Assemblée du Musée des beaux-arts: de la tension dans l’air

SHERBROOKE — Une ambiance tendue régnait au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, mardi soir, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle. De manière exceptionnelle, environ 70 membres prenaient place. Ceux-ci étaient irrités et la présidente semblait nerveuse, selon ce qu’en a rapporté une des membres sur place, puisque La Tribune s’est fait demander de sortir en compagnie des non-membres.

De nouvelles sources de mécontentement sont survenues durant cette assemblée surveillée de près par trois agents de sécurité, qui n’ont pas eu à intervenir. Selon ce même témoin, « les membres ont été appelés à voter sur un changement des règlements généraux qu’ils n’avaient pas en main. Le président en a donc fait la lecture à la demande d’un membre. Ce changement a été refusé par une importante majorité. [...] Chez les membres du CA, six postes étaient ouverts et six candidatures avaient été posées. Les personnes ont donc été élues automatiquement, soulevant une large insatisfaction. [...] Une assemblée générale extraordinaire a été refusée par rapport à l’interprétation du règlement qui a rejeté deux candidatures », explique-t-elle.

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MBAS : un ex-employé dénonce le climat

Ces candidatures ont été rejetées pour des détails, estime la présidente du syndicat, Sarah Boucher. « On a senti beaucoup d’insatisfaction sur le processus. Une des administratrices a mentionné que ces deux candidatures avaient été rejetées en raison de l’heure à laquelle elles avaient été déposées. Les candidatures sont arrivées après 17 h et ont été jugées irrecevables », analyse-t-elle.

Pour les nouveaux règlements, il était mentionné dans l’avis de convocation, que ceux-ci étaient disponibles sur Internet et que les gens devaient s’y référer avant l’assemblée. « Ça doit être légal, mais est-ce que c’est la bonne façon de faire? Est-ce que c’est de bonne foi? C’est questionnable, analyse Mme Boucher. Si jamais ces règlements ont lieu d’être, ils seront relus à tête reposée et seront peut-être juste modifiés et adoptés. Au moins, il y aura eu une réflexion, un regard critique. »

De plus, la directrice du musée, Cécile Gélinas, partira à la retraite en janvier. Aucune date n’a été précisée, mais le poste de directeur général et de conservateur en chef a déjà été affiché sur Internet. Le hic? Il s’agit d’un poste regroupant le travail de Mme Gélinas et de Mme Boucher.

Est-ce que ça peut être une manœuvre pour déloger Sarah Boucher? « Difficile à dire, mais ça ressemble un peu à ça. Plusieurs personnes m’ont demandé si je m’en allais ou si j’avais été mise à la porte », confie-t-elle.

Intimidation

Après qu’un ex-employé ait dénoncé la situation d’intimidation dans les pages de La Tribune, Mme Boucher, a confirmé le tout lors d’une entrevue accordée, mardi. « Il y a un climat de peur, une incertitude, car plusieurs employés n’ont pas de sécurité d’emploi. Plusieurs employés sont à temps partiel et la probation est longue. Comme on a beaucoup de roulement de personnel, ça amène de l’incertitude », affirme-t-elle, rappelant que des plaintes ont été déposées à la CNESST par rapport à du harcèlement en milieu de travail.

« Les situations de harcèlement sont au quotidien. On parle d’intimidation, d’agressivité, d’impatience, de mépris, ajoute-t-elle. C’est ce genre de choses. C’est insidieux. Si tous les jours on te parle sur un ton méprisant, impatient, agressif, si l’on a beaucoup de méfiance par rapport à toi, si l’on ne fait pas confiance à tes compétences, ça finit par atteindre ta confiance en toi et créer de l’anxiété. »

À la suite de démissions et de négociations, le syndicat compte maintenant neuf membres.

Du positif

Nouvelle au sein du conseil d’administration, Noelle Boutet Reulet voit l’assemblée de mardi soir de manière positive. « C’est vivant. C’est ça la culture, c’est ça la société et c’est ça la communauté. Je souhaite du plus profond de mon cœur que ce musée soit vivant et qu’il y ait une vraie diffusion de la culture à tout le monde. Je pense que c’est en route », estime-t-elle.

« Ce que je sens, c’est que ce sont des personnes qui ont envie que ça change, poursuit-elle. Ils ont envie de travailler en équipe. Je pense qu’ils ont entendu le message des uns et des autres. C’est ce que j’ai compris et je ne pense pas me tromper. J’ai l’impression que les gens ont toujours été en mouvement. »

Dans ses présentations, Noelle Boutet Reulet a encensé la conservatrice, Mme Boucher. « Je pense qu’elle fait un très beau travail depuis qu’elle est arrivée. Elle amène un vent nouveau. Je pense que c’est une très belle équipe actuellement au Musée, de ce que l’on peut voir à l’extérieur. »

De son côté, Mme Boucher aussi semble voir la lumière au bout du tunnel. « Je perçois [l’arrivée de deux nouveaux membres sur le CA] d’une bonne manière. De ce qu’ils nous ont dit, ils ont une vision engageante et positive quant aux relations entre le CA et les employés et pour le musée lui-même. J’ai l’impression qu’ils sont là pour les bonnes raisons. Ils vont peut-être amener des discussions et des manières de voir les choses nouvelles. Je souhaite sincèrement que ça nous amène à rétablir la communication et qu’on puisse aller de l’avant », résume Mme Boucher.