Pour son tout premier passage au Sherblues, Adam Karch donnera pas moins de trois prestations, ce soir, demain et samedi.

Adam Karch : avancer en soi

Adam Karch ne pourrait être plus excité par sa venue au Sherblues & Folk, au cours duquel il donnera trois prestations. Non seulement il s'agit de sa première présence dans cet événement sherbrookois, mais le chanteur et musicien vient tout juste de faire paraître son quatrième album, intitulé Moving Forward. Le public de la région sera donc l'un des premiers à découvrir les nouvelles chansons d'Adam, inspirées par une transition majeure dans sa vie.
« C'est bien important que tu dises que ce n'est pas une séparation, mais bien un nouvel amour qui m'a inspiré », souligne le musicien montréalais, qui a rompu il y a 18 mois avec sa conjointe des dernières années (également mère de son fils de 7 ans), mais vit depuis un an une nouvelle romance.
« Ce furent de gros changements, mais de bons changements. Ma nouvelle conjointe a aussi des enfants, il y a donc eu une adaptation familiale, mais l'important, c'est que tout ça m'a inspiré et que j'ai écrit de nouvelles chansons l'hiver dernier. C'est la première fois que je m'inspirais autant de ma propre vie, aussi honnêtement. »
Ce qui était une petite révolution en soi, Adam s'étant surtout fait connaître pour sa façon unique de réinventer les chansons des autres (son Staying Alive, notamment, est très demandé).
« Il y a toujours eu quelques chansons de moi sur tous mes albums, mais cette fois, j'ai vraiment mis l'accent dessus », souligne l'as guitariste, qui signe sept pièces originales sur Moving Forward, soit plus de la moitié.
« Tout a débloqué quand je me suis abandonné à la simplicité qui me faisait tellement peur avant. Mes nouvelles chansons parlent de choses que j'ai vraiment vécues. Par exemple, Lil' Black Dress, c'est carrément la première fois où j'ai vu ma copine porter une robe noire. Tout ça est très positif. »
Métaphores et onirisme
Adam ne dévoile quand même pas tout, privilégiant une écriture plutôt métaphorique, voire onirique (il utilise beaucoup les couleurs, notamment dans la première chanson Seaside Venues), qui laisse filtrer les émotions sans donner le contexte précis. « Ça donne une place au public pour interpréter le texte à sa façon. »
Le reste de l'album est constitué de reprises de Bob Seger, Warren Zevon, Keb' Mo' et... d'Adam Karch, car le chanteur a refait, en formule dépouillée, Did You Get the Latest News, de son premier album Crossroad Diaries.
«Pour moi, cet album-là dort encore. Peu de gens le connaissent. Mes musiciens trouvaient aussi qu'il contenait plusieurs bonnes chansons. »
« L'autre raison, poursuit-il, c'est que j'ai maintenant 37 ans et que je voulais voir comment j'aurais fait cette chanson avec 14 ans de métier de plus. Pour les autres reprises, je n'ai pas essayé de trop décortiquer les chansons cette fois-ci. Après l'album Blueprints, j'ai jugé que ce n'était pas nécessaire de creuser autant. J'ai simplement essayé de mettre ma touche. »
Élevé sur une ferme de L'Acadie dans un milieu bilingue (un père francophone d'origine allemande et une mère anglophone), Adam Karch s'amène à Sherbrooke en solo, une formule avec laquelle il est très à l'aise, même si le trio lui plaît beaucoup également. Le sentiment de liberté, la possibilité d'improviser, de changer le programme ou de s'adapter aux goûts du public sont plus faciles à concrétiser ainsi.
« J'aime aussi me retrouver en gang (j'aurai d'ailleurs plusieurs spectacles en trio cet été), mais j'aime beaucoup être seul avec ma guitare, surtout avec cet album, plus intime. »