Beyries a dévoilé une personnalité drôle et spontanée entre ses puissantes chansons samedi au Boquébière.

Beyries, drôle et touchante

CRITIQUE / On écoute la musique de Beyries, on lit ce qui a été écrit sur elle, et on s’attend à voir monter sur scène une artiste discrète, délicate, qui s’efface entre ses puissantes chansons.

Cette perception semblait juste samedi soir au Boquébière alors que l’auteure-compositrice-interprète montréalaise a amorcé son concert directement avec une performance évanescente de Same Light.

Or, il ne fallait pas se fier aux apparences. Un petit problème de son avant le début de la deuxième pièce (Right) l’a d’ailleurs poussée à se révéler un peu plus rapidement que prévu au public... « Tout le côté mystérieux du spectacle vient de prendre le bord... mais c’est correct! » a-t-elle lancé en riant, de concert avec la talentueuse choriste Judith Little-Daudelin avec qui elle a partagé la scène tout au long de la soirée.

Et les rires furent nombreux par la suite. C’est peut-être à cause des thématiques dures abordées dans plusieurs de ses chansons, ou bien des épreuves à travers desquelles on sait que la chanteuse est passée (on rappelle dans à peu près tous les articles à son sujet qu’elle a eu à affronter le cancer à deux reprises), mais on ne s’attendait pas à voir devant nous une fille aussi drôle et spontanée.

« Vous avez peut-être déjà entendu cette chanson dans une épicerie quelconque : c’est un grand hit d’épicerie! Ça parle de ce qui arrive quand on recroise par hasard quelqu’un avec qui on a eu une histoire, et de tout ce que ça a de malaisant... Je trouve ça drôle que ça joue dans les épiceries, parce que c’est le genre de place pour des rencontres comme ça », a-t-elle en dit par exemple en guise d’introduction à Wondering.

Après avoir poursuivi avec son succès Soldier et You Are, Beyries a avoué avoir eu elle aussi une fausse préconception, par rapport à l’auditoire devant lequel elle allait jouer. « Pour être honnête, on m’avait avertie en me disant : c’est un bar, les gens vont parler, prends le pas personnel... mais c’est pas vous du tout, ça! »

Effectivement, la seule autre chose que l’on entendait pendant les chansons, c’était le public qui fredonnait les paroles de chacune d’entre elles.

On a particulièrement entendu les voix s’élever pendant sa version de Je pars à l’autre bout du monde de Paul Daraîche, qui a fait tout un tabac lorsqu’elle a joué dans une récente émission d’Unité 9. Après quelques blagues, l’artiste a enchaîné avec J’aurai cent ans, qu’elle interprète d’habitude en duo avec Louis-Jean Cormier, pièce également très populaire.

Le spectacle s’est terminé dans les rires et la douceur, devant un Boquébière rempli (tous les billets avaient été vendus) et subjugué.