Artistes invités, jardins réinventés à Brompton

On peut retourner chaque été marcher au parc de la Rive, on n'y verra jamais la même chose. C'est que d'une année à l'autre, le vaste terrain qui ceint la Maison des arts et de la culture de Brompton prend vie, le paysage se pare des oeuvres in situ d'artistes choisis. Depuis sept ans, les jardins se réinventent selon l'imaginaire et la créativité du collectif.
« Pour lier les oeuvres des uns et des autres, on détermine un thème. Et puis on lance un appel de candidatures dans lequel on met l'accent sur les lieux. Comme c'est de l'art in situ, le site est très important », exprime la directrice de la Maison des arts et de la culture de Brompton, Josianne Bolduc.
Cette année, c'est la thématique « Empreintes » qui a nourri les créateurs québécois et français. En tout, sept installations originales et spécialement conçues pour l'exposition en plein air se déploient dans les jardins.
« La force du collectif, c'est la pluralité des formes artistiques et les différentes interprétations du thème. Cette année, les oeuvres ne sont pas imposantes physiquement, mais elles sont très évocatrices. Chacune est pleine de sens », remarque Mme Bolduc.
Il y a l'artiste français Thomas Fontaine qui a imprimé sur des pierres prises sur le muret du parc de la Rive des fragments de photos montrant les ruines de la centrale de Fukushima. Il y a trois étudiants au Certificat en arts visuels de l'Université de Sherbrooke qui ont créé une représentation du pont de bois qui a jadis enjambé la rivière. Il y a la Montréalaise Sarla Voyer qui a créé un parcours labyrinthique au coeur duquel se trouve un chariot d'itinérant et un arrosoir sans fond.
« Cette dernière oeuvre paraît toute simple, au premier coup d'oeil, alors qu'elle a une très grande portée. Il faut prendre le temps de s'attarder, de contextualiser, de comprendre la démarche. Dans ce cas-ci, l'artiste a voulu illustrer ce qui arriverait si nous n'avions plus d'eau. Il nous faudrait alors devenir nomades, en quête de sources d'eau potable. Le blanc qu'elle a utilisé évoque la stérilité des terres asséchées. Tout a été pensé, chaque détail est significatif », explique Josianne Bolduc, qui invite les visiteurs à questionner les guides présents sur place.
« Leurs explications peuvent amener une meilleure compréhension de chaque oeuvre. L'art actuel et contemporain a une dimension esthétique, mais il traduit aussi une façon de voir le monde. »
Chaque fiche descriptive est accompagnée d'un code QR, lequel donne accès à une brève entrevue avec l'artiste.