Anne-Josée Beaudoin, Francine Ostiguy et Pierre Vignau, du Club Photo de Sherbrooke, ont tous au moins un cliché dans le nouveau Parcours Photo Sherbrooke.

40 ans du club photo de Sherbrooke : des diapositives au numérique

On réalise à quel point le temps est passé depuis la fondation du Club Photo de Sherbrooke dès que l’on regarde l’affiche du tout premier événement organisé par le regroupement, en 1979 : ce qui s’appelait alors la SAPE (Société des arts photographiques de l’Estrie) avait lancé le tout premier Salon international de... diapositives couleur! Le président-fondateur, Jean-Claude Menneron, avait tout de même réussi à recruter 850 photographes de 35 pays différents, qui présentèrent 3475 de ces minuscules clichés.

Quatre décennies plus tard, non seulement le Club Photo de Sherbrooke existe toujours (contrairement aux diapositives), avec des effectifs variant entre 70 et 80 membres selon les années, mais il s’apprête à clore les activités de son 40e anniversaire par une exposition au Parvis, mais aussi une présence à la nouvelle cuvée du Parcours Photo Sherbrooke, sur le thème Notre monde : son environnement. Une dizaine de clichés, réalisés par huit membres, ont été retenus.

En fait, dès la première édition en 2017, le club a été associé au Parcours Photo Sherbrooke. Il faut dire qu’un des fondateurs du Parcours, René Houle, fait aussi partie du club, d’où l’étroite collaboration entre les deux depuis le commencement, pour aider au développement de ce nouvel espace d’exposition extérieur.

« Il s’agit en fait de la dernière année d’un partenariat de trois ans », précise la présidente Anne-Josée Beaudoin, soulignant, avec ses collègues Pierre Vignau et Francine Ostiguy, les bons commentaires récoltés auprès des visiteurs depuis 2017.

Force de la nature, d’Anne-Josée Beaudoin : « Une fleur délicate au travers de la rouille, représentant la nature qui reprend ses droits. Je trouvais le contraste de sujet intéressant. »

« On sait que ça ne passe pas inaperçu. On voit les promeneurs s’arrêter devant les photos et en discuter. Les gens trouvent que ça embellit le site et que c’est une excellente idée de la Ville. Et ce sont des infrastructures de qualité », commentent Anne-Josée Beaudoin et Pierre Vignau.

Le titan de titane de Pierre Vignau : « C’est le musée Guggenheim à Bilbao, avec une personne, toute petite, dans le coin inférieur gauche. C’est pour illustrer la démesure de ce que fait l’humain, ici un édifice en titane, qui n’est pas le matériau le moins cher. Ce musée a servi à redémarrer la ville, après un effondrement des industries. »

« Après tout ce qui a été fait pour le sport au lac des Nations, ça fait du bien de voir quelque chose pour la culture », ajoute Francine Ostiguy.

Maudit verglas! de Francine Ostiguy : « Je sors du Carrefour de l’Estrie. Tout le stationnement avait été déneigé. Il ne restait que cette voiture. Comme si son propriétaire avait décidé d’attendre que ça fonde. »

Comme lors des deux dernières années, l’inauguration de la nouvelle exposition du PPS s’accompagne d’activités, dont une visite guidée avec les artistes ce samedi à 13 h 30, un safari photo à la place des Moulins le dimanche 1er septembre à 15 h, ainsi qu’une nouvelle édition de l’Art troc, durant tout le week-end de la fête du Travail (de 10 h à 16 h), jusqu’à lundi. Il suffit de se rendre au pavillon Armand-Nadeau du parc Jacques-Cartier, où quinze membres du club exposent une soixantaine d’autres œuvres. Et si le désir d’en acquérir une se présente, on propose un troc.

« On s’en est fait offrir de très originaux par le passé : le prêt d’une décapotable pour une fin de semaine, un repas de Noël pour huit personnes, quatre heures de ménage...  racontent Anne-Josée Beaudoin et Francine Ostiguy. Il suffit de faire aller son imagination. Mais chaque photographe se garde le droit de refuser si le troc ne lui plaît pas », ajoutent-elles.

Quant à l’exposition 40 ans de passion photo, présentée jusqu’au 23 septembre au Parvis, elle regroupe certains des meilleurs clichés pris par les membres entre 2006 et 2019. Dans le langage du club, on appelle ça des « trois points ».

« Nous tenons des concours à l’interne, et lorsqu’une photo obtient trois points, c’est que chaque juge du comité de sélection l’a choisie, explique le trio. Certaines ont aussi été primées au provincial, aux concours organisés par la SPPQ (Société pour la promotion de la photo au Québec). Malheureusement, il nous reste peu de clichés avant 2006, c’est-à-dire avant le numérique. »

L’exposition présente également plusieurs textes résumant des pages marquantes des 40 ans du Club Photo de Sherbrooke, ainsi qu’une lettre écrite spécialement par le président-fondateur Jean-Claude Menneron, retourné vivre en France dans les années 1980 mais ému qu’on se souvienne de lui.

Parmi les moments indélébiles, Pierre Vignau n’est pas prêt d’oublier le 1er octobre 2010, où, en collaboration avec le défunt hebdomadaire La Nouvelle, 25 membres du club ont eu comme mandat d’immortaliser 24 heures dans la vie des Sherbrookois. Le hasard a voulu que, le jour choisi, des inondations s’abattent sur la ville.

« Ça, c’est un de nos beaux projets! La plupart des participants avaient fait 20 heures sur 24. »

Et les initiatives ne manquent pas pour l’avenir, tels un nouveau livre de photos et ce projet de diptyques mené avec le Musée d’histoire de Sherbrooke, où des images anciennes de lieux seront juxtaposées à des clichés des mêmes lieux aujourd’hui. « On espère une exposition en 2020 », conclut Anne-Josée Beaudoin.