Plutôt que d’attendre de voir son premier roman publié par un autre éditeur, Shawn Parsons a décidé, à 21 ans, de fonder sa propre maison d’édition, Griffe Rouge, et ainsi rester maître de la publication de son livre Thorserus – La naissance d’un dieu.

Auteur et éditeur à 21 ans

Signer son premier roman à 21 ans, c’est un bel exploit. Mais fonder sa propre maison d’édition en même temps, c’est beaucoup moins commun. Telle est l’avenue qu’a choisie Shawn Parsons afin de publier le livre dont il avait vraiment envie. Ainsi est paru l’automne dernier Thorserus — La naissance d’un dieu, aux éditions Griffe rouge, une brique de 492 pages.

« En fait, au départ, Thorserus devait être le premier roman d’une nouvelle maison d’édition, mais ça n’a pas fonctionné. Mes proches m’ont alors demandé pourquoi je ne le publierais pas moi-même. Je n’ai même pas essayé d’aller voir d’autres éditeurs, car je savais que très peu de nouveaux auteurs sont retenus chaque année. Je n’avais pas envie d’attendre une réponse pendant des mois. Ça me permettait aussi de garder le contrôle sur mon roman », explique le jeune Sherbrookois, qui livre ici un récit de style merveilleux (fantasy). À ne pas confondre avec le fantastique, insiste-t-il.

« Le fantastique, ce sont des événements surnaturels qui se passent dans notre monde, alors que le fantasy se déroule dans un autre monde », explique-t-il.

Cet univers où le fabuleux est normal, Shawn l’a découvert durant son adolescence, alors qu’il fréquentait l’École secondaire de Bromptonville. L’existence d’un regroupement d’amateurs de jeux de rôles grandeur nature, en parascolaire, lui a ouvert la porte d’un monde auquel il est encore profondément attaché aujourd’hui.

« Pour les jeux de rôles, je me suis créé un personnage de loup-garou et j’ai voulu écrire sur lui », raconte Shawn, qui avait 14 ans lorsque cette idée lui a traversé l’esprit.

« J’aime beaucoup les mythologies, les créatures fantastiques, mais j’ai aussi été beaucoup marqué par la mort de mon père quand j’avais cinq ans », explique le jeune auteur.

Il prend d’ailleurs le temps de remercier longuement sa mère, monoparentale malgré elle, et la qualifie de « meilleure guerrière que chacun de ses personnages ».

« En fait, c’est un événement assez grave dans notre famille », poursuit Shawn, révélant que son père a mis fin à ses jours. « Ça a été un choc pour nous tous et il y a eu beaucoup de répercussions dans ma vie psychologique. Je voulais donc construire mon livre autour de la perte d’un être cher. Au fond, sous toutes les couches de magie, de pouvoirs, de clans et de dieux, le héros essaie simplement de composer avec le fait que son père est mort et avec tout ce que ça implique : la colère, la peine... Il tente de savoir pourquoi, jusqu’à la fin... et la fin a beaucoup à voir avec ce qui m’est arrivé... »

Ésos à Lunaso

Il ne faut donc pas s’étonner si le personnage principal, Thorn, vivant dans le monde de Lunaso et membre du clan des Ésos, soit le témoin indirect du meurtre de son père dès les premières pages du roman.

« Il se réveille couvert de sang, s’aperçoit que son père est mort et souhaite le venger en trouvant le coupable. Lorsqu’il y arrive, il se rend compte que sa famille est liée à un ordre mystique contrôlé par les dieux. Il se lance donc dans une quête, avec cet ordre, pour rencontrer le tueur de son père. Je ne peux pas en dire plus », conclut-il avec un sourire.

De l’âge de 14 ans à 17 ans, Shawn a patiemment accumulé les pages, en écrivant une heure par semaine environ. Jusqu’à ce que, une fois le roman terminé, il le relise et, insatisfait, décide de tout reprendre à zéro.

Mais l’intérêt de Shawn pour la plume remonte à bien plus loin. « J’ai commencé vers l’âge de 10 ans, surtout par goût de créer mon propre univers. Dès le départ, je me suis orienté vers le fantastique et le fantasy. Déjà, j’inventais des personnages mi-humains mi-animaux », révèle celui qui a aussi été marqué par les romans du Britannique David Gemmell.

« Je pense que j’aime ces univers parce qu’ils me permettent de m’évader, de me retrouver dans un autre monde que celui-ci, et aussi parce qu’il n’y a pas de contrainte pour l’imagination. »

Pour l’instant, on peut se procurer le premier tome des aventures de Thorserus aux coops du Cégep et de l’Université de Sherbrooke ainsi que sur le site internet des éditions Griffe rouge. En ce moment, Shawn Parsons est en pleine rédaction de la suite, Thorselock — Jusqu’au dernier dieu.

« Le titre en dit déjà beaucoup sur ce qui arrive dans le premier livre, avoue-t-il en rigolant. J’ai d’ailleurs beaucoup plus de plaisir à l’écrire, parce que le personnage est rendu là où je voulais l’emmener. Le premier tome était en quelque sorte le vaisseau pour y arriver. Il y aura aussi un troisième tome... et je sais exactement comment il finit. »