Les retrouvailles de David Bouchard (Patrick Huard) et Martin Ward (Colm Feore) se révèlent autant, sinon plus emballantes que dans le premier film.

Bon cop bad cop 2 : efficace, enlevant et attachant

Bon cop bad cop 2 marche. Très bien même. En dépit des invraisemblances, lesquelles sont en partie nécessaires pour que la comédie et l'action gardent le haut du pavé. C'est justement l'humour, la prestation des acteurs et une histoire malgré tout astucieuse dans sa façon de maintenir le suspense qui font que cette suite, onze ans plus tard, vaut le détour.
Comprendre que, par rapport au premier film, on est dans quelque chose de beaucoup plus gros, une affaire policière qui, découvrira-t-on à mi-chemin, se transforme en enjeu de sécurité internationale. Tout, dans ce deuxième volet, devait donc prendre de l'ampleur. Malheureusement, les ficelles ont aussi subi l'effet de loupe. Mais on pourrait rétorquer que bien des équivalents américains (la série des Rapides en dangereux pour ne pas la nommer) ne sont pas des monuments de réalisme et qu'on ne se prive pas du plaisir pour autant.
C'est d'ailleurs à cette iconique série américaine que fait immanquablement penser l'ouverture, laquelle cultive efficacement la confusion lorsque l'on voit David Bouchard (Patrick Huard), barbe et cheveux devenus longs et gris, voler une voiture! Malheureusement, la poursuite filmée sur l'autoroute Décarie perd de son impact parce qu'on se demande un peu qui pourchasse qui...
Mais c'est le seul véritable défaut du début, lequel s'avère très fort et très dense en action, tout en situant bien les cinéphiles sur ce que sont devenus David Bouchard et Martin Ward (Colm Feore). Leurs retrouvailles seront assez particulières, merci! Très rapidement, les deux amis devront refaire équipe pour éclaircir le mystère entourant un réseau de vols de voitures, dont les véritables motivations sont hautement suspectes.
On assiste d'ailleurs à un habile crescendo dans toute la première moitié du film, le scénario bricolé par Huard réussissant à cultiver un efficace suspense. On est aussi anxieux que les personnages de découvrir le pot aux roses, jusqu'au paroxysme de la scène centrale (la plus forte) se déroulant dans un petit village du Maine (tournée à Richmond).
Explosions canadiennes
C'est après que ça se gâte un peu, alors que l'histoire se met au service de l'action, des cascades et de l'humour, et non l'inverse. On ne fera pas étalage de tous les moments emphatiques et raccourcis tirés par les cheveux (les bombes dans les GPS, le pompeux soliloque du chef du FBI...). Disons qu'il faut convaincre son cerveau à embarquer dans le jeu et accepter que le réalisme soit souvent foulé au pied, y compris au moment des quelques explosions, lesquelles sont parfois d'envergure pour le moins canadienne.
Heureusement qu'il y a l'humour de Huard, toujours aussi efficace, avec quelques clins d'oeil (dont celui à matricule 728), même si la surdose survient quelques fois, notamment avec l'immersion française réussie de Martin et avec Mariana Mazza, qui incarne une charismatique mais très, très intense crack d'informatique. En fait, on a vraiment l'impression que c'est Mariana qui a inspiré le personnage, notamment la blague sur son niveau de testostérone... qu'elle fait dans son propre spectacle.
Mais bravo pour la délicieuse apparition éclair de Claude Poirier. La plupart des répliques de Bouchard, qui ont toujours autant de ressort et d'impertinence, atteignent aussi la cible, alors que le brin de folie ajouté à Martin Ward le rend plus proche. D'ailleurs, des prestations des deux acteurs principaux, rien à redire, ni dans le jeu physique ni dans les émotions, Huard ayant prévu que Martin Ward cache un secret... lequel laisse peu d'espoir pour un troisième volet. Le duo se révèle encore plus attachant, par sa complicité accrue. Quant à Marc Beaupré, il incarne le parfait méchant, inquiétant à souhait, à qui on casserait la gueule tous les jours.
On sent aussi que Huard s'est vraiment fait un gros plaisir en misant cette fois sur l'arrogance, l'indifférence et l'ignorance des Américains pour en faire ses têtes de Turc. La scène où les policiers du Maine se demandent quelle langue parle David deviendra assurément légendaire.