Brigitte Graff, directrice du Comité Arts et Culture Jacques-Cartier, Vincent Cloutier, membre impliqué de Pigments (anciennement Amalgam) et Vincent Arnold, commissaire de l'exposition Intersection #3 et membre impliqué de Pigments.

Amalgam devient un OBNL d'art social nommé Pigments

La communauté artistique d’Amalgam, connu comme un festival d’art urbain depuis six ans à Sherbrooke, vient de faire un grand saut. Rebaptisé Pigments, le regroupement renaît après une pause d’un an sous forme d’organisme à but non lucratif, et entend notamment combler le vide artistique que laissera la récente dissolution de l’organisme MURIRS à Sherbrooke.

« C’est un projet sur lequel on travaille depuis plusieurs mois, note Vincent Cloutier, membre impliqué dans Amalgam depuis les débuts. On est un groupe de passionnés d’art, et on travaillait de façon bénévole à monter nos projets au fil des disponibilités des gens, mais on avait envie d’apporter ça un peu plus loin. On est convaincus de la pertinence de nos projets parce qu’on a toujours une bonne réponse et une grande participation de la part des artistes. Là, ça nous prenait davantage de structure, une organisation. » 

Les bénévoles d’Amalgam se sont fait connaître dans les dernières années à travers différents projets, comme des murales, des soirées d’affrontement entre artistes dans les bars et de nombreuses expositions. Empreinte d’une identité particulière, sa communauté gravite notamment autour des milieux du graffiti et du tatouage. 

L’annonce de cette nouvelle étape a d’ailleurs été faite lors du vernissage de l’exposition Intersection #3 au centre culturel Françoise-Dunn, le 7 février dernier. L’exposition mettait en vedette des œuvres collaboratives réalisées selon des jumelages déterminés par Vincent Arnold, commissaire de l’exposition et membre impliqué d’Amalgam. 

Grâce à ce nouveau statut, Pigments sera en mesure d’obtenir un soutien financier, notamment auprès de la Ville de Sherbrooke, mais aussi auprès des instances gouvernementales. 

« Ce n’est pas fini, l’histoire de notre groupe à Sherbrooke pour les arts visuels, établit M. Cloutier, qui n'exclut pas des activités en milieu scolaire. On compte faire toutes sortes de projets innovants, différents qui amènent des disciplines connexes à se rencontrer et à faire vivre des expériences intéressantes en lien avec les arts visuels à la population de Sherbrooke. Ça pourra prendre différentes formes. »

« Je pense que ce qui est important, c’est de dire qu’on fait de l’art social, complète Vincent Arnold. Il y a le Musée des Beaux-arts de Sherbrooke qui fait déjà une belle partie, puis les centres communautaires, mais il manquait quelque chose entre les deux puis qui est dynamique et qui regroupe des gens. C’est d’amener de l’art dans les bars, dans les restos ou dans la rue. On veut vraiment amener de l’art plus souvent dans la vie des citoyens de Sherbrooke. On va vers eux. »

Une assemblée générale de fondation se tiendra dans les prochains mois. Pour l’instant, l’organisme, qui est déjà enregistré à l’heure actuelle, invite les gens à suivre sur la page du festival Amalgam, qui changera bientôt de nom pour Pigments. 

Brigitte Graff, directrice du Comité arts et culture Jacques-Cartier, croit qu’il s’agit d’une formidable nouvelle. « On les soutient depuis de début pour des expositions. Ça a du sens. Il n’y avait pas de place pour les artistes émergents dans leur style. Chaque événement a été un succès et maintenant, ils volent de leurs propres ailes. Le mandat qu’on a est de supporter des artistes et des collectifs pour les propulser. Là, on se dit mission accomplie. »