Entre le tournage de De père en flic 2 et celui des Pays d'en haut, Sonia Vachon caresse le projet de signer un scénario de film ou de série télé.

Amoureuse d'histoire et d'histoires

Verra-t-on dans quelques années une série télé, un film ou une émission de divertissement signés Sonia Vachon? Voilà plusieurs années que l'actrice d'origine magogoise a des idées et des histoires qui lui trottent dans la tête. Et comme 2017 est une année plus tranquille professionnellement (la comédie Complexe G s'est terminée et le tournage de la troisième saison des Pays d'en haut, où elle reviendra en tant que Victorine, s'achève déjà), pourquoi ne pas en profiter pour tenter de concrétiser ces projets?
« Cela fait une dizaine d'années que j'en parle avec mes amis, ma famille, mon agente, qui me disent tous : "Envoye! Envoye! Envoye!" Alors là, je le dis publiquement... pour me mettre un peu de pression. Il faut juste que je cesse d'avoir peur et de me demander qui je suis, moi, pour penser pondre un scénario. L'écriture, c'est ma plus grande crainte. Mais comme quelqu'un m'a dit récemment, si tu as le goût de raconter ton histoire, raconte-la. Alors j'arrête de niaiser. Peut-être que ça ne marchera pas, mais je ne le saurai pas si je n'essaie pas », conclut l'actrice, qui a quand même d'autres projets sur la table pour les mois à venir, mais dont elle ne peut parler pour l'instant.
Son seul autre contrat officiellement annoncé est la pièce de théâtre Impromptu, qui sera présentée dès mars prochain au Théâtre du Rideau Vert. Elle jouera la duchesse Claudette D'Antan dans cette comédie adaptée du film éponyme, paru en 1991. Pour se désennuyer de sa vie à la campagne, son personnage sera l'hôte, pendant un mois, de Franz Liszt, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix, Alfred de Musset et George Sand, cette dernière suscitant de nombreux quiproquos amoureux.
« C'est beau! J'embarque! »
De père en flic 2 est le quatrième film d'Émile Gaudreault dans lequel joue Sonia Vachon, après sa Michelle de Nuit de noces (2001), sa Manon du Sens de l'humour (2011) et sa Madame Turcotte dans Le vrai du faux (2014). Friande de cinéma (elle aimerait d'ailleurs en faire davantage), Sonia Vachon a tout de suite accepté lorsque son ami cinéaste lui a confié qu'il avait songé à elle pour faire partie de la tribu de couples en thérapie.
« Quand un scénariste ou un auteur te dit qu'il a créé un personnage en pensant à toi, c'est vraiment formidable. C'est rare que ça nous arrive. Mais Émile avait peur que je refuse parce que c'était un rôle de lesbienne. Mais je n'ai pas hésité une seconde. Je lui ai dit : "C'est beau! C'est beau! J'embarque!" Moi, mon coeur bat pour l'humour. J'ai le sentiment de faire un cadeau aux gens. »
Sonia s'est toutefois préparée avec délicatesse, car sa Suzanne est stéréotypée. Elle a une attitude très masculine, contrairement à sa conjointe Marie-Claude, jouée par Hélène Bourgeois-Leclerc. « J'ai fait attention pour que ça ne blesse personne. En même temps, le personnage était écrit comme ça et des femmes homosexuelles plus masculines, ça existe », ajoute celle qui a surtout observé l'attitude des hommes pour établir la carrure de Suzanne.
« Nous avons travaillé fort avec Émile et Hélène, et la chimie s'est installée. Suzanne et Marie-Claude, c'est un couple qui va bien, qui s'aime, mais qui a un petit souci de libido. »
Du tournage dans les Laurentides, Sonia Vachon ne conserve que de bons souvenirs, que ce soient les paysages spectaculaires - « le premier jour où nous avons eu une scène les 14 ensemble, nous étions au sommet d'une montagne! » -, la camaraderie sur le plateau ou les petits accrocs imprévus.
« La seule journée où il ne pouvait pas pleuvoir est la seule où il a plu. Et d'aplomb! Mais l'équipe des costumes a réussi à trouver des imperméables à tout le monde, sans costumier à proximité. Et moi, je suis une admiratrice du travail des autres. Je me souviens exactement où j'étais quand Michel et Louis-José ont tourné la fameuse scène dans ma main. Faut le faire! Parfois, j'ai l'impression qu'on sous-estime tout le travail derrière l'humour. C'est énormément de rigueur et de répétition. »
« Mais tout ça s'est fait dans un plaisir extraordinaire! Émile est un réalisateur d'un grand calme et d'une grande ouverture. Et le fait de vivre plusieurs jours ensemble à l'extérieur de Montréal a créé une complicité entre nous qui a permis d'ajouter plein de petites affaires au film. »
Peinée pour l'îlot tourigny
Sonia Vachon est encore très attachée à sa ville natale, où elle a un pied-à-terre. Elle y vient au moins une fois par mois, notamment pour voir sa famille (son papa a malheureusement quitté ce monde en janvier dernier).
« Même si j'habite Notre-Dame-de-l'Île-Perrot depuis plusieurs années maintenant, je dis encore que je viens de Magog. Pour ma mère, qui est originaire de Mégantic, ça a été la même chose. Ça lui a pris des années avant que Magog devienne son chez-soi. »
L'amour de l'actrice pour Magog est tel qu'elle faisait partie du groupe de citoyens opposés à la démolition de l'îlot Tourigny. « J'ai vu ce qui a été construit à la place et je trouve que ça n'a pas d'âme. Et ça n'en aura jamais selon moi », estime-t-elle.
« Cela dit, je ne suis pas une fine politicienne, mais une personne qui parle avec son coeur. Je ne suis pas arrêtée sur mes positions non plus. Si tu me fais voir quelque chose sous un autre angle, je vais réfléchir. Mais je trouve que, cette fois, on a véritablement jeté notre histoire aux poubelles. Même chose pour la coop qui était en face et qui était un très bel édifice. Ça me fait de la peine. C'est tellement facile de balayer notre patrimoine. Je l'ai encore de travers. »