Jean-Pierre Aubé, photographe et cinéaste, devant l’ASTROLab du Mont-Mégantic, où il a effectué une résidence d’un an, au bout de laquelle il a réalisé le court métrage Du Mont-Mégantic aux exoplanètes, présenté à l’occasion du festival d’arts numériques Espace [IM] Média.

« Du Mont-Mégantic aux Exoplanètes » de Jean-Pierre Aubé : l’art entre à l’observatoire

L’inspiration dans la science est une des facettes exploitées par les arts numériques. Or, en prévision de l’événement Espace [IM] Média, le photographe-cinéaste de Montréal Jean-Pierre Aubé a réalisé un court métrage à l’occasion d’une résidence à l’ASTROLab du Mont-Mégantic, en 2018-2019, dans le cadre du programme Interface : Art et science, du centre d’art actuel sherbrookois Sporobole.

C’est dans son film Du Mont-Mégantic aux exoplanètes qu’il livre le fruit de sa réflexion. Durant plus d’un an, il a fréquenté l’ASTROLab, mais aussi l’Observatoire du Mont-Mégantic, tous deux à Notre-Dame-des-Bois, ainsi que l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx), à l’Université de Montréal.

« Tout part de cette résidence, où j’ai pu fréquenter des scientifiques et obtenir des informations auxquelles le public n’a pas accès, sous forme de données scientifiques que j’ai converties en sons et en images, dans ma vidéo », commence Jean-Pierre Aubé, artiste fasciné par plusieurs questions scientifiques.

Ce film est à la fois forme d’art et objet scientifique d’étude, selon le photographe-cinéaste Jean-Pierre Aubé.

« L’étude des exoplanètes se résume surtout à la recherche de la vie ailleurs dans le cosmos, dans d’autres galaxies, où une planète pourrait ressembler aux conditions existantes sur la terre. Les instruments de plus en plus sophistiqués, comme les grands télescopes qui se développent un peu partout dans le monde et à Notre-Dame-des-Bois, rendent ces exoplanètes désormais ‘‘atteignables’’, malgré les très grandes distances qui les séparent de nous. »

« Je me suis concentré sur l’étoile Gu Psc, poursuit-il. On ignore encore si c’est vraiment une étoile, une naine brune ou une exoplanète. Le télescope de l’Observatoire du Mont-Mégantic rend accessibles des images brutes dont je me suis servi pour mon film, qui est à la fois forme d’art et objet scientifique d’étude. C’est un documentaire. J’ai essayé de montrer ce que j’ai vu, ce que le visiteur ne peut voir à l’Observatoire », commente M. Aubé, qui rêve d’aller vers le Chili ou Hawaï, pour mettre son œil dans l’objectif des grands télescopes qui s’y trouvent.

Quant à la trame sonore de son film, elle se révèle psychédélique, cacophonique, virtuelle, métallique, générée par les données chiffrées des instruments scientifiques, les bruits de vent autour de la coupole de l’Observatoire, sinistres et mystérieux, comme irréels…

La vie par les lichens

« Le seul modèle de vie que nous connaissons, c’est le nôtre. Comment illustrer la vie possible qui pourrait exister sur une exoplanète? Dans mon film, où la nature est omniprésente, je l’ai fait à partir de lichens, un début de vie, une forme primitive, mais aussi avec la notion de voyage, au parc national du Mont-Mégantic, avec la montée au sommet, jusqu’à l’observatoire. »

Pour ceux et celles qui ne pourront se déplacer à Notre-Dame-des-Bois, le court métrage de Jean-Pierre Aubé sera également présenté lors de la soirée de performances audiovisuelles Sous surveillance ce samedi 27 juillet au Théâtre Granada.


Vous voulez y aller?

Du Mont-Mégantic aux exoplanètes

Tous les jours, 16 h 30

Astrolab du Mont-Mégantic

Jusqu’au 25 août