Les quatre interprètes de Nous, Marysole Gagnière, Danika Cormier, Joachim-Yensen Martin et Annie Deslongchamps, lors d’une répétition.

Braquer les projecteurs sur Nous

L’inspiration artistique peut surgir à tout moment. La chorégraphe Marysole Gagnière est certes en mesure d’en témoigner puisque l’étincelle à l’origine de son spectacle Nous a jailli alors qu’elle regardait un de ses fils s’entraîner au soccer dans un parc à Magog.

Le moment magique s’est produit peu de temps après que la créatrice se soit installée en Estrie avec sa famille au début des années 2010. Elle était assise en bordure d’un terrain de soccer situé dans l’est de la ville de Magog. Des parents autour d’elles regardaient leur cellulaire et d’autres s’intéressaient distraitement aux exercices auxquels étaient astreints leurs enfants sur le terrain.

« On avait une très belle vue vers les montagnes au loin et, à un certain moment, le soleil s’est couché. C’était vraiment très beau, mais je voyais qu’autour de moi, les gens ne regardaient pas ça. Ça m’a donné le goût de montrer la beauté de notre milieu, de valoriser les beaux lieux du coin. On vit au cœur d’espaces remarquables et souvent, on ne les voit pas », raconte-t-elle.

Détentrice d’une maîtrise en création chorégraphique, Marysole Gagnière a monté plusieurs spectacles au fil de sa carrière. Elle en a d’ailleurs produit quelques-uns dans la région avant Nous, démontrant ainsi qu’il est possible d’animer la scène de la danse même à l’extérieur des grands centres.

« La danse me permet de déposer mes observations sur le monde, note-t-elle. Mais je ne veux pas être moralisatrice. Je cherche plutôt à créer une connexion avec le public. »

Pour créer Nous, Marysole Gagnière a reçu une bourse de 13 000 $ de la part du Conseil des arts et des lettres du Québec. Elle a également travaillé à la création de sa nouvelle œuvre dans le cadre d’une résidence de création d’environ trois mois au Centre des arts de la scène Jean-Besré, à Sherbrooke, et a reçu le soutien du monde municipal.

Spectacle « portable »

En raison de sa forme, son nouveau spectacle est facile à produire à peu près n’importe où. « La scène qu’on utilise pour ce show n’est pas grande : elle fait seulement quatre mètres sur quatre. Je veux qu’on se promène avec Nous. Des fois, il y a des créations qui ne marchent pas en danse parce qu’elles sont trop chères. Je souhaitais faire les choses différemment, développer une œuvre portable. »

La première représentation grand public aura lieu au centre culturel Saint-Patrick à Bolton-Est samedi à 15 h. Deux représentations extérieures, transférables à l’intérieur en cas de pluie, sont prévues à Eastman et Magog les 3 août et 14 septembre prochains.

« J’ai le goût de mettre à profit les lieux où se tiendront les représentations déjà à l’horaire et celles qui pourraient s’ajouter plus tard. Par exemple, à la pointe Merry à Magog en septembre, j’aimerais que le vent soit intégré au spectacle, d’une certaine façon, pour obtenir une expérience réellement unique », confie Marysole Gagnière.

Le spectacle repose sur les épaules de quatre interprètes. Outre Marysole Gagnière, Danika Cormier, Joachim-Yensen Martin ainsi que Annie Deslongchamps forment le groupe d’artistes chargé de révéler Nous au public.

Les quatre interprètes offriront une série de « tableaux ou polaroids en mouvement » aux spectateurs sur des musiques notamment composées par aKido, Martin Lizotte et Klô Pelgag. Si la danse est le médium de prédilection de la chorégraphe, cette dernière admet que Nous a parfois des accents théâtraux.  

« Ça donne un univers à la fois intriguant, ludique et poétique. Des gens qui ont vu le résultat final, lors d’une présentation spéciale, m’ont dit que c’était un peu comme un conte. Ça s’adresse à tout le monde. Dans le passé, je me suis aperçue que ce qui est trop abstrait a des limites et je ne veux pas rejoindre seulement les initiés », explique la chorégraphe engagée.


Vous voulez voir?

Nous

Samedi 20 juillet, 15 h

Centre culturel St-Patrick, Bolton-Est

Samedi 3 août, 19 h 30

Galerie La Station à Eastman

Samedi 14 septembre, 13 h 30

Pointe Merry, Magog

Entrée gratuite