Après sept mois sans spectacles: Sursaut redanse

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
C’est normalement cette semaine qu’auraient dû avoir lieu les premières représentations d’Échos, la plus récente création de Francine Châteauvert pour la compagnie de danse estrienne Sursaut. Mais les arts vivants ayant été frappés par les mesures de distanciation sociale en mars dernier, le travail a été stoppé net, tout juste avant une importante activité-bénéfice.

Mais comme ce n’est jamais une bonne chose que des danseurs restent trop longtemps immobiles, Francine Châteauvert s’est organisée pour que ses troupes reprennent du service. L’Escouade Sursaut, qui avait été conçue au départ pour faire connaître la danse dans les écoles, puis au grand public, donnera quatre prestations extérieures les 17 et 18 octobre, si Dame Nature le veut bien.... et que la zone rouge reste loin,

« Après tout ce qui a été reporté, annulé ou suspendu, nous avions envie d’être sur scène et d’offrir aux danseurs l’occasion de travailler, mentionne la directrice artistique. En fait, dès septembre, nous avons repris le travail de création pour Échos, même si on ne peut pas le faire de la même façon et que la production est reportée à on ne sait quand l’année prochaine. Alors en attendant, nous avons voulu faire quelque chose avec l’Escouade, en adaptant l’atelier (parce que, normalement, les enfants y participent) avec des solos, mais aussi un duo, car nous avons deux danseurs qui sont en couple. Nous avons même intégré des extraits d’Échos, mais sans contacts. »

On s’en doute, l’excitation est grande pour les interprètes, dont certains ne se sont pas produits devant un public depuis sept mois. « C’est aussi, pour nous, l’occasion de présenter nos danseurs de la saison 2020-2021 », ajoute Francine Châteauvert. 

Huit d’entre eux se relaieront lors de la prestation, qui doit durer une heure environ. Étant donné que le nombre de spectateurs est limité à 25, il faut obligatoirement réserver pour assister à une des quatre représentations. 

Printemps déchargé

Même si les activités de création ont été mises sur la glace pendant plusieurs mois, le personnel de Sursaut n’a pas chômé longtemps, le printemps étant déjà très chargé. Plusieurs tâches que la compagnie souhaitait faire au milieu de ses autres activités artistiques se sont retrouvées sur le haut de la pile: refonte du site internet, mise sur pied d’un festival international de danse pour jeune public en 2021, poursuite de la transition entamée en prévision du départ déjà annoncé de Francine Châteauvert... 

« Je ne suis pas certaine qu’on aurait réussi à faire tout ça si nous avions eu aussi tout le reste, commente la directrice artistique. Au moins, notre camp d’été en danse avec les enfants a quand même eu lieu. Et même si on ne sait pas encore ce qui nous attend l’année prochaine, il faut travailler pour être prêt. »

« Nous avons beaucoup relativisé, car tout le monde est resté en bonne santé, poursuit-elle. Nous avons aussi été bien soutenus par l’aide d’urgence du Conseil des arts du Canada et la subvention salariale du gouvernement. »

En plus de l’annulation de l’événement-bénéfice du 17 mars, un projet avec le Danemark prévu au printemps est également tombé à l’eau. « Malgré le choc, nous avons réussi à continuer. Comme la compagnie était en bonne situation financière, les gens n’ont pas perdu leur salaire. » 

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Vous voulez y aller?

L’Escouade Sursaut

Les 17 et 18 octobre, 10 h 30 et 13 h 30

Place Queen, arrondissement de Lennoxville

Entrée gratuite (réservations obligatoires au sursaut.ca)