Ari Cui Cui publie son premier disque de Noël et un quatrième tome de sa série jeunesse.

Ari Cui Cui : le plaisir des Noëls passés

La «cuisinière» Ari Cui Cui (la Gatinoise d'origine Ariane Gauthier) a mis les bouchées double pour le temps des Fêtes, publiant coup sur coup son tout premier disque de Noël et un quatrième tome de la série jeunesse mettant en scène son personnage - tous deux intitulés Le Noël d'Ari Cui Cui.
Sauf que si ce livre est toujours illustré par Mika, le scénario est pour la première fois signé Ari Cui Cui, laquelle dit avoir enfin « pris confiance » dans ses aptitudes à écrire et maîtriser les petites ficelles du métier que sont « la concision », « la chute » ou le « jeu sur le champ lexical ».
La soprano sera de passage au Carrefour culturel ESTacade (Salle Desjardins) le 10 décembre pour présenter ses nouvelles chansons à ses « P'tits biscuits » de Buckingham.
Un spectacle « réjouissant », au cours duquel sa « Mary Poppins de Noël » éternellement « positive » ira passer les Fêtes en famille « dans la maison d'hiver de Mamie Cui Cui », et prendra le temps de déguster un chocolat chaud, sa boisson favorite.
Sur disque, quelques compositions originales  -  « servies à la sauce Ari Cui Cui », précise-t-elle - côtoient des airs traditionnels (Dans nos vieilles maisonsVive le vent, etc.), et trois medleys thématiques : un « gourmand », un « dansant », et un dernier composé d'ingrédients plus québécois, qu'elle a malaxés au milieu de son sympathique Rigodon des chaudrons.
Au détour de ce buffet de Noël intercontinental, la cuisinière s'amuse à proposer « une chanson 'début du siècle', avec un son très barber shop », mais le disque se distingue par « une approche beaucoup plus live ». 
« C'est vocalement plus assumé. Et c'est très près de moi: il y a beaucoup de vérité, de premier degré », explique celle qui  renouait ainsi avec les frissons et « le plaisir de la petite fille qui chantait ces chansons à l'église Saint-Paul d'Aylmer ». 
Comparé aux précédents, ce disque présente « d'autres émotions, plus de fragilité et de tendresse - même si le côté divertissant reste primordial », dit-elle. Son jeune fils Charlie a une fois de plus « servi de baromètre » pour dynamiser les mélodies.
Globe trotteuse
Lorsqu'on l'a rencontrée, début novembre, Ariane Gauthier revenait de sa toute première mission humanitaire. En tant qu'ambassadrice pour l'organisme Vision Mondiale - spécialisée dans les dossiers touchant à la malnutrition - elle a visité au Nicaragua un projet d'accès à l'eau potable. Elle en a profité pour adapter en espagnol, pour les enfants du village, un des récits d'Ari Cui Cui. 
« Ça m'a permis de réaliser qu'il n'y a pas de réelle barrière de langue ou de culture » avec Ari, estime celle qui, plus jeune, songeait à se lancer dans une carrière en développement international. Là-bas, elle a aussi appris à « cuisiner des tortillas avec les mamans ». Elle y était en personnage, mais avait mis de côté son costume, par « trop Disneyen ». Elle a préféré emporter « la robe de voyage d'Ari, aux couleurs de Frida Kahlo, pour atténuer le clash culturel », explique-t-elle.
Auparavant, la chanteuse avait eu l'occasion de se produire à Séoul, devant 900 étudiants coréens d'un lycée français. La Gatinoise a été ravie de constater que son personnage était « bien accueilli » même au sein de cultures étrangères ; que les « valeurs éducatives » qu'elle véhicule, comme « cuisiner à la maison » et « être ensemble », n'étaient pas édulcorées par « le côté Broadway, américain », de son spectacle.