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Sarah Boucher a débuté en 2008 à titre de conservatrice au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Elle vient de quitter son poste pour de nouveaux défis professionnels.
Sarah Boucher a débuté en 2008 à titre de conservatrice au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Elle vient de quitter son poste pour de nouveaux défis professionnels.

Après 12 ans au MBAS, un nouveau défi pour Sarah Boucher

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
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Sarah Boucher a œuvré à titre de conservatrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS) pendant près de 12 ans. Arrivée en poste fraîchement diplômée et comme l’une des plus jeunes du milieu, elle a laissé sa marque au sein de l’établissement muséal. C’est riche de toutes les rencontres effectuées et les expériences vécues qu’elle quitte ses fonctions, en se tournant vers un nouveau projet professionnel.

« Je retiens énormément de choses. Je suis arrivée au musée en 2008. J’avais 27 ans, je sortais de l’école et j’avais à peine de l’expérience. J’ai emmagasiné énormément de choses. Quand j’y pense, ce que je retiens le plus, c’est vraiment tous les gens que j’ai côtoyés au fil des années. J’aime beaucoup me nourrir des expériences et du vécu des autres. C’était super intéressant! Le fait d’évoluer dans un milieu où des artistes font de la création, je trouvais ça très stimulant », explique-t-elle.

Sarah Boucher a mené à bien près de 600 dossiers d’acquisitions, a commissarié deux expositions permanentes et a effectué une centaine de montages d’expositions.

« Quand je déballais des œuvres d’art, je devenais comme une enfant. J’adorais ça! » lance-t-elle avec le sourire dans la voix.

Questionnée sur sa plus grande fierté à titre de conservatrice du MBAS, Mme Boucher avoue avoir de la difficulté à trancher. « J’ai fait plein de projets intéressants. Je suis très contente des cinq éditions du Salon du Printemps des artistes des Cantons-de-l’Est. Ce sont de gros projets à monter avec une vingtaine d’artistes. En matière de gestion de projets et de gestion humaine, c’est assez complexe, mais ultra-enrichissant. La réponse que j’obtenais du public était une belle récompense. »

Elle a également fait l’acquisition de l’imposant corpus d’œuvres de Serge Lemoyne. « Je suis très contente d’avoir travaillé sur ce dossier, d’avoir fait en sorte qu’il puisse entrer au musée et d’avoir eu l’occasion de faire restaurer les pièces par le Centre de conservation du Québec. »

Le désir de se renouveler année après année a permis à Sarah Boucher de garder la flamme pendant plus d’une décennie. « Je veux rendre l’art accessible à tous, que les gens sachent qu’il n’est pas inaccessible. Il y en a pour tout le monde. L’art peut changer quelque chose dans la vie d’une personne ou égayer sa journée. Ce n’est pas seulement pour l’élite. »

L’année 2018 a été particulièrement difficile pour le MBAS, traversé alors par une crise interne. C’est la mobilisation de l’équipe qui a permis à Mme Boucher de traverser la tempête.

Le regard tourné vers l’avenir

Pour l’avenir, Sarah Boucher se tourne vers un nouveau projet professionnel. Elle agira comme consultante en art et muséologie. « Je deviens travailleuse autonome officiellement. J’avais lancé une petite compagnie au mois de novembre. À partir de janvier, je vais l’exploiter à 100 pour cent. Je vais développer une offre de services plus complète. Le but sera toujours de rendre l’art accessible. »

Sarah Boucher est également associée avec le ministère de la Culture et des Communications pour l’intégration des arts à l’architecture.

En quittant ses fonctions, elle espère qu’une autre personne ajoutera sa touche personnelle au MBAS. « Le musée a ses balises et son champ d’action qui lui est propre. Ça me convenait bien. Maintenant, je laisse le musée grandir avec quelqu’un d’autre. Mon parcours n’a pas été parfait, mais je pense que j’ai apporté des choses positives. Le fait de laisser ma place à quelqu’un d’autre va laisser au musée la possibilité de continuer de s’ouvrir à d’autres choses. Il faut que ce soit un échange dans la vie. »

« Ç’a été une décision difficile, mais je suis sereine. Je n’ai pas de regrets ni de craintes », conclut-elle.