Andrée A. Michaud s’est réjouie vendredi d’avoir remis la main sur le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien en langue française.
Andrée A. Michaud s’est réjouie vendredi d’avoir remis la main sur le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien en langue française.

« Un honneur » pour Andrée A. Michaud

« C’est la preuve que la littérature de genre peut s’ouvrir et qu’elle peut être plus littéraire. » C’est ainsi que l’auteure Andrée A. Michaud, originaire de Saint-Sébastien-de-Frontenac, perçoit l’honneur de recevoir pour une deuxième fois le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien en langue française.

Trop nerveuse pour regarder par elle-même, l’auteure raconte que c’est son conjoint qui lui a annoncé la bonne nouvelle vendredi matin.

« Je peux dire que c’est une très belle journée pour moi. Je suis très heureuse, car la compétition était très forte, dit-elle. Avec Tempêtes, même si je m’écarte un peu des règles du genre, ils ont été capables de reconnaître que le genre est malléable et qu’on n’est pas toujours obligé d’écrire en se servant des codes habituels », dit-elle encore fébrile.

Dans le contexte actuel, elle avoue que c’est un peu triste de ne pas pouvoir célébrer et discuter avec les autres gagnants. « J’aurais aimé rencontrer les gens de la Crime Writers of Canada, car ils ont travaillé très fort pour remettre les différents prix. J’aurais aimé pouvoir les remercier en personne de l’honneur qu’ils font à mon roman. »

Même si aucune bourse n’est associée à cette catégorie du prestigieux prix Arthur-Ellis — il y a des bourses allant de 200 $ à 1000 $ dans six autres catégories du prix —, Andrée A. Michaud affirme pouvoir s’en contenter.

« On est toujours content quand il y a une bourse, mais il faut se contenter de l’honneur, qui déjà n’est pas rien. On peut seulement espérer que ce prix mousse la vente du livre. Sur le plan financier, c’est là qu’on peut être gagnant », admet-elle.

Un nouveau projet de livre

L’auteure précise que son prochain roman ne traitera ni de confinement ni de la pandémie actuelle. « Je ne me sens pas prête encore à en parler. C’est trop frais et j’ai l’impression que tout le monde va s’arracher le sujet. Si un jour j’ai à le faire, je ne le ferai pas de façon réaliste. Ce n’est pas tellement dans ma façon de travailler », lance-t-elle en riant.

Celle que l’on reconnaît pour ses histoires mystérieuses et troublantes a accepté de révéler quelques détails sur son projet de roman actuel.

« C’est encore très fragile, mais je peux dire que ce sera un polar non traditionnel et que cela se passera encore en forêt, dans un village que l’on peut facilement associer aux Cantons-de-l’Est. »

« L’enquête policière sera très secondaire et je me concentrerai encore sur les gens, sur les victimes et sur leurs proches. Sur la façon dont un peu vivre un drame et sur la façon dont cela peut affecter toute une communauté, confie-t-elle. Évidemment, je me pencherai aussi sur la personnalité du méchant pour essayer encore une fois de comprendre ce qui peut mener un homme ou une femme à détruire d’autres vies. »

Andrée A. Michaud tient à féliciter les autres auteurs francophones sélectionnés pour le prix Arthur-Ellis cette année, soit Louis Carmain (Les offrandes), Martin Michaud (Ghetto X), Guillaume Morissette (Le tribunal de la rue Quirion) et Félix Ravenelle-Arcouette (Le cercle de cendres).

« Les romans en lice étaient vraiment tous excellents », assure-t-elle.