Des amateurs d’art ont été transportés dans le monde féérique de RURART vendredi et samedi soirs, admirant performances artistiques et œuvres d’art au cours d’une randonnée inoubliable.

Balade enchantée dans la forêt hivernale

Huit créateurs de différentes disciplines ont invité les visiteurs à s’immerger dans l’environnement qui a alimenté leur travail au cours d’une résidence artistique de deux jours à la Ferme La Généreuse. La forêt s’est ainsi retrouvée au cœur d’une promenade féérique, samedi soir, en pleine forêt.

Les curieux procédaient les uns derrière les autres dans la forêt enneigée du chemin Labonté, à Cookshire-Eaton, alors que se succédaient autour des performances artistiques mystérieuses, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Réunis en début de soirée dans cet endroit intime, les curieux étaient au cœur de l’environnement duquel les artistes se sont inspirés pour donner le jour à ce projet hors de l’ordinaire. Malgré le temps froid, la chaleur humaine a triomphé.

Sans cesse à la recherche d’inspiration, la directrice artistique de RURART Amélie Lemay-Choquette a décidé de se tourner vers une source abondante qui s’est toujours trouvée à proximité d’elle, la ferme sur laquelle elle est née et a grandi. « J’ai étudié à Montréal durant plusieurs années et chaque fois que je revenais à la ferme, j’étais inspirée par mon lieu. »

C’est à ce moment qu’elle a réalisé le plein potentiel de cette richesse rurale et a décidé de l’exploiter. « Au retour de mes études, je suis venue m’installer à la ferme avec l’idée de faire une résidence artistique pour partager cette expérience avec d’autres artistes, ainsi qu’avec le public. »

La nature représente plus qu’une source d’inspiration ordinaire pour la jeune artiste peintre, qui a développé une véritable relation artistique avec son environnement. « La nature est en fait une partenaire de création, explique-t-elle. Si on est le moindrement sensible ou ouvert, ça stimule et ça inspire énormément le processus artistique. »

En plus d’être enchanteresse, la forêt hivernale de la Ferme La Généreuse a permis à l’artiste montréalaise Hélène Routhier de réaliser son art, la peinture sous zéro. Elle incorpore ainsi le givre à ses œuvres, tissant un lien fort entre son art et l’environnement. « C’est une forme d’art qui est dépendante de la température, de ce que la nature nous offre », dit-elle quant à l’interdépendance requise.

Des performances musicales, théâtrales et de danse accompagnaient les œuvres d’art peintes ou sur textile tout au long du parcours à la ferme La Généreuse à l’occasion de cette 8e édition, présentée vendredi et samedi soirs. Petits et grands semblaient ébahis devant chaque performance, si différentes les unes des autres en nature, mais complémentaires thématiquement.

Entre culture et agriculture

Un des buts principaux de la résidence artistique établie par Amélie Lemay-Choquette est d’ailleurs de faire sortir l’art des milieux urbains, où il est majoritairement présent, pour gagner les milieux ruraux. Selon Annie Faucher, une fanatique d’art qui s’est laissée transporter par cette expérience unique, cet évènement remplit sa mission.

« Je trouve ça très reposant du fait que c’est présenté dans la nature, contrairement à dans une galerie d’art en plein centre-ville, se confie-t-elle. Le concept du parcours en forêt, en plus d’être l’inspiration derrière toutes ces productions, est une formule très intéressante. »