Après Les belles-soeurs de Michel Tremblay, présentée au début du mois, la compagnie Théâtre-Renaissance, dirigée par Jean-Claude Gosselin, se mesure à un autre classique de la dramaturgie québécois, soit la pièce Zone de Marcel Dubé. Le hasard a voulu que l'auteur décède deux semaines avant la première.

« Dubé était considéré par tout le monde »

Un monument de la scène théâtrale du Québec, Marcel Dubé, s'est éteint le 7 avril dernier. Ayant maintes fois monté des pièces signées par le dramaturge, le metteur en scène Jean-Claude Gosselin ne peut que regretter son départ.
« J'aimais beaucoup son travail, confie M. Gosselin. C'était un auteur qui était considéré par tout le monde. Ce qu'il faisait n'était pas dans le registre classique. Il était près de la population et ça se sentait dans ses pièces. »
Le fondateur de la troupe Théâtre-Renaissance souligne que Marcel Dubé a ouvert la voie à plusieurs au Québec. « C'était un pionnier. À l'époque à laquelle il a commencé, il était presque le seul en province à écrire des pièces de théâtre. Il est devenu connu très rapidement », relate-t-il.
Jean-Claude Gosselin ajoute que Marcel Dubé s'efforçait de « défendre différentes causes » à travers ses oeuvres. « L'avenir des jeunes, par exemple, l'a beaucoup fait réfléchir. Et ça me rejoignait. »
Montée une dizaine de fois
Marcel Dubé aborde justement le thème de la jeunesse dans sa pièce Zone, que présente depuis hier la troupe Théâtre-Renaissance au Théâtre Magog. Dans cette pièce, un groupe de jeunes fait la contrebande de cigarettes, un phénomène endémique après la Seconde Guerre mondiale au Québec.
« Au total, j'ai monté Zone une dizaine de fois pendant ma carrière, le plus souvent avec la troupe Les Baladins, aujourd'hui disparue, mais aussi à l'école quand j'enseignais. J'ai en plus joué le rôle de Tarzan, un des personnages principaux, durant mes années au Séminaire à Sherbrooke », raconte M. Gosselin.
Celui-ci révèle que Zone est la pièce de Dubé qu'il préfère. « Je trouve qu'elle n'a pas vieilli dans le fond. Elle aborde la vie de jeunes laissés à eux-mêmes et est remplie d'émotions. Je crois qu'elle peut encore susciter la réflexion chez les jeunes », estime le metteur en scène.
Sans être un proche de Marcel Dubé, Jean-Claude Gosselin a souvent discuté avec le regretté dramaturge. « J'étais sans nouvelles de lui depuis une quinzaine d'années. Il faut dire qu'il a été très malade. »
Vous voulez voir?
Zone
23, 29 et 30 avril, 20 h
Théâtre Magog
125, rue Principale Ouest
Entrée : 15 $