La « fabricoleuse » de chansons pour enfants connue sous le nom de Ariane DesLions souhaite mobiliser la communauté artistique le 3 juillet devant l’hôtel de ville de Sherbrooke afin de réfléchir collectivement à l’avenir des arts vivants et au statut précaire des artistes.
La « fabricoleuse » de chansons pour enfants connue sous le nom de Ariane DesLions souhaite mobiliser la communauté artistique le 3 juillet devant l’hôtel de ville de Sherbrooke afin de réfléchir collectivement à l’avenir des arts vivants et au statut précaire des artistes.

Ariane DesLions propose une réflexion sur l’avenir des arts vivants

En collaboration avec le Conseil de la culture de l’Estrie, l’artiste sherbrookoise Ariane Dion-Deslauriers souhaite mobiliser la communauté artistique dans le but de réfléchir collectivement à l’avenir des arts vivants. L’investigatrice et « fabricoleuse » de chansons pour enfants invite donc les citoyens à joindre leurs voix à celles des artistes lors d’un rassemblement à la fois créatif et revendicateur. Le rendez-vous est prévu pour le vendredi 3 juillet à 11 h au carré Strathcona, en face de l’hôtel de ville de Sherbrooke.

« La situation actuelle est historique, mais pas unique », raconte celle qui a vu toute une année salariale s’envoler en quelques semaines. « Les artistes font face à une précarité à laquelle ils doivent se préparer. La crise révèle beaucoup d’injustices. Notre statut juridique doit être à l’ordre du jour », soutient Ariane Dion-Deslauriers.

Malgré le prolongement de la PCU envisagé par le gouvernement et les subventions offertes pour favoriser les initiatives virtuelles, la créatrice craint que les répercussions de la COVID-19 se fassent ressentir à long terme dans l’industrie culturelle.

« C’est un effet domino. Je fais le deuil de tous les projets que je ne pourrai pas faire. Je n’ai aucune certitude pour les années à venir. Je me suis tournée vers le numérique, mais je ne suis pas convaincue que cela ressemble au métier que j’ai choisi », confie celle qui a lancé un album quelques jours avant que « tout s’écroule ». 

Elle ajoute que les habitudes de consommation des gens ont changé et que cela aura un impact direct sur sa carrière. « C’est surtout des grands-parents qui accompagnent les enfants dans mes spectacles. La perte d’argent, je devrai l’assumer seule. »

Mieux protéger les artistes

Avec l’aide de Juliàn Gutiérrez, du groupe Habana Café, la jeune femme souhaite permettre aux artistes de la région, toutes disciplines confondues, de se rencontrer et de colliger des moyens de mobilisation qui permettraient de sensibiliser la population au manque de protection sociale auquel les artistes font face.

« Il existe différents modèles ailleurs dans le monde. On a plusieurs idées, mais on veut se collectiviser et entendre ce que les gens ont à dire. On espère aussi que des décideurs publics se joindront à nous pour nous prêter main-forte », ajoute-t-elle.

Ariane Dion-Deslauriers croit que le gouvernement est prêt à entendre les idées et à discuter. « Quelle est la place de l’art dans la société? C’est une réflexion que je ne peux faire seule », implore-t-elle.