Jean Fernand Girard et Guy Bélanger font partie de la bande des cinq qui se produira au Vieux Clocher de Magog vendredi, les autres s'appelant Bob Walsh, Stephen Barry et Gilles Sioui. À eux cinq, ils cumulent 300 ans de métier.

Blues de famille

Ils ont collaboré aux projets des uns et des autres. Ils ont partagé leur blues sur les scènes d'ici et d'ailleurs, parfois ensemble, souvent séparément. Ils ont chacun fait leur place dans le métier musical, mais ils se sont plusieurs fois croisés en chemin. En d'autres mots, Guy Bélanger, Jean Fernand Girard, Bob Walsh, Stephen Barry et Gilles Sioui ont une feuille de route bien remplie.
« À cinq, on compte 300 ans de métier, résume en riant le pianiste et compositeur Jean Fernand Girard. Et 300 ans de métier qui s'expriment sur une scène, ça fait des étincelles! »
Vendredi, les cinq vétérans se promettent donc des retrouvailles électriques sur la scène du Vieux Clocher de Magog. Réunis sur planches pour célébrer les 40 ans de la salle de spectacle où ils se sont tant de fois produits, ils savent qu'ils y seront comme à la maison. Et que la chimie va opérer.
« Tous les cinq, on a voyagé ensemble, on se connaît depuis tellement longtemps! On a chacun notre parcours et notre façon de faire, mais on fait partie de la même grande famille de musiciens, on partage un langage, un même univers et on fait de la musique en osmose, on se comprend et on se complète », exprime Jean Fernand Girard.
Le joyau de la rue Merry est pour lui chargé de souvenirs et de moments forts.
« Chaque fois qu'on vient y jouer, on sait que ce sera magique, qu'il y aura une connexion avec le public. On le dit souvent, le Vieux Clocher, c'est la mecque. »
Et c'est aussi la reconnaissance.
« J'ai accompagné je ne sais plus combien d'artistes au Vieux Clocher, mais quand je me suis lancé en solo et que j'ai fait mon premier disque, Bernard Caza m'a fait une place dans sa programmation. Ce fut un moment fort. Ça a légitimé mon matériel, ça m'a donné un élan », dit l'harmoniciste Guy Bélanger.
Autre belle marque de confiance : c'est à lui que Bernard Caza a demandé d'orchestrer et de mettre en scène le spectacle-événement.
« La beauté de cette soirée-là, c'est qu'elle sera teintée de toutes les couleurs du blues. Soixante-quinze pour cent de notre répertoire est fait de compositions originales, puisées dans le matériel de chacun. Ce qu'on propose, ce n'est pas une revue de blues, mais bien une veillée unique, un spectacle qui ne vivra que le temps d'un soir. On sait que ce sera un moment d'exception, une belle fête de famille. »
Et une fête où les heureux imprévus peuvent s'inviter, assurent les frères de planches. Parce que, insiste Jean-Fernand Girard, blues et jazz logent à la belle enseigne de la liberté musicale : « C'est de l'improvisation, de la composition chaque soir. C'est comme faire du trapèze sans filet. On se renouvelle constamment, on se surprend. On accompagne Bob Walsh depuis des années et il nous étonne encore! »