Les interprètes du spectacle<em> La question des fleurs</em>, Daphnée Laurendeau et Danny Morissette.
Les interprètes du spectacle<em> La question des fleurs</em>, Daphnée Laurendeau et Danny Morissette.

Bouquet de mouvements

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
C’est au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke que le spectacle La question des fleurs amorce sa vie devant public le dimanche 1er novembre à 15 h. Chorégraphiée par quatre créateurs et portée par deux interprètes qui forment un couple sur scène comme dans la vie, l’originale proposition scénique est née des contraintes qu’imposent les consignes sanitaires. Entretien avec Mickael Spinnhirny, concepteur de cet atypique projet.

Q Ce spectacle-là est né en raison de la pandémie?

R Exact. J’en ai eu l’idée pendant le confinement. Avec mon agence, nous représentons une douzaine de compagnies de danse. La pause imposée par la pandémie a entraîné la suspension des activités des chorégraphes et interprètes. Plus de 250 représentations ont été touchées… En mai, on s’est dit qu’il fallait être créatifs pour permettre aux artistes de travailler. J’ai pensé réunir quatre chorégraphes et faire appel à un couple pour interpréter les chorégraphies. L’idée a été lancée un lundi, tout le monde a dit oui. Le mardi, on était déjà sur Zoom en train d’imaginer un spectacle.

Q Vous avez fait appel aux chorégraphes Christophe Garcia, Ismaël Mouaraki, Dominique Porte et Andrea Peña. Tous n’habitent pas le même continent... c’était un défi de gérer la création à distance?

Avec le décalage horaire, c’est vrai qu’on ne s’est pas facilité la vie [rires]. On a vu beaucoup de débats autour du numérique et des arts. Nous, au lieu de nous battre contre la technologie, on a décidé de nous en servir. Les rencontres créatives se passaient à l’écran. Chacun des chorégraphes a une signature très différente. Ismaël vient du milieu des danses urbaines. Dominique a une approche très ludique. Christophe, c’est le romantique du groupe et Andrea propose des trucs chargés d’une énergie brute. On avait le sentiment d’être ensemble, malgré la distance. Les décisions ont été prises en groupe et ça a été un exercice tellement enrichissant qu’on le répétera assurément dans le futur.

Q Comment décrivez-vous le résultat?

R C’est un voyage à travers quatre écritures, mais on ne l’a pas découpé en tableaux distincts. Le spectacle rend hommage au formidable travail des interprètes, Daphnée Laurendeau et Danny Morissette, qui savent magnifiquement passer d’un style à un autre et rendre, en mouvements, les idées des différents chorégraphes. La musique de Laurier Rajotte tisse un fil conducteur, une dramaturgie sonore, en quelque sorte.

Q Qu’évoque le titre du spectacle?  

R L’idée des fleurs est venue de ce constat : en temps de pandémie, certaines choses sont interdites. Offrir des choses ou des fleurs par exemple. Après ça, on voulait bâtir une offrande scénique positive, lumineuse, comme un bouquet de fleurs. En choisissant de créer malgré les contraintes, il n’était pas question qu’on fasse des concessions au chapitre de la qualité de ce qu’on propose.  

Q Comment s’annonce la tournée? 

Déjà, seize villes veulent présenter le spectacle. On a eu des invitations à l’étranger, mais présentement, ce serait irresponsable d’y envoyer nos interprètes. La sécurité des artistes et du public prime sur tout le reste. Le temps des fleurs reviendra... Celui de la tournée internationale aussi!