Art abstrait, rêve concret

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
La rue Wellington Nord compte une adresse de plus à laquelle les artistes visuels pourront exposer leurs oeuvres. L'ouverture officielle de la Galerie Steve Saint-Pierre, aménagée par l'artiste sherbrookois du même nom, avait lieu jeudi soir avec l'exposition des Fluides texturés.
En plus de ses propres oeuvres, Steve Saint-Pierre a choisi d'inaugurer sa galerie avec les oeuvres de trois artistes qui partagent une démarche artistique semblable à la sienne en misant beaucoup sur les fluides et la gestuelle. En tout, sur les quatre murs du local de 28 mètres carrés (300 pieds carrés), une vingtaine de toiles signées par Mathieu Pepin, Maxime Tanguay, Steve Saint-Pierre, dont trois cosignées par ce dernier et Caroline Giroux.
«Mathieu travaille les fluides avec une seringue et les flaques se mélangent ensuite pour donner une texture organique intéressante. Maxime, lui, part en transe pour aller en quête de spontanéité», lance Steve Saint-Pierre en parlant de ses protégés et amis.
L'objectif du directeur de la galerie est d'avoir une nouvelle exposition à tous les mois. Toiles, sculptures, photographies, on y verra de tout. Et comme son fondateur a un faible pour l'art contemporain abstrait, on pourra assurément le sentir dans la programmation de la prochaine année qui est déjà bien chargée.
Steve Saint-Pierre n'est pas à sa première expérience de galeriste puisqu'en 2006 il avait mis sur pied Aquart, à la carrière Flintkote de Thetford Mines, la première galerie d'art sous-marine profonde et permanente au Canada. «Mais plutôt que de travailler avec 50 artistes comme je le faisais avant, je vais centrer mes énergies sur quelques-uns. Des artistes émergents et professionnels principalement.»
Et même si l'eau et les fluides sont toujours au centre de sa démarche artistique, le rêve premier de l'artiste de 30 ans a toujours été d'ouvrir une galerie «terrestre».
«Je chéris ce rêve depuis la fin de mon DEC en arts plastiques, mais concrètement, j'y travaille depuis avril passé», explique-t-il en précisant que lorsqu'il a mis les pieds pour la première fois au premier étage du 41 rue Wellington, l'état des lieux était désolant.
«On aurait dit que c'était une piquerie, les locaux n'avaient pas été rénovés depuis 50 ans, mais on a tout refait de A à Z», explique celui qui avait déjà oublié tous les efforts déployés lorsqu'il a apposé fièrement les lettres de son nom sur la vitrine avant.
L'entrée est gratuite. La galerie ouverte du jeudi au samedi de midi à 21 h. La mission de l'établissement est de faire connaître l'art visuel et sa caractéristique est de prendre une commission inférieure à celle prise sur le marché. «Normalement, les galeries prennent entre 25 et 60 %, je prends 20 % pour éviter de faire monter les prix et permettre un commerce équitable», explique l'artiste souvent impliqué dans les causes sociales.