Y a-t-il un «ministrable» en Estrie?

La région des Cantons-de-l'Est n'est pas « aux prises avec quatre ou cinq candidats-vedettes » libérales, estime le professeur de sciences politiques Antonin-Xavier Fournier, mais certains élus libéraux comme Pierre Paradis (Brome-Missisquoi), Luc Fortin (Sherbrooke) et Pierre Reid (Orford) ont toutefois des chances d'accéder à des fonctions de ministre.
<p>Luc Fortin</p>
Interrogé sur cette question, le professeur du Cégep de Sherbrooke rappelle d'entrée de jeu que « la composition d'un conseil des ministres » est une question très complexe, qui tient compte de plusieurs aspects, comme la représentation homme-femme et celle des régions. Il souligne que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard connaît très bien la région, pour y avoir travaillé, notamment comme neurochirurgien au CHUS.
Antonin-Xavier Fournier croit que ce sera le grand retour de Pierre Paradis au cabinet. M. Paradis, député depuis 1980, a été nommé l'été dernier porte-parole en matière de finances, une « fonction névralgique » dans un cabinet fantôme.  On peut le percevoir comme une volonté de Philippe Couillard de réhabiliter M. Paradis, qui a été mis de côté sous la gouverne de Jean Charest. « Pierre Paradis a l'expérience pour avoir un poste de ministre senior. Il est député depuis plus de 30 ans... » dit-il en s'avançant sur un poste de vice-premier ministre.
Selon M. Fournier, avant le déclenchement des élections, les libéraux étaient faibles dans les sondages, ce qui a eu un impact sur les candidatures au PLQ. « Les candidats ne se sont pas rués vers le PLQ », fait-il valoir en soulignant le peu d'expérience de certains élus libéraux dans la région.
« On ne les voit pas facilement les candidats ministrables », observe-t-il. Cependant, Luc Fortin pourrait se démarquer, notamment en raison de son expérience politique, de sa formation et de sa personnalité. M. Fortin est l'ancien conseiller aux communications de Jean Charest. L'obtention d'un titre de ministre délégué ou de ministre responsable de la région de l'Estrie pourrait être une porte d'entrée pour lui.
<p>Pierre Reid</p>
Certains bémols
Le nom de Pierre Reid, député d'Orford, pourrait aussi être avancé, même s'il y a certains bémols, en raison de son passage difficile à l'Éducation. M. Couillard connaît très bien M. Reid, note toutefois Antonin-Xavier Fournier.
« Philippe Couillard aura une difficulté quand il va composer le conseil des ministres; si j'étais lui, je ne voudrais pas représenter la même équipe que Jean Charest, je voudrais marquer la différence », observe le professeur de sciences politiques. 
Professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Isabelle Lacroix estime que des candidats plus solides ailleurs au Québec pourraient accéder au conseil des ministres. La région n'y sera pas assurément représentée. S'il y a des élus d'expérience comme Pierre Paradis et Pierre Reid, spontanément, elle ne voit pas de candidats-vedettes qui auront assurément une entrée au conseil des ministres. À l'instar de M. Fournier, elle rappelle que plusieurs éléments entreront en ligne de compte au moment de former le conseil.