Le CEP et plusieurs partenaires lancent la campagne « Lisez généreusement », mise en valeur avec la diffusion de capsules vidéos. Sur la photo, la directrice générale du CEP de l’Estrie Mylène Rioux aux côtés de Louis-Philippe Renaud, agent de liaison à la Table de quartier Quatre-Saisons et chargé de projet de la campagne, et deux participantes aux capsules vidéo, Charlotte Theis et Lilijane Blais.

Avis de recherche pour des livres sans princesses ni héros

Trouver un livre pour un adulte faible lecteur qui ne raconte pas des histoires de princesse ou de héros? La mission peut sembler simple, mais elle ne l’est pas. Pour que les élèves en alphabétisation ou en francisation aient envie de lire et qu’ils deviennent des modèles pour leurs enfants, le Centre d’éducation populaire (CEP) de l’Estrie a lancé la campagne « Lisez généreusement! », où toute la population sera conviée, tout le mois d’avril, à acheter un livre et à le déposer dans des boîtes à cet effet.

Les livres qui seront recueillis à la Biblairie GGC, à la Coopérative de l’Université de Sherbrooke et chez Estrie Aide seront utilisés dans les centres d’alphabétisation et de francisation de Sherbrooke pour ensuite être offerts à des adultes qui fréquentent ces lieux.

« Des boîtes de dons seront identifiées près des caisses. Il y aura aussi des livres ciblés. On invitera la population à se procurer l’un de ces livres-là et à le déposer dans la boîte. On a ciblé des livres parce que, pour les adultes en formation, ce n’est pas si facile de trouver des livres adaptés. On s’est dit que si on donne une sélection de propositions, ça sera plus facile de mettre dans la boîte un livre qui correspond aux intérêts et aux aptitudes de lecture », indique la directrice générale du CEP, Mylène Rioux.

C’est Louis-Philippe Renaud, agent de liaison à la Table de quartier Quatre-Saisons, qui a conçu cette initiative et qui a approché Mylène Rioux.

« La bougie d’allumage, ça a été de voir les enfants fréquenter des activités et de me rendre compte que leurs parents n’avaient pas de livre chez eux et qu’ils ne peuvent pas servir de modèle de lecteurs. Ce n’était pas sain. Nous on donnait beaucoup de livres dans le cadre de projets, mais il n’y en avait pas tant que ça qui étaient adaptés. Des abécédaires, c’est cute, mais ce n’est pas ça qui te donne la passion de la lecture », explique Louis-Philippe Renaud, chargé de projet de la campagne.

Pas seulement dans les familles pauvres

Angela Sukic, agente de communication chez Estrie Aide, a tenu à rappeler que l’absence de livres ne se fait pas seulement sentir dans des milieux défavorisés.

« Je suis née dans une famille riche d’amour et de culture », souligne-t-elle. Or, la langue française était moins présente au sein de son foyer : ses parents ont quitté la Serbie et se sont installés ici en 1993; ils faisaient partie des premiers réfugiés de la guerre des Balkans. La fillette née au Québec, qui parlait trois langues, a tout de même eu besoin de mesures de francisation à ses débuts dans le monde scolaire. « Aujourd’hui, je suis fière de dire que dans mon groupe d’amies, c’est moi qui lis le plus. »

Des capsules vidéo mettant en lumière les possibilités multiples qu’offre la lecture, comme l’évasion, ont été réalisées par Mathieu Gagnon. Elles sont présentées entre autres avant la présentation des films à la Maison du cinéma, un des nombreux partenaires de l’initiative. « On a décidé tout d’abord de faire une campagne de sensibilisation aux bienfaits de la lecture en mettant de l’avant des capsules », précise la directrice du CEP.

Le projet a été rendu possible grâce à un soutien financier du ministère de la Culture et des Communications.

Par ailleurs, le CEP fête en 2019 ses 40 ans d’existence. L’organisme organise une soirée avec l’auteur-compositeur-interprète-poète Tire le coyote à la Taverne américaine O’Chevreuil le mercredi 10 avril. Des billets sont toujours disponibles; les profits seront remis à l’organisme.