Professeur de guitare au Cégep de Sherbrooke, Annam Nguyen et sa formation AFJP (Annam’s FamilyJazz Project) lanceront un deuxième album, Post Bop Pawn Shop, ce samedi 9 mars, quatre ans après avoir fait paraître un premier effort, Dim sum, jazz, etc.

Annam Nguyen : jazz sur gage

Les musiciens, clientèle régulière des boutiques de prêts sur gage? Quand Annam Nguyen le fait remarquer, l’évidence saute aux yeux : en effet, qui n’a jamais noté, en entrant dans ce genre de commerce, une rutilante guitare derrière le comptoir ou une batterie endormie dans le fond du magasin? Car (et c’est la partie triste) les histoires d’instrumentistes obligés de se départir de l’objet de leur passion, par manque de revenus ou pour cause d’espoirs déçus, ne sont pas que le fruit de l’imagination, malheureusement...

Le versant heureux du récit, c’est le musicien qui pousse la porte en quête d’une trouvaille qui lui permettra de créer de la magie auditive. C’est ce côté lumineux qu’Annam Nguyen cherche à propulser avec son jazz, plus particulièrement son Post Bop Pawn Shop, opus 2 de l’Annam’s Family Jazz Project (AFJP).

« Peut-être que les musiciens devraient davantage se demander d’où provient ce qu’ils achètent au prêteur sur gages, concède le guitariste en souriant. Mais il reste qu’il y a un gros marché d’instruments usagés, où plusieurs espèrent tomber sur une perle rare. »

La pièce-titre du nouvel effort d’AFJP est donc un clin d’œil à ce phénomène. « C’est aussi une façon pour moi de mettre un peu d’humour, car je trouve que le jazz se prend parfois un peu trop au sérieux. »

« Avec Post Bop Pawn Shop, poursuit-il, nous avons précisé l’orientation artistique du groupe. Le résultat est plus peaufiné et plus convaincant », dit celui qui, dans ses créations, marie le jazz à d’autres musiques actuelles, dont plusieurs musiques du monde.

AFJP
POST BOP PAWN SHOP 
 JAZZ 
 Indépendant

« On parle du hip-hop, du reggae, du funk, de la bossa-nova... Sur notre premier disque [Dim sum, jazz, etc., paru en 2015], il y avait des influences africaines et même cajuns. L’album contient neuf compositions originales. »

Amalmager les styles ne coule toutefois pas toujours de source. « On devient un peu équilibriste, car on ne peut pas reprendre intégralement le rythme qui nous inspire. On peut aussi déplaire à certains puristes, mais il reste que la recherche est un élément important du jazz. Tout est une question de dosage. »

Les arts dans la famille

Nés à Montréal, Annam Nguyen et son frère Kim (oui, oui, le cinéaste qui mène une carrière internationale et qui a même eu une nomination aux Oscars pour son film Rebelle) ont quelque peu découragé leurs parents d’origine vietnamienne lorsqu’ils ont choisi un métier artistique. Disons que les dernières années (Annam est professeur de guitare au Cégep de Sherbrooke depuis plus de quinze ans maintenant, avec une spécialité en jazz) ont eu un effet rassurant.

Mais même s’il adore l’enseignement, Annam Nguyen ne pourrait abandonner sa fibre créatrice. « En fait, je ne peux pas me passer de la scène. Avant de fonder AFJP, j’ai longtemps été musicien pigiste en parallèle. »

AFJP est né à l’Université Laval. « Mes collègues et moi, nous faisions notre maîtrise à peu près en même temps, et ce sont les professeurs qui ont eu envie de nous mettre ensemble. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé cette attitude de nous pousser plus loin, de nous encourager fortement à créer. »

Les autres membres d’AFJP sont Simon Bergeron à la batterie, Jonathan Boudreau à la contrebasse et Thiago Ferté au saxophone (ce dernier est aussi professeur au Cégep de Sherbrooke). Et tous participent au processus d’écriture, comme c’est souvent le cas en jazz, insiste Annam.

D’autres musiciens invités ainsi que des surprises devraient ponctuer le concert-lancement de ce samedi.

Vous voulez y aller?

Lancement de Post Bop Pawn Shop
Annam’s Family Jazz Project

Samedi 9 mars, 21 h
La Petite Boîte noire
Entrée : 7 $

Les 22 et 23 mars, 20 h
Bar Ste-Angèle, Québec

Dimanche 24 mars, 20 h
Upstairs Jazz, Montréal