Robert Maltais

Biographie de Pierre Marcotte par Robert Maltais : amitié prédestinée

Pierre Marcotte et Robert Maltais sont deux grands touche-à-tout. Le premier, connu surtout comme animateur de télé, a aussi été homme d’affaires, propriétaire de plusieurs restaurants (dont le célèbre Hélène de Champlain) et même d’une compagnie de chariots électriques! Le second a mené une carrière d’acteur (la voix de Perlin dans Passe-Partout, c’est lui), mais aussi de chanteur. Il a d’ailleurs fondé le concours Ma première Place des Arts et exerce aujourd’hui le métier de romancier... et de biographe de Pierre Marcotte.

Les deux hommes ont tellement de points communs, notamment dans leur façon de mordre dans la vie et d’avoir diversifié leurs activités professionnelles, qu’on est presque déçu pour eux qu’ils ne soient pas devenus amis plus tôt. Leur rencontre s’est faite il y a six ans, au moment où la Fondation des artistes, dirigée par Robert Maltais depuis 2010, a dû trouver un nouveau président après le décès de Gaston L’Heureux.

« Nous étions en comité de budget lorsque j’ai eu un flash : Pierre Marcotte! Raymond Legault, qui était président par intérim, me répond par un gros oui. J’appelle Pierre chez lui dans Charlevoix. Il a accepté de venir nous rencontrer et ça a cliqué. Il a été avec nous jusqu’en 2016. On travaillait vraiment bien ensemble. »

Robert Maltais, qui a quitté la fondation presque au même moment, a par la suite constaté que son ami était déçu que la tournée du retour des Tannants se termine plus tôt que prévu.

« Il n’avait pas envie d’arrêter. J’ai alors pensé qu’il pourrait donner des conférences. On commence à en discuter sur Skype. Et moi, Dieu seul sait pourquoi, je décide d’enregistrer nos conversations et je trouve quelqu’un pour les transcrire. Avec l’accord de Pierre, j’ai rencontré l’éditrice le 20 décembre et le 4 janvier dernier, elle recevait le manuscrit avec enthousiasme. »

« Vieux petit garçon »

Dans Pierre Marcotte en direct, Robert Maltais a conservé la forme question-réponse de leurs discussions. « J’aime les dialogues parce que j’ai l’impression d’être témoin de quelque chose », confie l’auteur de 72 ans, qui, parallèlement, a aidé son ami à construire sa conférence.

« J’ai promis à Pierre que son public rirait une fois par minute! C’est un gars tellement drôle, un vieux petit garçon », commente le biographe à propos de son camarade qui aura 80 ans en novembre.

« Pierre, c’est une personne vraiment généreuse qui ne connaît pas la mesquinerie ni l’amertume. Il voit toujours le verre à moitié plein. Et c’est pour le plaisir de le vider! ajoute-t-il en riant. Le public se reconnaît en lui, parce qu’il demeure la même personne avec ou sans caméras. C’est un homme vraiment exceptionnel. »

Par exemple, de se retrouver intervieweur à Canal Vox, après avoir été, 20 ans plus tôt, tête d’affiche de TVA, n’a pas du tout été vécu comme une chute par l’animateur.

« Il s’est même fait dire par des gens comme Bernard Lemaire et Serge Savard qu’ils n’avaient jamais été aussi bien interviewés. Le principal moteur de Pierre, tant en animation qu’en affaires, c’est le plaisir. Son idée n’a jamais été d’être une grosse star, mais de faire ce qu’il aime. »

L’air du lac

Robert Maltais se reconnaît lui-même dans cette attitude. « Je ne peux pas prendre ma retraite, car je considère que je n’ai jamais travaillé. Et je suis rendu trop vieux pour mourir jeune », commente celui qui met la dernière main à son sixième roman, L’air du lac, dont la parution est prévue pour janvier. Le Chicoutimien d’origine en a situé l’action à Saint-Gédéon, au bord du lac Saint-Jean.

L’écrivain ne s’ennuie d’ailleurs pas de son ancien métier d’acteur. « Ce qui me réjouit, c’est de ne plus avoir de textes à apprendre. Je suis bien chez moi et j’ai plaisir à écrire. Je fais mes premiers jets à l’encre, avec une plume qui ne sert qu’à ça. Je suis plus discipliné qu’un marathonien. L’important pour un artiste comme moi, c’est de créer. Et j’ai reçu un énorme cadeau : l’imagination. »

Quant à Perlin, on lui en parle presque tous les jours. « Et j’en suis fier! J’ai d’ailleurs une anecdote vécue avec ma petite-fille, alors que je la berçais. Je commence à chanter : "La nuit court après le jour…" Mais elle m’arrête : "Non, non, non : celle-là, c’est papa!" C’est comme si Elvis t’offrait de te chanter Love Me Tender et que tu disais non! » raconte-t-il dans un grand éclat de rire.

Robert Maltais a aussi incarné Rémi, le frère du personnage principal joué par Christine Lamer dans le téléroman Marisol diffusé à TVA de 1980 à 1983. « Ça, ce sont les dames qui m’en parlent encore : "On ne vous voit plus à la télé, M. Maltais, c’est donc de valeur!" Mais quand je croise Christine, dans un salon du livre par exemple (parce qu’elle aussi s’est mise à l’écriture), elle me crie frérot! avant de me prendre dans ses bras.»