Originaire de Grande-Bretagne mais Québécois d’adoption, l’ex-concurrent à La Voix Sam Tucker fera partie de cette édition internationale de Sherblues.

Bleu planète et bleu soleil au Sherblues et Folk

Les dieux du soleil seront particulièrement sollicités cette année au 9e Sherblues et Folk. Avec le Théâtre Granada qui sera occupé trois soirs par les prestations de Jain, Eric Bibb et Québec Redneck Bluegrass Project, pas de plan B pour mettre les spectacles à l’abri (comme quelques soirs en 2017) dans le cas où les cieux se déchaîneraient sur les scènes extérieures.

« Donc, cette année, beau temps, mauvais temps, ça aura lieu », prévient Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique du Sherblues et du Granada, qui est tout de même ressortie satisfaite de son édition de l’an dernier (sa première). L’événement avait d’ailleurs été allongé d’une journée et le public était au rendez-vous. La directrice étant d’autant plus heureuse qu’elle avait mis l’accent sur les artistes féminines, leur réservant la scène Rythmes et blues.

« Cette année, cette scène-là sera plutôt une scène "pur blues", parce que je ne veux pas que les filles soient prises dans un ghetto : je veux qu’elles se mélangent au reste de la programmation », souligne Suzanne-Marie Landry, pointant dans le dépliant les photos de Dawn Tyler Watson, Gabrielle Shonk, la guitariste Paule Magnan, Stéphane Moraille (ancienne chanteuse de Bran Van 3000 qui a lancé un album solo plus tôt cette année, Daïva) et Indiara Sfair.

« Indiara, je l’ai découverte sur le web. C’est une harmoniciste brésilienne qui fait un malheur en ce moment sur les réseaux sociaux. Ses vidéos ont été vues plus de deux millions de fois. Ce sera son premier spectacle au Canada, nous l’aurons en exclusivité », résume la programmatrice, heureuse d’avoir pu mettre la main sur cette perle qui donnera, avec son guitariste, quatre prestations durant l’événement, notamment en ouverture de Paule Magnan.

Sherblues, Sherworld

D’ailleurs, poursuit Suzanne-Marie Landry, on pourrait dire que c’est l’aspect international qui se dégage de cette neuvième édition, avec des participants originaires d’Australie (Xavier Rudd), de la France (IAM, Jain), de l’Angleterre (Sam Tucker, Britannique établi au Québec et découvert à La voix l’an dernier), d’Haïti (Stéphane Moraille) et de plusieurs États des États-Unis. « Certains viennent se faire connaître, mais d’autres ont déjà une bonne renommée! » dit-elle.

C’est le cas d’IAM, qui s’en vient fêter les 20 ans de son album-culte L’école du micro d’argent. La première partie sera assumée par David Goudreault.

Pour sa part, Xavier Rudd avait rempli le Granada l’été dernier lors d’un spectacle gratuit présenté dans la programmation des 30es Concerts de la Cité.

« Il y a d’autres artistes bien connus comme Matt Holubowski et Yann Perreau. Yann a d’ailleurs de grosses influences de blues et il a déjà eu un band dans ce créneau », poursuit la directrice, qui justifie la présence d’artiste rap comme IAM dans un festival de blues par la proximité des textes. « Il y a dans les deux quelque chose de frappant, de dénonciateur. »

Annoncés depuis déjà plusieurs mois, les spectacles de Jain et d’IAM approchent la salle complète. « C’est un peu plus difficile pour Eric Bibb, qui est un peu moins connu et qui est purement blues, mais c’est quand même quelqu’un qui a eu une nomination pour un Grammy! Ce n’est pas une petite pointure! » insiste Suzanne-Marie Landry.

Celle qui joue également de l’harmonica s’est fait un gros plaisir avec l’Harmonica Extravaganza comme spectacle de clôture, dont elle assume aussi la direction artistique. Elle y a réuni des harmonicistes comme Jim Zeller et Carl Tremblay, mais aussi d’autres artistes du festival et quelques surprises. « Ce sont majoritairement des amis que je connais depuis une trentaine d’années. Je me fais un gros fun. Et quand les gens ont du plaisir sur scène, le public le sent. »

Train du blues

La nouveauté la plus notable cette année, c’est le Train du blues. La directrice a eu l’idée de s’associer à l’Orford Express et d’offrir une balade en train avec, à bord, l’harmoniciste Carl Tremblay et le guitariste Jimmy James. Et on sait à quel point le train a été une inspiration, pour ne pas dire un contexte d’écriture pour les musiciens blues! Le voyage musical comprenant repas et rasade de Jack Daniel’s est offert à 99 $.

« Je trouvais que ça représentait un beau mélange. On va voir ce que ça va donner, mais j’aimerais que le Sherblues devienne plus éclaté comme festival, avec entre autres un aspect touristique. »

En tout, une quarantaine de spectacles sont offerts (une trentaine sont gratuits) du 4 au 7 juillet, dont une quinzaine seront présentés dans les cinq bars et petites salles participant à l’événement. En effet, le Café Bla-Bla, les Loubards, le Boq, la Petite Boîte noire et le Liverpool ont encore répondu présent cette année. On pourra notamment aller y écouter Soran, Adam Karch, Gab Padilla et le pianiste non-voyant Guy Cardinal. « Il ne voit pas, mais il a toute une oreille! » conclut Suzanne-Marie Landry.