Jérôme Fortin et Amos J proposent une réédition, en anglais, de l’album Berceuses enchantées, qui devient Magical Lullabies.

Berceuses enchantées et enchanted

La petite fille d’Amos J. avait quelques jours à peine lorsque Jérôme Fortin a contacté le chanteur pour lui proposer de reprendre, en anglais, les berceuses qu’il avait endisquées en français six ans plus tôt.

« J’étais plongé dans cette douceur qui suit la naissance d’un enfant, alors que rien d’autre n’a autant d’importance que cette nouvelle vie qui bat. Le timing était parfait. C’était clair que c’était le bon projet pour moi. J’ai dit oui pratiquement tout de suite », explique l’auteur-compositeur-interprète cowansvillois que plusieurs ont découvert dans La voix, en 2017.

C’est d’ailleurs un peu beaucoup grâce à ce passage à la télé que Jérôme a contacté Amos.

« L’idée de lancer mon disque Berceuses enchantées en anglais m’habitait depuis longtemps. J’avais travaillé les textes avec l’ami musicien et traducteur Sylvain Trudel. J’avais essayé de les chanter moi-même, mais ça ne collait pas. Comme je ne suis pas bilingue, on entendait mon accent québécois. Ça rendait le tout moins vrai, moins senti », explique le parolier et chanteur.

Celui-ci s’est donc mis en quête d’un interprète. Le complice avec qui il collabore au sein des groupes Musique à bouches et Marchands de mémoire, Olivier Brousseau, a vu Amos à l’émission dominicale de TVA. Déclic.

« Il le connaissait bien pour avoir voyagé avec lui au Pérou. Il m’a dit : c’est ce chanteur qu’il te faut. »

Des intemporelles

Un coup de fil, une rencontre, et le projet était déjà sur les rails. Deux ans plus tard, Magical Lullabies est officiellement lancé.

« J’avais écrit ces berceuses après la naissance de ma fille, Marie-Soleil, il y a déjà plusieurs années, mais comme on me l’a souvent fait remarquer, elles ont un côté universel et intemporel », indique Jérôme.

Amos et lui, tous deux pères de deux enfants, étaient sur la même longueur d’onde quant à la couleur à donner à cette nouvelle mouture. Ils ont ensemble retravaillé le répertoire, tant les textes que les mélodies.

« C’était nécessaire parce que les accents toniques ne s’expriment pas nécessairement au même endroit et une image employée en français n’a pas toujours d’équivalence en anglais. Pour que ça sonne instinctif, avec une certaine rondeur, il fallait parfois remanier certains passages », souligne Amos, qui a choisi de chanter en français l’un des onze titres.

« Tout est possible était une chanson parfaite. On a essayé de la traduire, mais on n’arrivait pas à quelque chose d’aussi bien. Et moi, j’avais vraiment envie de l’interpréter dans sa version originale », précise Amos.

L’enregistrement des pistes s’est fait en une journée, dans le cocon doux d’un studio aux lumières tamisées.

« On faisait deux ou trois prises et déjà, tout était là », se souvient Jérôme Fortin.

« Je fermais les yeux et lorsque venait le temps de chanter, je m’imaginais avec mon bébé dans les bras », raconte Amos, qui travaille aussi sur un quatrième disque solo, en plus d’être directeur musical du projet Faire danser un village.

Magical Lullabies (magical- lullabies.com) est offert sur toutes les plates-formes numériques. « Parce qu’il faut être de son temps, on a choisi de ne pas produire d’exemplaires physiques. Ce qui est formidable, avec la musique en ligne, c’est qu’elle ne connaît pas de frontières. C’est une grande fierté de voir ces chansons-là vivre d’une autre façon, pour un autre public. »