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Philibert Bélanger, directeur général de la Petite Boite noire à Sherbrooke
Philibert Bélanger, directeur général de la Petite Boite noire à Sherbrooke

50 cm qui font mal aux salles de spectacles

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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À partir du 8 avril, les salles de spectacle devront espacer de deux mètres les différentes bulles familiales alors que la distance imposée était jusqu’à alors de 1,5 m. Cette annonce a surpris plusieurs acteurs du secteur qui doivent maintenant s’adapter en urgence et, surtout, composer avec une nouvelle perte de places assises.

Interrogés par La Tribune, les représentants de la Petite Boite noire, du Vieux Clocher de Magog et du Théâtre Granada dénoncent le fait d’avoir appris la nouvelle ce matin. « Une chance qu’on a été informé par les médias, sinon on aurait eu un spectacle sans tenir compte des nouvelles directives », explique Suzanne-Marie Landry, la directrice générale et artistique du Théâtre Granada.  

Sans surprise, une petite salle de spectacles comme la Petite Boîte noire est particulièrement touchée par cette nouvelle mesure. « Selon la disposition de la salle, augmenter de 50 cm la distanciation, ça peut changer bien des affaires », affirme Philibert Bélanger, le directeur général de la Petite Boite noire. 

Effectivement, l’établissement d’une capacité normale de 170 places avait dû réduire ce nombre à 36 à cause de la pandémie. Avec cette nouvelle mesure, M. Bélanger pense à présent pouvoir offrir 25 places. Il se dit inquiet de l’impact de cette nouvelle situation sur les artistes et les diffuseurs. « Dans nos contrats, la jauge de la salle fait partie des informations importantes. On calcule le revenu maximal par rapport à la limite ». Il se dit donc « dans l’attente de voir si les shows vont quand même être maintenus ».

Au Vieux Clocher de Magog, Bernard-Y. Caza fait contre mauvaise fortune bon cœur. « C’est la nouvelle réalité du jour! Les vaccins vont bon train, on va probablement avancer dans ce sens-là… On va finir par voir un peu de positif, augmenter nos jauges, ouvrir nos bars pour la consommation et retrouver une certaine normalité », se réconforte le directeur général et artistique de cet établissement magogois. 

Sa salle se voit également amputée d’une partie de ses places, passant de 190 places à environ 150. En temps normal, la salle peut accueillir jusqu’à 400 personnes. D’ailleurs, plus de 150 places ont déjà été vendues pour certains spectacles, comme Les Grandes Crues. « On va appeler les gens et on va les remettre au mois de mai pour ceux qui sont intéressés de reporter leur réservation de la semaine prochaine ».

Bernard-Y. Caza, directeur général et artistique du Vieux Clocher de Magog

S’adapter pour résister

L’heure est donc à l’adaptation et à la recherche de solutions rapides. « Ça bouge continuellement. On est rendus des spécialistes de l’appel, du remboursement et de la revente de billets dans la même heure », résume M. Caza.

Preuve de cette résilience, le spectacle de KNLO qui était prévu à la Petite Boite noire le soir du 8 avril a pu être relocalisé in extremis dans la Petite Salle du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. Demain, la Petite Boite noire sera louée pour une répétition générale d’un spectacle des étudiants de l’Université de Sherbrooke. Cet arrangement est intervenu vers 14 h le 7 avril, quelques heures après la découverte des nouvelles directives… et quelques heures avant le début du spectacle. 

De son côté, la grande salle du Théâtre Granada permet de réajuster la situation sans trop de difficultés, explique Suzanne-Marie Landry. « On a une capacité qui dépasse les 250 personnes, malgré la distanciation. Maintenant, les places se divisent davantage entre le parterre et le balcon qu’avant. »

Rappelons que dans les salles de spectacles et de cinémas, la distanciation physique de deux mètres s’ajoute aux autres mesures sanitaires, en particulier le respect des bulles sociales qui vivent sous un même toit et le port du masque durant les représentations.