Boutiverre : « désembouteiller » le verre

Les luminaires qui sortent de l’atelier de Caroline Couture, l’artisane derrière l’entreprise Boutiverre, sont aussi écolos qu’originaux. Dans son atelier-boutique situé à Knowlton, la créatrice manipule le verre depuis trois ans et réalise de magnifiques objets à partir des bouteilles qu’elle récupère dans différents restaurants et auberges du village.

« J’ai étudié les métiers d’art à Montréal en suivant le programme de verre. J’aimais beaucoup l’effet du verre soufflé, c’était ma technique préférée, mais je cherchais une façon de le travailler sans avoir à utiliser la fournaise 24 heures par jour, sept jours sur sept, pour garder le verre en fusion. Je trouvais que pareil équipement énergivore n’était pas très actuel ni très écologique. »

Après plusieurs essais infructueux, l’artisane d’origine mont-réalaise a réussi à développer une technique qui lui permet de manipuler le verre recyclé.

« C’était un défi parce que ce type de verre ne réagit pas tout à fait de la même façon. Comme je travaille à partir d’objets qui ont déjà une forme et une certaine épaisseur, je n’essaie pas de contourner les contraintes. Je fais avec. Je m’inspire de l’objet que j’ai devant moi pour en créer un nouveau. Réutiliser ce qui existe déjà, c’est pour moi la façon la plus logique de travailler le verre. J’essaie de suivre ma passion en le faisant de façon écoresponsable. »

Lampes, bols, verres, pots de crème et de sirop, carafes et autres objets travaillés sont au cœur de sa production.

« J’utilise principalement des bouteilles d’eau. Dans toute ma production, ce sont les lampes qui sont les plus populaires. Plusieurs personnes viennent en boutique les sélectionner ou passer leur commande. »

Les suspensions qu’elle façonne sont soufflées à main levée. Chacune a son caractère, ses particularités.

« J’ai des partenariats avec différents établissements du coin, qui me gardent leurs bouteilles vides. Je crée mes œuvres et j’ajoute des textures naturelles en jouant avec de l’eau ou de la cendre de bois, par exemple. Chaque pièce est unique, c’est ce qui fait le charme. »

En dépit de ce qu’on pourrait penser, le verre n’est pas si fragile. « Il est même plutôt résistant, puisqu’il est conçu pour transporter des liquides. Il résiste relativement bien aux chocs. »

Comme 17 autres exposants, la créatrice de 35 ans participe pour une première fois au Salon des métiers d’art de l’Estrie. Elle en profitera pour présenter une toute nouvelle collection de lampes à la finition laiton, destinée à prendre davantage de coffre dans son atelier.
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boutiverre.com

Karine Tremblay dresse le portrait de trois créateurs à l'honneur du 29e Salon des métiers d’art de l’Estrie.

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Caroline Couture, l’artisane derrière l’entreprise Boutiverre.