à voir.» Ce qui a inspiré à Martin Petit cette nouvelle expression: «Y'a juste Richard Bergeron qui change pas d'idée.»

Valérie Plante promet de ne pas augmenter les taxes, d'envoyer la Formule E au Circuit Gilles-Villeneuve, n'est pas contre le retour des Expos, mais demandera aux Montréalais s'ils sont prêts à payer. Et elle promet aussi d'éliminer ces chantiers inactifs durant plusieurs jours, qui ajoutent au stress des automobilistes.

Tâche ingrate pour Jonathan Roberge d'arriver après Margaret Atwood, avec les gags de son Petit Roberge un petit peu illustré, qu'il qualifie lui-même de «livre de jokes de toilettes». «Tu vas gagner un prix Nobol», a blagué Martin Petit. Ça ne riait pas beaucoup, avant que l'humoriste sorte ses blagues sur Tout le monde en parle, «un phare pour les radios de Québec, qui sont pendues à leurs lèvres le dimanche soir pour savoir sur quoi bitcher le restant de la semaine».

La toute discrète Jain a fait bon effet sur le plateau. La Française qui chante en anglais n'avait que 16 ans lorsqu'elle a écrit la chanson Come, dont la vidéo a été vue 70 millions de fois sur YouTube. Douée en graphisme, elle a finalement choisi de gagner sa vie avec la musique. Le second album s'en vient, toujours en anglais.

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